L'illumination dans l'Écoute

Un don s’actualise, une vérité se dit, mais cela nous ne le voyons pas parce que nous ne sommes pas disponibles. Nous sommes emplis de nous-mêmes et de toutes nos idées, aussi, il n’y a pas la place. Comment Voir et vivre la Nature du monde, telle qu’elle est, lorsque nous projetons en permanence sur elle ? L’êtreté nous en parlons beaucoup, mais combien la vivons-nous, la laissons-nous éclairer notre vie ?

Au nom d’une pseudo liberté intellectuelle, certains jugent, interprètent, contredisent mes propos. Les personnes illusionnées savent mieux que celui qui est éveillé. Si vous voulez, très bien, c’est comme ça… Mais à quoi ça les avance ? À se prouver qu’eux aussi ils ont une sagesse et le pouvoir de l’éveil ?

Je ne suis qu’un vecteur. Je ne prétends pas dire la vérité, car celle-ci se proclame d’elle-même, spontanément. Tout est vrai (nous inclus), tout le temps, et rien ne sera plus vrai que ça ne l’est actuellement. En avoir la seule compréhension intellectuelle ne fait pas qu’on en jouit concrètement au quotidien. Par contre, c’est dans le contact, dans notre écoute, dans notre regard, qu’enfin cela apparaîtra. Aussi, permettez-vous d’être rejoint. Rendez-vous disponible, réceptif, en communion… L’enseignement ultime et salvateur réside, se révèle, à travers notre capacité d’écoute et non dans la transmission d’un quelconque secret.

Le giron en Soi

Parce que nous sommes toujours divisés, une part en nous n’est pas accueillie. Comment avoir du cœur, comment aimer les autres, ceux qui nous entourent, si nous n’aimons pas “l’autre” en nous ?

Il est possible de s’adonner à de nombreux exercices spirituels, de pratiquer de longues heures, de développer notre compréhension, malgré tout, la dualité se prolongera du fait de notre divorce intime.

La réconciliation avec soi n’a besoin que d’amour généreux, que de compassion dirigée envers “celui” ou “celle” que nous rejetons intérieurement. C’est l’inverse de la dureté, du mépris, du jugement dont nous l’accablons. Lorsque nous cessons de marquer la différence, il n’y a plus de séparation. Tout comme se rejoignent naturellement les deux côtés d’un bras d’eau que l’on avait divisé.

Ce n’est pas par la force, à coup de mésestime, de soumission, que nous aidons les êtres et les incitons à s’élever. C’est par la confiance, la patience et les encouragements solidaires. Ce rôle incombe au “giron” qui prend sa source dans notre poitrine. L’ayant déjà vécu, nous portons son pouvoir à la fois maternel, paternel et divin. Nous détenons cette bonté réparatrice qui nourrit et qui prend soin. Si nous le laissons se donner en nous, il déploiera une énergie nouvelle. Il consumera notre honte, l’amertume, les doutes qui nous divisent. Il nous rendra aimants.

Mus par la douceur et la bienveillance, nous saurons relever l’enfant, “celle” ou “celui” qui tombe, le faible qui échoue. Nous lui viendrons en aide et resterons de son côté, au lieu de le morigéner, de le rabaisser, de le renier, comme le ferait un tyran.

 

Note : Dans “mystique ordinaire” lire : L’appel de la Source, le sein consolateur

Amour en Soi

Bien que la Présence soit là, combien de temps la vivons-nous ? Combien recevons-nous ce don avec la joie et le contentement qu’il procure ?

La majorité de notre temps journalier est dédié à l’illusion. Cependant, afin de vivre la Présence, il n’est pas nécessaire d’avoir du temps et de se trouver devant un paysage inspirant.

Tout au long de la journée, la Présence nous accompagne, que ce soit dans le métro, au travail ou au supermarché… Nous prétextons qu’il s’agit d’une question de disponibilité et d’environnement. Selon moi, cela relève davantage d’une ignorance et de notre conditionnement. Nous avons pris l’habitude de nous distraire, de nous éviter, à travers toutes nos activités. Par se distraire, j’entends s’oublier, se détourner de soi et de l’Ouverture simple qui Est. Aujourd’hui, cette base ordinaire nous apparaît vide, déroutante et ennuyeuse. Pourtant, il s’agit de la Nature spacieuse, accueillante et généreuse, que nous touchons dans l’amitié, la paix, la liberté auxquelles nous aspirons. C’est ce champ d’appréciation, de plénitude radieuse, qui s’ouvre et nous comble dans nos bonheurs.

