Avec Soi

Où que nous soyons, nous sommes avec nous-mêmes, avec Soi. Rien ne peut nous priver de cette relation, de cette appartenance. Nous seuls pouvons l’occulter, nous en détourner et l’ignorer. C’est dans cette attitude que nous souffrons et avons l’illusion d’un “personnage” et d’une séparation.

Nous sommes encombrés de nous-mêmes, de la présence à Soi naturelle, qui ressort lorsque nous sommes désœuvrés. Cette Ouverture spontanée et cognitive est immuable. Elle ne vient ni ne repart. Pourtant, obstinément, nous cherchons à l’occulter.

Comment espérer un éveil en maintenant un tel évitement ?

Au regard de notre réaction, nous pouvons comprendre comment l’Ouverture inobstruable remet en question notre posture de fermeture. L’éveil n’est pas une obtention du personnage ; il en est la libération.

La vanité du combat

Il ne s’agit pas de gagner ou de perdre un “combat”, celui de l’éveil contre l’illusion, mais de laisser définitivement tout combat, toute lutte, tout enjeu.

Si l’illusion continue c’est parce que, systématiquement, nous la reprenons à l’endroit où nous la laissons. Nous avons l’idée d’une alternance. Cependant, n’est-ce pas le même qui se croit d’un côté puis de l’autre. Nous sommes à la fois celui qui dit “j’y suis” et aussi “je n’y suis pas”.

Si l’illusion consiste à prendre son reflet pour un “autre”, alors, il n’y a pas de problème à résoudre. S’il n’y a pas un “second” réel, il n’y a pas d’histoire entre deux parties.