Souffrance du refus, refus de la souffrance

Plus nous « lâchons » et plus nous comprenons
la gratuité et le don de cette vie.

Le maître véritable est celui qui nous fait travailler sur nous-mêmes. Toute personne ou situation qui nous dérange est la vraie « pratique », est l’entraînement naturel que la vie nous donne afin que nous lâchions nos résistances et que nous reconnaissions notre entêtement.

Lorsque nous assumons celui que nous sommes en notre « Être », lorsque nous sommes authentiques, rien ne peut nous atteindre véritablement. C’est toujours le mensonge, le faux en nous qui est dérangé. Aussi dans ce cas, puisqu’il est débusqué, il peut être libéré. Nous devrions être reconnaissants d’avoir de telles occasions qui mettent à jour les résistances et les stratégies de notre ego.

Nous n’aimons pas souffrir, mais ce n’est pas en nous protégeant derrière une carapace ou en nous planquant à l’abri, que nous serons épargnés. De cette manière, nous pouvons probablement éviter des mauvais coups, cependant, la souffrance réelle ne vient pas des agressions extérieures. Elle provient de nous. Elle provient de la peur, du refus, de notre attitude et du jugement que nous nous portons face aux événements de la vie.

La souffrance est de nature subjective et relative. Parfois nous souffrons beaucoup pour de petites choses et très peu pour de plus grandes. Parfois, nous l’éprouvons encore, bien que nos blessures ont disparu depuis longtemps. Parfois, nous souffrons seulement à l’idée de souffrir.

L’éveil au Vivant

Chacun de nous porte le trésor de Vie.

Que peut-il y avoir plus dans cette existence ?

La Beauté de ce monde réside dans son éclat, dans son renouveau incessant. La Vie, c’est maintenant ! Si nous ne sommes pas entièrement ici, entièrement d’accord d’être ici, nous ne sommes pas dans le vivant. Nous nous mettons en retrait de la vie et nous ne percevons plus la force du « vivant ». Notre carence vient de ne plus réaliser que nous-même sommes Vie. Nous nous pensons différent d’elle, car dans notre esprit qu’il y a « deux » ; nous et la vie. Cette vie qu’il nous faut sans cesse tenter d’améliorer et contrôler.

Cependant, quoi qu’il advienne, le plus important demeure cette présence de vie, cette « Présence Vive » qui abonde en nous. Ce qui compte, c’est le « je suis en vie », avant tout « je suis en vie », car sans cela rien n’est possible dans la vie. C’est à travers cette primauté reconnue au milieu de nous que s’actualise la dynamique, la force du vivant. Alors, nous pouvons émerger de notre histoire, de notre asphyxie et nous retrouver en prise avec le « direct », dans le jaillissement du vivant.

Ne voulons-nous pas le meilleur ? Ne voulons-nous pas tout l’éclat de la vie ? Cela est possible dès que nous nous donnons le « vivant » de la vie. Être vivant, ce n’est pas s’agiter davantage ou bien vivre des situations extraordinaires. Être vivant, c’est épouser la fraîcheur et boire la Vie à sa source. C’est être actuel dans l’actuel. Si vous vous placez dans le vivant, vous serez Vivant. Que l’on soit jeune, vieux, alerte, malade ou invalide, l’étincelle de vie brille en nous indifféremment.

Avoir un cœur, c’est appartenir au Vivant

Les théories nous gardent dans l’esprit.

La sagesse du cœur nous plonge dans le réel.

Nous assumons plus nos histoires que nous nous assumons nous-mêmes.

Avoir un cœur, c’est « vivre dans le vivant » et cela, parce que nous sommes vivants et non parce que nous adhérons à telle ou telle philosophie, telle ou telle pratique de concentration. Le vivant nous anime déjà. Il est actuel. Il n’est pas nécessaire de nous maintenir dans « ce que nous sommes » spontanément. Notre cœur est un cœur de vie, un cœur qui bat. Celui qui « Est » au niveau de son cœur appartient au vivant.

Nous devenons ce que nous mangeons. Quelle est notre nourriture spirituelle ? Que consommons-nous jour après jour ? Le plus souvent, nous nous asphyxions, nous nous intoxiquons en nous nourrissant seulement de nos idées, du flot d’histoires qui proviennent de notre esprit. Celles-ci ne sont pas « l’Arbre de Vie », mais ses feuilles éphémères, qui poussent et se flétrissent. Ne vous situez pas au niveau de vos pensées, mais au niveau de « celui » d’où elles surgissent. Si vous avez l’arbre, n’aurez-vous pas aussi ses feuilles ?

Pour la plupart d’entre nous, bien que nous connaissions notre Nature, nous ne l’assumons pas. Pour certaines raisons, nous considérons qu’il n’est pas vraiment temps de nous y résoudre. Ainsi, nous réduisons notre Nature à « une chose optionnelle » dans cette vie. Toute foi, nous voulons bien l’utiliser comme une fenêtre devant laquelle nous avons le pouvoir de nous tenir parce qu’elle ouvre notre monde. En réalité, celle-ci est une ouverture incommensurable qui en révèle toute la vacuité. En fait, nous ne voulons pas admettre le caractère illusoire de notre existence.

Au sujet de l’éveil, nous prétendons ne pas pouvoir, ne pas y arriver, alors qu’en réalité nous ne voulons pas. De même, nous prétendons vouloir le bonheur, mais comme nous craignons de le perdre et d’être déçus, nous préférons l’esquiver. Nous gardons toujours l’idée que le bonheur est comme une chose séparée de nous qu’il nous est possible de gagner ou de perdre. Nous ne comprenons toujours pas qu’il provient de nous, qu’il est l’éclat de notre Nature. Des objets nous attirent par leur lumière, mais nous ne réalisons pas que c’est dans notre regard, à travers l’ouverture de notre cœur qu’ils trouvent toute leur valeur et tout leur éclat.

Nous recherchons le bonheur sans comprendre finalement qu’à travers lui, c’est nous-même en notre Être que nous cherchons. Jusqu’ici, tous les bonheurs que nous avons connus n’ont été que des rencontres plus ou moins furtives avec l’Être.

Le contentement, la satisfaction que l’on retire de ces moments heureux provient non pas d’avoir comblé telle ou telle attente, mais de se retrouver en Soi, libre de toutes attentes et des doutes quant à sa personne.