Ni éveillé, ni illusionné

C’est seulement dans notre esprit que nous ne sommes pas éveillé.
Si nous nous prenons pour notre esprit, alors nous devenons tout ce qu’il croit : éveillé/illusionné, vainqueur/perdant, etc.
Sommes-nous cet esprit versatile ? Si nous le sommes, quel est donc « celui » qui est tantôt l’un, tantôt l’autre ?

une Vérité et …

… beaucoups d’idées de la Vérité

Il y a une vérité ou bien il n’y en a pas ? S’il y en a une, alors, pourquoi la réduire à des concepts et la reporter ? Pourquoi penser qu’elle sera vraie, qu’elle sera possible plus tard, lorsque telle ou telle condition sera remplie ? Nous disons qu’il y a une vérité, mais en même temps nous ne faisons qu’en parler. Si la vérité existe, elle est ici, elle est vraie et il n’est pas question de la différer. Si la vérité n’existe pas, il n’y a pas à en parler et nous pouvons passer à « autre chose ».

Nous parlons de la vérité, mais nous ne la vivons pas. Nous n’y adhérons pas, nous ne l’assumons pas. En fait, pour nous, ce n’est qu’une idée ou le souvenir d’une expérience, tout comme nous en avons beaucoup d’autres. La vérité ne peut pas être progressive ou optionnelle. Mais nous, nous voulons faire que tantôt elle existe, tantôt elle n’existe pas. Nous voulons pouvoir l’allumer ou l’éteindre comme s’il s’agissait d’une lampe. C’est juste dans notre esprit qu’elle peut venir et repartir. Mais cela n’est qu’une croyance, qu’une manipulation de l’esprit.

Nous adhérons seulement au mental et à des mots, pas à la vérité. Nous voulons garder notre capacité d’étiquetage car cela nous donne l’impression d’exercer un contrôle. Mais cela n’a pour effet que de nous confiner dans l’intellect. Nous nous disons que nous ne sommes pas prêts, que nous sommes bloqués à cause de tel ou tel problème…

Que mettons-nous derrière ce terme de « vérité » ? Pouvons-nous expérimenter ce que nous appelons vérité ? Parler de la vérité fait partie de la vérité, mais nous ne permet pas de la vivre. Comment ce qui est vrai devrait-il le devenir ? Espérer qu’un jour nous serons vrais n’est qu’un fantasme. Cela n’est qu’une théorie, une croyance de l’esprit. Nous nous pensons coupés de la vérité parce que nous la chosifions, parce que nous nous imaginons « à part » et qu’ainsi elle peut s’éloigner ou se rapprocher de nous. La vérité est comme le ciel. Partout, il y a l’espace. Prêts ou pas prêts, coincés ou non, il nous est impossible de lui échapper.