Les reflets n’atteignent pas l’eau.

L’éveil est au-delà de la notion d’éveil et d’illusion. Il est au-delà de “j’y suis / je n’y suis pas ”, au-delà de “je peux/je ne peux pas”, du choix/du non-choix, de l’ego/du non-ego, du vrai/du faux…

Nous pensons toujours que notre mental a du pouvoir sur la vérité, mais il n’en a aucun. Le mental a seulement du pouvoir sur le mental.

Le Ciel embrasse tout

Beaucoup de systèmes et de maîtres s’en prennent à l’ego, car ils le considèrent comme le coupable, la cause de l’illusion et de tous nos malheurs. Pour ma part, je pense qu’il n’y a pas à renoncer à l’ego ou à l’individualité pour s’éveiller. Je pense qu’il n’y a rien à adopter ou à rejeter de façon générale. Une telle approche reste simplement relative comme la plupart.

S’éveiller, c’est réaliser sa nature absolue. L’absolu s’il est l’absolu inclut le relatif, tout le relatif. Il n’a donc pas à se défaire d’un “autre”ou d’un “second”qui peut être différent ou extérieur qui constitue un obstacle. Celui qui se reconnaît dans sa nudité n’a pas besoin de chasser ou de changer ses habits pour savoir qui il Est. Qu’est-ce que le vêtement sans “celui” qui le porte ? Bien au contraire, sachant qu’il n’est pas son vêtement, il peut en faire ce qui lui plaît. Ce qu’il « Est » n’a jamais rien eu à voir avec une question de choix, avec le fait d’adopter ou de rejeter.

C’est ce qui donne toute sa dimension libératrice à l’éveil. La Liberté est libre. Elle n’a pas la nécessité d’être libérée. C’est aussi pour cela que l’on parle « d’illusionnement ». « Tout le monde peut donc affirmer qu’il est éveillé. » Bien que ce soi vrai, l’affirmer de la sorte n’est alors que le produit d’un raisonnement, d’une déduction intellectuelle. “L’autorisation” de proclamer l’éveil provient d’en Voir le règne absolu. Il faut en goûter l’évidence dans son cœur, indépendamment de toute formulation par l’intellect.

“Ce qui Est”

Tout ce que nous pensons ne change  rien à « ce qui Est ». Aussi, si vous « pensez » ne pas voir, ne pas être dans la vérité, ne pas y arriver, reconnaissez ce qui n’est qu’une « idée » de vous. Cela n’est qu’une « idée » de vérité, l’expression d’un propos que vous êtes en train de vous servir. Allons-nous Voir et admettre « ce qui Est », plutôt que de le penser ?

Clarté inaltérée

L’esprit projette des pensées qui semblent l’obscurcir et l’aveugler. Cependant, cela ne dure que l’illusion d’une pensée. Rien en nous ne peut être aveuglé ou entaché comme nous pourrions le croire. Infiniment, notre nature se dévoile tel un ciel clair, échappant aux brumes éphémères. Sur l’écran, la lumière qui donne vie aux images n’est jamais impliquée avec le cinéma. La clarté de l’eau ne se mêle jamais aux reflets qui se créent à sa surface. L’amour est la saveur de la clarté qui nous donne à contempler et nous fait rayonner.

Zapper de pensée ou zapper de l’esprit ?

Le problème ne tient pas dans l’illusion, mais dans le fait de « s’illusionner ». S’illusionner vient de nous et repose sur une (des) croyance (s), un jeu et sa constante actualisation. Le jeu n’a de réalité que celle que nous lui prêtons, encore et encore. La question de réduire le jeu ou de tenter d’échapper à l’illusion ne l’invalide pas, mais lui redonne un nouveau sens et nous autorise à y croire encore, mais différemment. Cela ne fera pas nous reconnaître en « celui » en « ce » qui donne vie au jeu.
Voulons-nous la Vérité, ou bien juste nous « sentir vrais » dans l’illusion ?