Confiance en notre Nature

Ne pas se “distraire” ou ne pas « s’occuper » afin d’obtenir la relâche, la vacance naturelle de l’esprit.

Jusqu’ici, nous avons toujours dirigé l’esprit vers un état, vers une forme donnée. À travers la non-distraction, la non-manipulation, nous lui permettons de “reposer”, de se conformer à sa nature. Il en va de même pour l’eau qu’il n’est pas nécessaire de lisser avec le plat de la main pour qu’elle se calme. C’est précisément l’absence de toute intervention de notre part, qui permet et met en évidence son propre pouvoir de restauration, de retour constant à l’étale.

La Grande Ouverture

Lorsque nous laissons les sollicitations de l’esprit, nous retrouvons notre cœur.

Quel est-il ce coeur ? C’est une prise sur la vie, sur le vivant.

Ici, rien à négocier, juste du “live”, un jaillissement direct.

Ça vit… Ça grouille… Ça abonde… Ça emplit, indépendamment du beau et du laid, de l’agréable et du désagréable. 

C’est l’Éclat spontané, qui n’est ni bien ni mal, seulement flux de vie. 

Ce que nous percevons comme de l’ennui, n’est que le “reset” permanent, ou l’auto-libération que nous offre la Nature.

Malgré tout ce que nous avons vécu depuis notre venue dans ce monde, après toutes ces années, ici, maintenant, il ne reste rien… Absolument rien… Seulement la Grande Ouverture, immuable depuis le début. La Nature est juste présente, très simple, très disponible, très englobante, sans la nécessité d’une recette particulière.

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Notre “remplissage” n’a d’autre but que de lui faire écran, afin de l’ignorer et d’alimenter “l’histoire” que s’invente l’esprit.

Derrière notre distraction, ce regard de bébé, le “regard premier”, demeure… “reste…”.

C’est en cela qu’il ne s’agit pas d’un maintien, mais d’une “vacance”, d’une disponibilité, d’un rafraîchissement naturel, qu’il nous revient d’autoriser, ou plus simplement de ne pas occulter. J’ai déjà évoqué cela lors d’un échange avec Jean : “Conscience” .

Malgré notre illusionnement, nous demeurons dans la vérité. Seulement, nous ne la connaissons pas (ou plus). Ne pas se distraire, c’est ne pas se détourner de cet éclat spontané. On pourrait dire, c’est “apprivoiser”, ou s’en “remettre” à “l’Ouverture” que nous nous employons à restreindre vainement depuis si longtemps. Lorsque nous refusons d’alimenter notre distraction, il ne reste plus de condition, ni d’atermoiement pour vivre la Présence. Ainsi, spontanément, c’est son flux qui nous emplit et qui nous nourrit.

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Surmonter l'ennui

Rompre avec notre demande insatiable de distractions.

Le renouveau de la Présence s’actualise spontanément à l’image du silence, ou comme le plat de l’eau se reforme en un miroir. Nous avons seulement à reconnaître cela, sans tenter d’intervenir dans ce rétablissement naturel.

Dans cette quête de “Soi”, certains nous exhortent à l’attention et au maintien de la conscience. D’une autre façon, je placerai l’accent sur le fait de ne pas succomber à la distraction et au remplissage par les occupations. Le but étant de mettre au jour la “vacance”, cette disponibilité, cette fraîcheur permanente de la Nature.

Interrogez-vous sur ce besoin incessant d’activités, de pseudojouets à manipuler dès que vous êtes livrés à vous-mêmes. Quel est ce “mal-être” lié au fait de se trouver simplement ici, dans l’instant ? Qu’essayez-vous d’éviter en trouvant d’habiles prétextes qui vous détournent de la Présence vive et de Soi ? Nous sommes accros à la distraction, au point de nous “occuper” spirituellement. Nous ne faisons que remplacer une distraction par une autre. Pouvons-nous reconnaître cette propension à l’esquive ?

Nous serions plus avisés de rester fidèles au “maintenant” et d’épouser l’éclat du vivant. Lorsque nous n’occultons pas cet “ici”, cet instant, nous pouvons constater que nous en sommes et que nous y demeurons sans réels efforts. C’est un peu comme le sens de l’équilibre. Nous éprouvons de l’inconfort dans sa recherche. Cependant, après l’avoir trouvé, nous parvenons, par exemple, à tenir sur un vélo sans que cela exige notre attention. Confiant de cette aptitude, nous n’hésitons pas à l’éprouver en nous aventurant sur des terrains inconnus et plus accidentés.

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