Aide-toi toi-même.

S’aider, c’est parfois juste changer notre regard sur nous-mêmes. C’est s’envisager à nouveau au lieu de se juger. C’est quand ça va mal que nous avons le plus besoin de nous. Il ne s’agit pas de prendre sa revanche, mais de comprendre ce qui demeure lorsque tout s’écroule. Alors que bien souvent nous recherchons une légitimité à travers nos entreprises éphémères, paradoxalement celle-ci nous est révélée dans un chaos.

Ce qui reste

Ce qui reste est la chose fiable, est « ce » sur lequel nous pouvons réellement prendre appui. Généralement, lorsque nous sommes désespérés nous pensons qu’il ne nous reste rien, alors que c’est l’inverse. Nous ne perdons que ce qui est perdable, ce dont nous aurions inévitablement été privés.

Ce qui reste, reste déjà. Pas besoin de perdre spécialement pour le comprendre. L’impermanence nous la vivons constamment. Aussi, nous pouvons constater l’alternance de ce qui vient et repart depuis une même nature stable et immuable.

“Je vais mourir.”

Lorsque nous contemplons cette pensée, nous réalisons que tout, nous compris, va prendre fin. Cela va arriver, le « jeu » va s’arrêter. Nous pouvons réaliser alors, que tous nos bons stratagèmes pour faire passer l’affaire n’y pourront rien, car eux aussi, font partie du jeu. En fait, cette perspective de fin nous met à nu, et ne nous laisse rien derrière lequel se cacher.

Face à la mort, face à la “Vie”

Comment pouvons-nous croire que nous nous perdons ? D’où provient cette triste croyance sur nous-mêmes ? Si nous sommes perdus de nous-mêmes comment le savons-nous ? Quel est « celui » qui peut s’en faire une idée ?

Nous ne regardons pas la vie complètement, parce que nous ne regardons pas la mort. La mort fait partie de la vie. Lorsque nous faisons face à la mort, ne serait-ce que par l’évocation de notre mort future, nous avons la possibilité de comprendre « ce » qui ne meurt pas et qui n’est concerné, ni par la vie, ni par la mort.

Le jour se lève et meurt, mais où cela se produit-il ? Quand mon action s’arrête « je suis » ! quand ma parole se tait « je suis» ! Quand ma pensée s’épuise toujours « je suis » ! « Je suis », car rien, en dehors de cela, n’arrive réellement. « Je suis », n’a jamais cessé malgré tout ce qui change et meurt. « Je suis », est le « lieu » où nous sommes infiniment, et la mort nous le révèle.