Vivre en “live”

Passer dans le “live” ce n’est pas faire quelque chose de “spécial”. C’est “se distraire” et fuir le vivant, qui en est une. Je n’ai rien contre les loisirs et passer du bon temps. Cependant, on peut s’y adonner sans pour autant se détourner de Soi et de la Présence.

Malgré notre illusionnement, nous demeurons dans la vérité. Seulement, nous ne la connaissons pas, ou plus. Ne pas se distraire, c’est ne pas se couper de cet éclat spontané. On pourrait dire, c’est ne plus s’empêcher “d’être avec”, mais s’en remettre à “l’Ouverture” que nous nous employons à restreindre en vain. Lorsque nous cessons de maintenir, d’entretenir notre repli mental, il ne reste plus d’atermoiement, plus de filtre conceptuel, plus de condition pour vivre la Présence. Alors, spontanément, nous sommes en contact. Son flux nous emplit. Il nous rend participant et pleinement vivant.

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L'absolu de l'absolu

“C’est fini !” Je dis cela à l’égard du “personnage” qui cherche continuellement à rajouter une couche, ou bien à en retirer une. Ce cher personnage, il a tellement d’espoir, de volonté d’y arriver… Lorsque je dis “c’est fini”, comprenez que c’est parce que nous tendons tellement vers une “autre” vérité que celle-ci où nous sommes et dont nous faisons partie. Qu’est-ce qui ne va pas avec ce maintenant qui est là ?

Cet instant ne change que dans sa forme, dans son apparence. En réalité, il s’agit du même. Tout comme c’est le même ciel qui s’assombrit, se zèbre d’éclairs, se met à pleuvoir, à neiger, à s’éclaircir… Voyez comme ça bouge, ça change en permanence à l’extérieur, comme à l’intérieur… Pourtant, vous ne bougez pas, vous êtes constamment ici. La Nature absolue comporte un aspect relatif, à l’instar de l’eau avec ses reflets et ses mouvements. Nous ne reconnaissons que cet aspect. Notre personnage cherche l’Être, le Soi, parce qu’il se pense différent. À travers lui, nous pouvons penser et aussi ressentir tellement de choses. Cependant, tout ceci est l’expression relative d’une Nature absolue. L’êtreté n’a pas besoin d’être pensée. Elle est spontanément Présence-Vie.

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Note : Symbolisons notre Être par un téléviseur et notre mental par les programmes qu’il diffuse.

Le programme peut être pourri ou excellent, le téléviseur va bien dans tous les cas.

Dans tous les cas, il y a d’abord un téléviseur (le fini) qui permet des programmes (le relatif).

La Nature absolue, comme l’eau, le ciel, l’être, demeure une ouverture immuable.

Les pensées, les reflets, les climats, s’élèvent et alternent, pourtant, ils ne changent en rien l’espace, la Nature d’où ils proviennent.

Le ciel ne se définit pas en fonction des variations du temps. Il en va de même de notre Être.

Apparaissant en lui, ce n’est qu’un “programme”, qu’une pensée relative qui juge et colle une étiquette ![/quote]

Éclat spontané

Pourquoi rechercher, espérer, ce qui est juste ici et auquel nous appartenons ?

Nous parlons d’éveil et de vérité, mais au lieu de nous intéresser à des concepts, nous devrions Voir et vivre ce qui est là, sous nos yeux. Nous nous laissons abuser par le langage et les mots, mais ceux-ci ne sont qu’une manifestation éphémère au sein de la Nature. La Nature, notre Nature, n’a pas besoin de mots, d’histoires ou de théories. Elle Est, spontanément, sans qu’il soit nécessaire d’intervenir.

Tout de suite, ne sommes-nous pas pleinement inclus dans l’espace de cet instant ? Voir, vivre, être embrassés par cette réalité concrète et dynamique, nous enseigne, nous fait réaliser, infiniment plus qu’avec les mots.

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Note : (réponse à Gilles au cours d’un échange)

L’éveil ou la réalisation ne repose pas sur une sorte de « saut » ou sur une quelconque action transcendante. En fait, il s’agit d’un dégagement, de la disqualification de l’esprit conceptuel par la reconnaissance que tout ce qu’il affirme est faux, dans le sens où il ne s’agit que de propos.

