“Je vais mourir.”

Lorsque nous contemplons cette pensée, nous réalisons que tout, nous compris, va prendre fin. Cela va arriver, le « jeu » va s’arrêter. Nous pouvons réaliser alors, que tous nos bons stratagèmes pour faire passer l’affaire n’y pourront rien, car eux aussi, font partie du jeu. En fait, cette perspective de fin nous met à nu, et ne nous laisse rien derrière lequel se cacher.

Face à la mort, face à la “Vie”

Comment pouvons-nous croire que nous nous perdons ? D’où provient cette triste croyance sur nous-mêmes ? Si nous sommes perdus de nous-mêmes comment le savons-nous ? Quel est « celui » qui peut s’en faire une idée ?

Nous ne regardons pas la vie complètement, parce que nous ne regardons pas la mort. La mort fait partie de la vie. Lorsque nous faisons face à la mort, ne serait-ce que par l’évocation de notre mort future, nous avons la possibilité de comprendre « ce » qui ne meurt pas et qui n’est concerné, ni par la vie, ni par la mort.

Le jour se lève et meurt, mais où cela se produit-il ? Quand mon action s’arrête « je suis » ! quand ma parole se tait « je suis» ! Quand ma pensée s’épuise toujours « je suis » ! « Je suis », car rien, en dehors de cela, n’arrive réellement. « Je suis », n’a jamais cessé malgré tout ce qui change et meurt. « Je suis », est le « lieu » où nous sommes infiniment, et la mort nous le révèle.

Présence spontanée

Certains enseignent le développement de la conscience. Ils entraînent à son maintien en vue d’obtenir la « pleine conscience ». Voilà le genre de pratique à laquelle on peut s’exercer très longtemps sans justement atteindre son but. Être conscient implique une relation sujet-objet. D’un côté « je » et de l’autre « ce » que je veux atteindre ou développer. Aussi, plutôt que de nous « conduire » à l’unité, cela entretient l’idée de division. Il en est de même pour le fait de « se rappeler » ou de « maintenir » la Présence. Celui qui maintient la Présence ne fait que l’ignorer. La Présence par définition est présente spontanément et ne réclame aucun maintien. La Présence ne varie pas. S’il n’y a pas « deux », dans quel second pouvons-nous réellement tomber et être distraits ?
La Présence s’impose à celui, à celle qui est humble et qui l’accueille. Il y a une arrogance à penser que nous sommes différents et une complaisance à penser que nous ne sommes pas dignes.