Ne pas en reprendre

Certains pensent qu’avec le temps, l’éveil finira par leur tomber dessus, comme “tout cuit dans le bec”. Cela arrive dans certains cas, mais c’est assez exceptionnel.

J’ai plutôt envie de dire que, si l’éveil et la libération ne sont pas en haut sur la liste de nos priorités, ils ne se produiront pas.

Lorsque l’on est en addiction, on ne lâche pas le morceau comme ça. Sortir de nos croyances réclame certains efforts, de l’endurance, de la persévérance, du courage… Il y a des rechutes, des passages à vide… Probablement que nous avons une formidable compréhension, une expérience des pièges que l’on rencontre tout au long de la quête. Cependant, si nous ne lâchons pas certains automatismes, certaines habitudes illusoires, aucun changement radical ne prendra place. Nous resterons coincés “entre deux chaises”. Cela peut durer longtemps.

Nous aimons dire qu’il n’y a “rien à faire” pour s’éveiller. C’est vrai, l’éveil se manifeste de lui-même. Toutefois, il s’agit de le permettre, afin de passer de la connaissance à l’évidence. Si nous continuons de “consommer” l’illusion, “d’en faire”, nous ne parviendrons pas à reconnaître, à réaliser l’autolibération, la Vérité spontanée. Tant que nous agitons l’eau, elle s’agite… sa nature absolue ne nous apparaît pas. Notre effort dans ce cas ne porte pas sur l’éveil, mais sur l’irrépressible envie de s’impliquer dans l’illusion.

La façon simple de se désintoxiquer, c’est de “ne pas en reprendre” et ce, jusqu’à en être libre.

[quote align= »left » color= »#999999″]

Note : Je suis convaincu que nombre d’entre vous ont une bonne compréhension, et pour certains, la reconnaissance de leur Nature. À présent, sommes-nous libres dans les faits ? Notre réalisation doit également se traduire dans l’action. Parce que notre illusion s’est propagée sur un plan trivial, c’est au cœur de la trivialité qu’il est nécessaire de libérer. Je conviens qu’il est possible de se libérer sur un seul déclic. Il existe des témoignages. Mais, la plupart du temps, notre addiction est tenace, elle s’est enkystée et nous devons nous y reprendre à plusieurs fois. 

Si vous vous arrêtez la première fois, vous n’aurez pas besoin d’une seconde fois. Si vous le faites la seconde, vous n’aurez pas besoin de la troisième… Cela se fera progressivement en fonction de la “solidité” de vos croyances et de votre détermination. Finalement, dans le fait de “s’arrêter”, nous n’atteignons rien de nouveau. Nous ne faisons que permettre un “état ordinaire”, ou l’expression naturelle de ce qui Est fondamentalement. C’est parce que vous re-vivrez le caractère immuable et parfait de votre Nature que s’imposera la réalisation, étant donné qu’il n’y a jamais rien eu d’autre.

[/quote]

[quote align= »left » color= »#999999″]

Note II : “Le beurre et l’argent du beurre”, on en revient à cette formule.

Nous aimons penser que si l’absolu englobe notre relatif, c’est bon, nous pouvons le garder comme il est. La seule chose, c’est qu’en agissant de la sorte, c’est le relatif, la vision étroite de l’absolu que nous continuons de vivre dans les faits. La “solidité” de notre illusion demeure intacte. Notre avancée consiste à nous satisfaire seulement d’une potentialité. Sinon, nous expérimenterions la liberté. Nous irions “au-dehors”, plutôt que de préférer notre vieille prison. Il est possible d’être libre dans sa prison. Cependant, si celle-ci est notre création, pourquoi à nouveau la recréer ? Pourquoi s’y enfermer ?

Toutes nos considérations dans l’illusion ont aussi la nature de l’illusion. C’est comme si c’était toujours l’illusion qui donnait la réponse. Bien sûr, c’est aussi l’illusion qui pose les questions, mais là, ça semble plus normal. Lorsque l’on vit l’impersonnalité, ça n’a rien a voir avec le costume, avec le théâtre et le jeu. Nous passons sur une autre dimension. Nous devenons le céleste plus que le terrestre. Nous réalisons que le bonheur réside en le Ciel (le Royaume), bien plus qu’en tous les objets qui s’y trouvent. Toutes ces choses, en fait, n’ont jamais fait que nous le montrer. La saveur du Bonheur céleste rend les bonheurs terrestres bien fades, pareils à de simples reflets. Aussi, leur attrait s’épuise de lui-même.

[/quote]

Réaliser et se libérer

Nous ne vivons pas tels des Êtres éveillés parce que, bien que nous comprenons la nature vide de notre “personnage”, en réalité, nous ne le voyons pas constamment et aussi nous continuons d’y croire.

Nous pouvons comprendre et accepter nombre d’enseignements afin de réaliser. Pour ce qui est de la croyance qui se trouve ancrée plus profondément, cela relève davantage d’un “sevrage” ou d’une désintoxication.

Plus nous contactons notre “impersonnalité” afin de lui laisser la place, plus la croyance en notre “personnage” perdra de la force et finira par s’épuiser. Soit nous la nourrissons, soit nous l’affaiblissons.

[quote align= »left » color= »#999999″]

Note : “Contacter” ou, mieux encore, se laisser contacter…

Je reviens sur cette “place”, cette ouverture que nous pouvons autoriser.

Notre esprit est comme un pois sauteur qui, frénétiquement, rebondit d’idée en idée.

Aussi, il est crucial de l’ouvrir, de le désamorcer, et ce, dans le sens le plus “physique” du terme.

Il y a un discours intérieur qui nous saoule, qui nous enferme et qui ne permet pas le repos, l’apaisement.

Être ICI, est suffisant… Être avec Ce qui Est… simplement… sans la nécessité d’un discours.

Se donner une “Pause”… voilà un premier pas vers le “sevrage”.

Se désintoxiquer, ce n’est pas faire quelque chose de compliqué.

C’est seulement “arrêter d’en prendre”.

Cessez d’affirmer le “personnel” et l’impersonnel sera là, il reviendra au premier plan.

Il a toujours été ici. Seulement, il était masqué par un jeu incessant.

[/quote]

Forme vide

Nous sautons de forme en forme en prenant soin d’éviter le fond. Nous adhérerons à de nouveaux concepts, plus subtils, mais finalement, notre référentiel reste le même.

Si la forme est le vide, pourquoi ne pas se contenter du vide, du non formé ? Pourquoi faire une distinction et ne pas voir le fond dans toutes formes ? Lorsque vous le verrez, c’est par jeu que vous bondirez, que vous “formerez” !

L’image de Soi

…Ce n’est pas Soi.

Nous pouvons nous perdre dans nos idées, mais jamais nous écarter, nous perdre de “Soi”.

Dans toutes nos pertes, “Soi” est là. Il ne se perd pas.

“La Présence est spontanée.”

Cette simple affirmation devrait suffire à nous désarmer et à pacifier nos ambitions.

Cela dépend de notre “écoute”, de combien nous ENTENDONS.  

Nous ne sommes pas différents de cette Présence.

Elle est ce que nous sommes en Nature.