Ouverture inobstruable*

Si nous ne refermons pas ; c’est ouvert. Je parle de “fermer”, mais il ne s’agit ici, que d’un détournement ou d’un repli symbolique. Nos “constructions”, nos élaborations mentales, n’ont jamais rien créé. C’est comparable au château de sable sur la plage. Il n’y a rien d’autre que du sable. En cela, se protéger de l’illusion semble un peu ridicule.

Tout le roman de notre vie se résume dans une idée. Je ne dis pas cela pour minimiser notre responsabilité et les conséquences de nos actes. Je le dis, afin que nous réalisions que tout ce que nous voulons croire n’est qu’une histoire, n’est qu’un mensonge au regard de la Présence spontanée. Le vivant, le monde réel, notre Nature, n’est pas impliqué dans le jeu de nos projections mentales. Vouloir bâtir un « château » ou chercher à le détruire, faire ou ne pas faire, c’est toujours s’impliquer et croire au même plan relatif et illusoire.

Ouvrez les yeux… Voyez… Au cœur du maintenant, rien n’a changé depuis notre venue au monde. Nous sommes ici, vivants, et c’est tout. Certes, nous avons vieilli, le décor n’est plus le même. Cependant, de tout ce qui s’est produit, de tout ce que nous avons traversé, ne perdure que la Présence et l’Ouverture, les mêmes qu’au tout début de notre vie.

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Note : Nous attendons “quelque chose” dans notre ouverture, alors que c’est l’ouverture elle-même qui est la réponse. Notre nature, la Lumière fondamentale, rend possibles tous les cinémas sans pour autant qu’elle les devienne.

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*Inobstruable : Ce terme n’est pas répertorié dans les dictionnaires Larousse et Robert. Il apparaît seulement dans Reverso.

La vue directe libre de concept

Certaines personnes ont réalisé la vacuité de leur personnage. Pour autant, elles n’ont pas réalisé l’illusion de leur mental. Du personnage, elles sont passées à d’autres concepts comme celui du “non-personnage” ou de “il n’y a personne”. Par conséquent, c’est toujours leur mental qui argumente et cherche à vendre cette découverte. Au lieu de laisser place à la vue directe, au “live”, à la grâce, elles s’en remettent encore à une(des) idée(s).
C’est une bonne chose de réaliser la vanité de certaines de nos idées maîtresses, toutefois, il est plus bénéfique de réaliser l’illégitimité et l’emprise du jeu hypnotique qui leur donne du pouvoir. Face au miroir, vous pouvez comprendre que cette image qui vous ressemble ce n’est pas vous, sans pour autant déduire, reconnaître que tous les reflets qu’il contient sont également des ombres vides.

Du rêve à la réalité

Généralement nous zappons d’une pensée à l’autre. Cependant, savons-nous zapper du mental lui-même ? Ce qui pourrait concrètement nous libérer dans notre démarche pour la vérité, c’est de changer notre “référentiel”. Si malgré tous nos efforts nous demeurons illusionnés, c’est parce que toutes nos tentatives sont également illusoires. Elles appartiennent à la même illusion. Nous sommes en quelque sorte à creuser un tunnel imaginaire pour nous évader d’une prison imaginaire. Ainsi, nous ne faisons que modifier le scénario de notre rêve.

Le changement de référentiel est un changement total de paradigme ; celui du personnage à l’être. C’est le passage du monde des idées au monde réel. Ce qui correspond au fait de passer du flot des pensées à leur nature. Au lieu de nous cantonner au bavardage mental avec ses théories, ses connaissances, ses décisions, ses jeux symboliques, nous pouvons contacter et vivre le monde tel qu’il est, intrinsèquement. Il nous est possible de recontacter sa nature originelle autant de fois qu’il est nécessaire, autant de fois que nous l’oublions.

La subtilité étant que la référence n’est pas extérieure ou différente de nous. Par-delà les formes et les états successifs, nous sommes la Nature indivisible et inchangée. En elle, nous sommes le référentiel originel. Il s’agit d’oublier toutes nos considérations intellectuelles au point que “changer” ne soit plus qu’une idée vide.

Lâchez-vous… Libérez la saisie de vous… Accordez-vous une détente totale, une ouverture propice à l’évidence. Ainsi vous trouverez “ce qui reste”, et auquel vous appartenez. Vous constaterez que tout état, toute conscience et toute projection sont contenus en la Présence-clarté initiale qui s’actualise spontanément.

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Note : Qui prend la décision ? Probablement le personnage. Mais cela importe peu, puisqu’il n’existe pas vraiment ! Tout reflet appartient à l’eau. Ils en ont la nature. Chercher à éviter que le personnage prenne des décisions, c’est encore lui accorder, ou s’accorder, beaucoup d’importance. L’éveil est plus qu’une démystification du “personnage”. Il trouve son ampleur du fait de réaliser l’inertie de notre sommeil, de notre confusion, de notre autisme, en proie au monde imaginaire et sans limites des projections mentales.

Le point c’est de cesser d’entretenir notre “système”, de permettre que se désamorce la fascination du miroir.

Note II : Si nous en sommes ; nous y sommes ! …

Notre bavardage mental n’affecte pas la vérité, pas plus qu’une radio n’affecte la pièce où elle diffuse. C’est pour cela que la réalité est une expérience qui se “savoure” à travers le corps-esprit, plutôt qu’une notion à “comprendre”, à saisir par l’intelligence. Notre investissement mental s’arrête, précisément, lorsqu’il a “compris” et admis que cela ne peut pas dépendre de lui. Dès lors, le mental est perçu comme un attribut, une simple fonction de la Nature. C’est depuis ce constat que nous nous “lâchons” et contactons l’Être en tombant dans sa simplicité, dans sa Présence-clarté. C’était ici, seulement nous ne le prenions pas en compte, puisqu’il est impossible de l’appréhender par une logique mentale.

En cela, il y a une sorte de dénouement redoutable qui nous précipite dans le réel.

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