L'humour du “jeu”

C’est la vérité qui libère, pas “l’histoire”.

Il nous arrive d’aborder notre démarche spirituelle comme une sorte de challenge, comme une lutte contre l’illusion. Nous appuyant sur une certaine technicité et une volonté farouche pour mettre en œuvre certains principes… Il est important de bien comprendre que l’illusion n’est qu’illusion. Ce qui veut dire qu’elle n’existe pas, qu’elle est en nature aussi vide qu’un reflet. Toute action que nous dirigeons sur elle, lui donne du pouvoir, ne fait que renforcer son apparente solidité. Ainsi, le jeu duel est maintenu.

C’est dans l’adhésion naturelle et confiante en la perfection et en l’unité de la Nature, de la Présence, que la libération s’actualise. Elle se dérobe, lorsque s’exerce la moindre lutte, lorsque nous continuons de croire en la moindre de nos histoires, dialogues et “tricotages” avec le mental.

Il est difficile de comprendre que nous n’ayons pas à “faire quelque chose”. Aussi, entendez cette expression “ne pas faire” comme le fait de ne pas nourrir ou servir le rôle. Nous sommes semblables à des comédiens sur la scène de la vie. C’est par la croyance en notre jeu que nous sommes identifiés au personnage et prisonniers du décor. La façon d’y échapper est de ne plus investir et tenir dramatiquement le rôle. Plus directement, c’est Voir et admettre que tout ceci n’est pas vrai. Nous restons libres d’agir et d’occuper avec humour notre place dans le monde évanescent, voyant comme un rappel qu’à la fin de chaque acte, ainsi que chaque soir, le rideau tombe.

Le point zéro

Nous y sommes lorsque ce que nous définissons comme “rien” ou “vide” nous convient, que cela est suffisant. Enfin de compte, nous le reconnaissons comme notre propre espace.

Le point zéro, c’est généralement l’état que l’on évite, car il nous fait “flipper”. Pourtant, malgré toutes nos précautions à l’esquiver, nous finissons par tomber dessus. En gardant une certaine ouverture, il se pourrait que ce “temps mort”, tant redouté, nous apparaisse sous un jour nouveau.

Supposons que nous assistions à une projection et que le film casse. Nous serions alors plongés dans l’obscurité. Nous voici interrompus, privés de tout spectacle. Aussi, la tentation de réagir et de contester cette situation serait grande. Toutefois, par-delà notre déception, nous pourrions aussi réaliser que ce “rien” dans lequel nous sommes ne nous rejette pas. Au contraire, il semble mettre en évidence un “espace”, une “ouverture”, une “continuité”, un “autre temps”… Finalement, nous pourrions trouver ici l’occasion d’expérimenter, de rencontrer, la Présence que nous Sommes au milieu de la Nature absolue.