Quelle est votre impersonnalité ?

Dans cette vie on nous encourage à développer notre personnalité. Aussi, nous avons une certaine idée de celle-ci, mais nous ne connaissons pas grand-chose de notre impersonnalité. L’impersonnalité, ce n’est pas très bien vu. Généralement, nous la considérons comme notre opposée, alors qu’elle est ce qui nous permet d’exister. C’est un peu comme l’espace qui se trouve entre nos doigts et qui les dessine. L’impersonnalité ne nie pas la personnalité. Elle est la pure lumière qui donne des couleurs et des formes à l’illusion. Elle est la pure présence qui transparaît, lorsque le rôle se tait et que la comédie n’essaie plus de la masquer. D’un certain point de vue, elle semble une menace, pourtant, il s’agit de notre Nature immuable, de cela même qui est révélé lorsque nous mourrons.

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Note : La souffrance viendrait-elle de la création de notre personnage ? En fait, n’est-ce pas celui-ci qui souffre à travers ses craintes et ses espoirs ? Ce personnage est une projection, un rêve qui, au lieu de nous détourner de notre nature et de l’origine, devrait au contraire nous la faire découvrir, nous la redonner. Nous avons une personnalité, une singularité, qui prend sa source dans une impersonnalité, dans une Nature absolue. 

Ce qui fait notre personnalité, c’est notre corps (le costume), notre histoire. Ces deux aspects sont impermanents. Ils ne sont pas fiables. Alors, qu’est-ce qui l’est et qui ne se dérobe pas ? Parce qu’elle s’évanouit, la forme nous révèle le fond. Le bruit en disparaissant nous redonne le silence. Peut-être pourrions-nous y voir un rappel pour reconnaître ou “réintégrer” la “matière première”. Toute projection a pour origine la lumière. Notre personnalité repose sur une impersonnalité. S’autoriser à “être”, par-delà notre histoire et de nos particularités. Ce monde est comme un théâtre dans lequel nous sommes pareils à des comédiens. Lorsque la représentation se termine, ils quittent la scène, ainsi que leur rôle… ils sont eux-mêmes.[/quote]

Plonger dans le “Grand Bleu”

Il y avait dans ce reportage à la TV, une religieuse qui témoignait à propos de sa pratique. Parlant de la prière, elle disait : « Prier, c’est plonger en Dieu. » Cette formule m’a beaucoup frappé. Ce qui est intéressant, c’est le caractère actif et déterminé de la démarche. Dans ce cas, ce qui est mis en avant n’est pas un “abandon” ou une méditation “passive”, comme il est souvent question. Il est probable que ce soit le Moi illusionné qui, au départ, s’élance dans l’aventure. Mais qu’importe, l’aspect entier et abrupt de la “descente” la rend redoutable. Au minimum, on ressort “mouillé” et “rafraîchi”. Ces plongées dans l’absolu se font à la mesure de notre soif. Elles vous laissent une saveur qui vous transforme à jamais.

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Notes : Il y a des “faires” qui prolongent l’illusion et il y en a d’autres qui permettent de la dépasser.

Nous savons aussi que le “ne pas faire” peut également devenir un “faire”.

Bien que “fond” et “forme” soient un, du point de vue illusionné nous sommes enclins à les opposer.

Nous pensons que la “forme” créer un problème avec le “fond”. J’ai parlé de la dualité dans plusieurs billets, comme dans “Château en sable”.

Il n’y a pas de réelle dualité, mais une croyance en une séparation en un second. C’est pour cela que vouloir agir contre revient souvent à la renforcer.

Pour invalider cette croyance, il y a une attitude (une sobriété) qui consiste à ne pas la conjuguer, à ne pas l’alimenter de façon qu’elle s’épuise et que le jeu tombe, révélant ainsi la Nature absolue.

La seconde approche, plus active, consiste à “dépasser” la forme pour contacter le fond. Intellectuellement, nous savons que la forme est le fond et que le fond est la forme. Il s’agit d’utiliser la forme comme d’un tremplin. Le tremplin appartient au relatif, à la terre, cependant, il a la capacité de nous pousser vers le ciel, vers l’absolu. “Plonger” dans ce cas, est une forme absolue, une “forme tremplin”, qui nous permet de nous élever au-delà des croyances, de les invalider.

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Les trésors du cœur

Ces trésors proviennent de l’amour, du fait de se sentir aimé et d’aimer. “Se sentir aimé”, je parle d’amour intemporel, qui émane de notre bonté fondamentale. C’est un amour généreux, pareil à une source auto jaillissante. Il abonde sans contreparties, sans enjeux particuliers. C’est l’éclat même de vie qui détient sa propre lumière. En nous, il ressemble à une caresse délicate, à une brise légère, à un parfum subtil et enivrant dont nous avons oublié l’existence. A son contact, il nous emplit, il pétille de joie créatrice. 

C’est comme si nous avions perdu une chose aussi essentielle que le goût de l’eau. Plus nous l’oublions et plus nous en éprouvons la soif. Aucun breuvage n’a le pouvoir de remplacer l’eau. Aucun ne peut autant nous désaltérer. 

Ne cherchez plus au loin. Revenez… Laissez-vous guider par cette soif.

Lecture des signes

Par moment, il y a des vents qui nous agitent à travers la pensée et les émotions. Pourtant, ceux-ci ne peuvent réellement remettre en cause notre stabilité fondamentale. “Quand le drapeau s’agite dans le vent, il ne bouge pas.”(*) Il ne s’écarte pas de sa nature de drapeau. Il conserve son identité. Il ne devient pas “autre chose”.  Ces manifestations, ces expressions, bonnes ou mauvaises, attestent l’Être qui se trouve à l’origine. Elles ne peuvent en aucun cas le remettre en cause. N’y voyez pas une menace, mais, au contraire, une confirmation.

* Koan zen

(Le mouvement au sein de l’immuable, chapitre 4, page 46)