Lorsque nous nous retrouvons inactifs, rapidement, nous sommes encombrés de nous-mêmes. Nous parlons “d’ennui”, mais dans ce face à face, c’est une gêne et de l’inconfort que nous ressentons. En fait, c’est notre personnalité qui découvre son impersonnalité. Le limité commence à se déplier dans l’illimité. Sans doute, il y a cette peur de ne plus exister. Aussi, nous voudrions faire marche arrière. Pourtant, ce n’est que le “rôle” qui s’efface, et ainsi, qui révèle l’être qui l’anime.

Afin de changer, d’inverser nos tendances, c’est une démarche d’apprivoisement et d’accompagnement que nous devrions engager. Doucement, sans plus ré-agir, sans plus dramatiser, décider de nous rapprocher… s’autoriser… rendre possible ou valide la rencontre, la gratuité dans l’Ouverture. Lorsque nous cessons l’évitement, l’occupation, le jugement, nous sommes en notre propre compagnie. La Présence nous accueille, s’accueille… Elle est présente à elle-même, autant qu’elle l’est à l’ensemble. Elle reçoit sa propre radiance.

Pour éclairer une pièce, d’abord la lampe s’illumine. Ainsi, avant tout, nous sommes notre propre lumière, nous sommes amour en Soi.

Bienheureux

Pour celui (celle) qui Voit “l’or” dont est fait ce monde, se révèle une vue profonde qui le comble instantanément. Tout se donne en abondance.

Empli des richesses de l’invisible son regard s’illumine depuis le cœur. Sur lui règne une perfection pleine de paix, d’amour, de joie et de gratitude. Lui-même se trouve investi de ces nobles qualités dont il devient le vecteur. Dans cet espace sacré, les grâces affluent pour le bienfait de tous.

Bienheureux ceux qui Voient !

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Note : Lorsque l’on est dans le Voir, il y a contemplation. Dès lors, les interrogations n’ont plus cours ! Le jeu duel a disparu ! Ce que l’on vit, ici, n’a rien à voir, n’a pas de commune mesure avec la vision illusionnée. Il s’agit d’une autre “dimension”. Il advient que ce qui n’était pas reconnu l’est devenu, et que cela s’accompagne d’une grande révélation. Selon les personnes, selon l’abandon, son intensité diffère. De plus haut nous tombons, plus grande, plus manifeste est la “chute”.

Cela peut s’apparenter au fait d’émerger d’une amnésie. Il y a peu, nous vivions encore dans l’ignorance de celui que nous sommes. Nous nous prenions pour un pauvre errant, et tout à coup, nous découvrons notre filiation, la nature “princière” à laquelle nous appartenons ! Comment l’avions-nous oublié ?

Quel émerveillement, quelle gratitude infinie s’empare de nous ! De façon dynamique, nous exultons. De notre être, cette reconnaissance s’élève pareille à une offrande, pareille à une louange brûlante d’amour. Plus nous louons et plus nous sommes comblés. Comme le confient certains mystiques chrétiens, nous* recevons grâce sur grâce.

(* le “nous” englobant)

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Un monde d'or

Nous ne voyons pas l’instant tel qu’il est dans sa nudité. Nous l’ignorons. C’est le caractère qu’il prend que nous retenons.

C’est comme si nous étions dans un monde entièrement fait d’or. Cependant, nous ne le réalisons pas, nous reliant davantage aux apparences qu’au fond. Nous sommes fascinés, comme enfermés dans un jugement esthétique. Aussi, continuellement, nous trions. Nous adoptons ou rejetons les formes concrètes et abstraites qui nous charment, ne découvrant pas qu’il n’y a que de l’or. Lorsque nous tentons de connaître le fond, c’est toujours vers une forme, parfois subtile, que nous nous tournons.

Il ne s’agit pas d’appliquer une attitude “sans intention”, d’avoir l’intention d’être “sans intention”, mais de réaliser que nous sommes spontanément ainsi. C’est notre Nature, “l’or”, qui est libre d’intention.