Être Vrais

Peu à peu alimenter nos histoires ne nous intéresse plus, le désir d’Être Vrais surpasse tous les autres désirs. Notre façon d’esquiver, de nous retrancher nous saute aux yeux, cela s’impose comme intolérable…

La Réalité de cette évidence si simple nous laisse éberlués et silencieux.

Être Vrais a toujours été là, cela ne nous a jamais quitté. Nous n’avions jamais été séparés de notre Réalité, de notre Vérité, nous avions juste cru qu’il fallait des histoires pour habiller notre vie. Lorsqu’on laisse le faux, lorsqu’on ne s’occupe plus de fabriquer une nouvelle histoire à rajouter aux autres, pour croire en “faire” du mieux et du plus intéressant, on ne prend plus appui sur notre passé et notre futur … Être Vrais ici rayonne simplement.

Cela nous place alors au centre de nous-mêmes, dans l’Ouverture Vivante !

D’un instant à l’autre la Présence vive actualise notre vie d’une façon bouleversante !

Être Vrais, c’est vivre cette Présence avec le coeur, c’est découvrir l’harmonie que nous avions masquée par notre imagination…

Quelle merveille ! Nous sommes portés par la Vie, sans aucune condition. Quoi que nous ayons fait ou pensé, cela n’y a rien changé et n’y changera rien. Nous sommes le mouvement de la Vie ! Oui, alors le coeur se gonfle de Joie et d’humilité et il s’abandonne à la gratitude.

Se prendre pour

La relation avec l’aspect illusionné

Le mental n’est pas “quelqu’un”, de même qu’il n’est pas “autre”. Il s’agit d’un outil, d’une fonction que nous détenons. C’est comme le miroir que nous utilisons pour nous apprêter. Le reflet qu’il nous renvoie est vide. Il en va de même pour notre personnage. Il ne s’agit que d’une idée. L’illusion, ce n’est qu’une idée qui se gêne elle-même, et qui décide de se mettre en quête d’une solution en recherchant la vérité. Mais de quoi parlons-nous ??? C’est aussi cette idée qui veut rester dans “l’observateur” et qui tente d’éviter de “s’impliquer”…  Cela paraît logique du fait de notre identification. Aussi, c’est l’écueil que nous devrions éviter afin de ne pas mettre l’illusion sur le chemin de l’éveil.  

Fondamentalement, il n’y a même pas besoin de défaire cette identification. Il ne s’agit que d’une IDENTIFICATION. “Se prendre pour…” ne fait pas qu’on le devient. Au contraire, parce que nous ne pouvons pas le devenir, il nous faut nous y investir en essayant encore et encore. Comme il m’est arrivé de le dire : “nous pratiquons l’illusion”. Plutôt que d’assumer notre nudité, nous nous habillons, nous nous masquons. Tous les matins nous revêtons notre “costume”. Si le rôle se manifeste, s’impose, c’est parce qu’il est joué, c’est parce qu’il est nourri. Il y a donc bien un corps, une Présence initiale qui est à l’origine de l’illusionnement. C’est pour cela que j’invite à nous découvrir “avant”, plutôt que de nous rechercher “après”. 

La vérité reste vraie. Elle s’accomplit d’elle-même.  

Devant nous, il n’y a jamais eu qu’un “miroir”. Il n’y a personne d’autre.

(billet en réponse à l’e-mail de Nordine et à celui de Sylvain)

Avant que cette journée ne s'achève…

« Si la vérité est déjà vraie, et si l’illusion est vide, alors nous devrions nous éveiller avant que cette journée ne s’achève »

Cette phrase de Denis peut sembler résonner comme une formule « sacrée », ou une évidence hors d’atteinte du commun des mortels, et pourtant…

Que peut on « faire » pour s’éveiller avant que cette journée ne s’achève? la formule ne permet pas de beaucoup élaborer, ni de temporiser…

Alors ce qui peut sonner comme un défi ou un idéal hors d’atteinte, peut aussi être vu et entendu comme un appel et une invitation vers la simplicité, la mise à nu de toute notre histoire, mais sans aucune élaboration, donc en un simple instant.

Nous somme vrais à cet instant, c’est largement « avant que cette journée ne s’achève« …

Notre histoire est vide à cet instant, il n’y a donc pas besoin de la vider. Elle peut même continuer sa ronde de fumées et de reflets, elle n’en reste pas moins vide à tout instant.

Il n’y a aucune histoire d’éveil à construire en plus. L’éveil c’est juste l’état avant les histoires, qui perdure d’ailleurs « derrière » les histoires à tout instant…

Donc sans rien construire ou détruire, sans rien faire ou défaire, on peut simplement enlever ses mains de devant ses yeux, et voir qu’à l’instant tout est là…

Alors on voit, immédiatement, que « la vérité est déjà vraie« … et donc que « l’illusion est vide »

Et tout est ainsi déjà accompli, sans aucune intervention de notre part…

Avant que cette journée ne s’achève…

Ouvrir les cinémas

Ne changez pas de “film”, ouvrez le “cinéma”… Bougez au bon endroit !

Toutes les remises en question, les changements que nous avons faits jusqu’ici se sont produits dans la sphère de l’illusion. Nous avons changé d’illusion, mais nous n’avons pas mis au jour la mécanique de l’illusionnement.

Parce que nous nous détournons du concret, l’illusion, l’imagination, trouve les conditions qui lui permettent de s’imposer. Il faut de l’obscurité pour que le cinéma fonctionne. Aussi, préférez tirer les rideaux, ouvrir les volets, lever les paupières, afin que la lumière entre. Ainsi, l’image sur l’écran s’affadira et perdra naturellement sa force attractive.

Nous ne sommes pas “dans” l’illusion. Nous maintenons l’illusionnement. Les erreurs restent des erreurs parce que nous les considérons comme telles. À la base, il n’y a que la Nature, le flux du vivant, qui apparaît tantôt clair, tantôt sombre, comme l’alternance du jour et la nuit. La Présence est immuable. Elle est à l’image du ciel qui permet toutes les variations de climats possibles sans jamais les devenir.