Rien n’arrive !

N’importe qui d’entre vous pourrait être à ma place, ici, et vous entretenir sur l’éveil. D’ailleurs, vous y êtes aussi… Vous êtes « ici » ! Et c’est de cela dont je veux parler.
Ne pensez pas qu’il y a les élus d’un côté et les prétendants de l’autre. La vérité est que nous sommes « ici » et que nous ne pouvons rien y changer. Nous ne régressons pas et nous ne nous élevons pas non plus. Monter et descendre ne sont que des théories du monde relatif. Divorcer et s’unir en sont d’autres également. Toutes ces notions ne marchent que dans notre histoire. Mais, où est-elle réellement cette histoire ? Certainement, nous en avons des souvenirs. J’ai le souvenir d’hier, mais quelle en est sa véracité ? Je suis « ici », je ne suis pas hier.
Nous argumentons avec nos concepts pour parler de vérité, de libération et d’éveil, mais parler ou penser ce n’est pas réel. C’est comme jouer un rôle. Dès que nous cessons de jouer, le rôle s’arrête. Quelque chose s’est manifesté, mais cela ne s’est pas substitué à la présence qui « est ». Nous pouvons transposer cela à toute notre vie.

l’esprit spontanément libre

Le plus souvent, notre esprit est comme un lieu où il y a tout le temps du bruit. Il est comme une pièce d’eau dont la surface ne se lisse jamais tant nous l’agitons.
Cependant, bien que ce bruit et cette agitation soient entretenus durant toute une vie, à l’instant où nous nous arrêtons, tout se calme instantanément.
La pureté du cœur ne vient pas de nous, mais réside en sa nature, en sa capacité à ne rien garder. Ainsi en est-il des sons, des mouvements qui se trouvent constamment libérés. Ils ne semblent persister que par la répétition soutenue que nous exerçons.

Notre Nature

La foi ce n’est pas croire très fort en une chose. Ce n’est pas un engagement total et aveugle dans une croyance. Plus intimement, c’est faire confiance en ce que nous sommes vraiment, intrinsèquement, par-delà les apparences, les définitions et les jugements. C’est un relâchement, une détendre paisible en soi-même. C’est le fait de s’en remettre à notre Nature fondamentale. C’est prendre appui sur notre Être, plutôt que suivre ce nous pensons et que nous élaborons.
“Ce que nous sommes” est “ce qui reste”, ce qui survit à tout événement extérieur ou intérieur. Cela ne peut être affecté ou entravé par aucun “faire”, par aucune théorie de l’esprit.
Lorsque nous perdons, lorsque nous échouons sur un plan ou un autre, nous ne faisons pas que « perdre ». Nous sommes remis face à nous-mêmes. C’est la foi en l’Être, la reconnaissance de notre Nature libre qui, alors, nous éclaire et nous affranchit du jeu relatif de la vie.

L’ouverture

Nous ne savons pas regarder en nous. Lorsque nous le faisons, nous nous contentons de regarder nos pensées et de les opposer. Il est important de regarder la source de la pensée, de regarder « ce » qui la précède.
Encore, nous sommes tentés d’étiqueter cette ouverture par une nouvelle pensée. Ainsi, infructueusement, nous essayons de comprendre notre ciel intérieur. Nous tentons de nous en « rapprocher », de le définir, mais en nous limitant avec des concepts subtils.
Cependant, pour nous connaître, il nous faudra « traverser » notre propre pensée jusqu’à la « dernière ». La vérité n’est pas au bout d’un long et laborieux chemin. Toute illusion, toute pensée sont fondamentalement portées par la vérité. Tout comme les vêtements sont portés par la nudité.

Qui ou qu’est-ce qui porte cette pensée ?

… Et à nouveau, qu’est-ce qui porte celle-ci ?

Ce que nous sommes n’a rien à voir avec ce qui s’élève.