Le giron en Soi

Parce que nous sommes toujours divisés, une part en nous n’est pas accueillie. Comment avoir du cœur, comment aimer les autres, ceux qui nous entourent, si nous n’aimons pas “l’autre” en nous ?

Il est possible de s’adonner à de nombreux exercices spirituels, de pratiquer de longues heures, de développer notre compréhension, malgré tout, la dualité se prolongera du fait de notre divorce intime.

La réconciliation avec soi n’a besoin que d’amour généreux, que de compassion dirigée envers “celui” ou “celle” que nous rejetons intérieurement. C’est l’inverse de la dureté, du mépris, du jugement dont nous l’accablons. Lorsque nous cessons de marquer la différence, il n’y a plus de séparation. Tout comme se rejoignent naturellement les deux côtés d’un bras d’eau que l’on avait divisé.

Ce n’est pas par la force, à coup de mésestime, de soumission, que nous aidons les êtres et les incitons à s’élever. C’est par la confiance, la patience et les encouragements solidaires. Ce rôle incombe au “giron” qui prend sa source dans notre poitrine. L’ayant déjà vécu, nous portons son pouvoir à la fois maternel, paternel et divin. Nous détenons cette bonté réparatrice qui nourrit et qui prend soin. Si nous le laissons se donner en nous, il déploiera une énergie nouvelle. Il consumera notre honte, l’amertume, les doutes qui nous divisent. Il nous rendra aimants.

Mus par la douceur et la bienveillance, nous saurons relever l’enfant, “celle” ou “celui” qui tombe, le faible qui échoue. Nous lui viendrons en aide et resterons de son côté, au lieu de le morigéner, de le rabaisser, de le renier, comme le ferait un tyran.

 

Note : Dans “mystique ordinaire” lire : L’appel de la Source, le sein consolateur

L'idée secrète

L’éveil se fera sans vous, sans le “personnage” auquel vous vous identifiez. Il se fera sans lui, parce qu’il est déjà proclamé, déjà servi.

C’est bien parce que nous poursuivons nos idées sur lui, que la réalisation n’éclate pas. Parce que nous nourrissons un flot d’idées sur l’idée initiale d’un “je” que nous voudrions vrai.

Ce personnage ne tient que par un jeu, que par le discours que nous lui prêtons.

Intérieurement, qui parle à qui ?

Vous pouvez arrêter de parler, parce qu’il n’y a personne “d’autre” à qui parler.

Mais si vous voulez continuer de parler, parlez …

De toute façon, il n’y a personne d’autre.

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Note : Dans la continuité de cette conversation, à laquelle Daniel fait allusion dans son dernier billet : Nous sommes FINIS !

“L’éveil se fera sans moi”, cela ne peut pas être un nouveau projet, mais la fin d’un rêve et d’une fuite en avant ! Tout ce que nous pensons qui ne colle pas dans notre vie, n’a rien à voir avec la vérité de cet instant, mais avec l’irréalité de notre personnage. La vérité est simplement vraie et qu’importent nos jugements de valeur. Cet “ici” est valable depuis toujours. Il n’exige pas que l’on y ajoute notre grain de sel. Achever l’histoire, vouloir s’en sortir, s’éveiller… voilà qui constitue encore un moteur d’espoir dans le jeu de l’illusion.

L’illusion n’a jamais été vraie, elle n’a donc pas besoin d’essayer de le devenir. Il ne s’agit que d’un jeu éphémère, d’un rôle que l’on déclame et qui s’évanouit dès que l’on se tait. C’est le souffle qui porte notre voix qui est vrai ! Wouf ! Ce monde va très bien sans nous (le rôle). Nous essayons de trouver des responsabilités qui justifient notre position, mais il n’y en a aucune. Voilà, la désillusion, la prise de conscience que nous redoutions. Nous avons fait tout cela pour une auto justification, pour avoir une raison d’être.

Cet instant que nous vivons ne nous réclame rien. Nous sommes déjà là. Heureux ou malheureux, éveillés ou endormis… il nous accueille spontanément. L’absolu n’est pas un point culminant. C’est la Nature vraie de toute chose. Indépendamment de toutes les formes qu’elle adopte, des enjeux qualitatifs et quantitatifs qu’on lui associe, elle demeure simplement, uniquement, la Nature absolue.

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