La Nature éveillée est directe, tout comme les sons que captent nos oreilles, ou les images qui parviennent à nos yeux. Cela opère spontanément, sans médium, depuis bien longtemps. Ça l’est pour tous et de façon équanime, que l’on soit intelligent ou idiot, adulte ou enfant… Cependant, nous l’avons négligé, minimisé et relégué au second plan.

Le réel n’a pas besoin de l’esprit, il s’en passe, et c’est déjà comme ça. Quelle merveille ! C’est bien mieux que tout ce que l’on a pu imaginer. On pourrait dire que tous nos mots sont mensonge, car ils ne peuvent dire la Vérité. Ils essaient de nous entraîner dans une représentation de celle-ci, mais ce n’est qu’imagination. La Vérité s’affirme directement. Il s’agit d’une seule et même Nature, d’un même Ciel auquel tout, absolument tout appartient.

Lorsqu’une information nous parvient, par habitude le mental s’en empare. Il se donne un rôle. Pourtant, il est important de Voir ce qui est déjà là, comme notre présence et le décor où nous nous tenons.

Une simplicité, une ouverture, un éclat, nous accueillent bien avant, indépendamment de tous les mouvements de l’esprit. Ainsi, nous pouvons ressentir et vivre cette appartenance. Nous pouvons goûtez la détente ineffable du « chez Soi »… Nous ne sommes plus orphelins, perdus et en quête de compensations.

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Branché sur la Vie

Parfois, je dis aux gens de se tenir derrière leurs yeux. Être juste là, derrière, comme s’il s’agissait de fenêtres. Cela permet de couper court au mental et de “Voir”, d’être très directement en relation avec tout “ce qui Est”. On pourrait dire “habiter” son regard. J’appelle cela vivre en “live”, ou encore, s’immerger dans le Vivant.

Je vous invite à le faire, à y revenir et à vous en souvenir, sans créer de tension. Le plus souvent, nous recherchons cette Vie, cette “intensité” par des artifices et des voies détournées. Cependant, nous finissons toujours par “dessoûler” et cela nous rend frustrés et insatisfaits. D’où l’importance de ne pas compenser, de ne pas user d’expédients. Nous ne puisons pas seulement notre nourriture dans le terrestre, mais aussi dans le céleste. Dans un “contact” et une adhésion à l’Ouverture, où s’actualise le battement du renouveau.

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Note : En vous tenant pleinement derrière vos yeux, et pas seulement “pour voir” le temps d’une expérimentation. Vous serez immergé dans “l’espace-présence”. Cette question de l’observateur et du témoin, ainsi que d’autres, s’évanouiront toutes seules. Vous comprendrez qu’elles sont encore liées à votre ancien “mode duel”. Ces indications ne sont que des panneaux indicateurs, auxquels il ne faut pas s’attacher, mais s’engouffrer dans la direction qu’ils pointent.

Je donne dans ce billet une instruction précieuse qui, sans effort, sans rôle à tenir, sans conditions particulières, vous intègre directement à la Présence. Elle pourrait radicalement changer votre façon de “pratiquer”.

Il semble que cette instruction ne soit pas évidente pour tout le monde. Je vais essayer de donner quelques précisions pour que vous compreniez comment on entre dans ce regard. Se tenir ne doit pas devenir un « faire ». Il s’agit plus d’un déplacement intérieur. Ici, on utilise les yeux et leur faculté de nous relier au monde. Notre regard naturellement s’actualise. Comme une caméra, il “filme” ce qui arrive dans l’instant.

“Tenez-vous” : cela ne consiste pas à se « maintenir », ni à se tenir là, pour « regardez ». C’est davantage mettre votre présence dans vos yeux. Par exemple, placez-vous devant la photo d’un être cher. Regardez cette personne… entrez en contact…

“Derrière vos yeux” : vous ressentirez que vous êtes comme derrière les yeux. La Présence et tout votre être semblent illuminer votre regard. Maintenant, portez vos yeux sur autre chose en laissant ce regard vous accompagner. Dans cette expérience, votre cœur et vos yeux sont liés, ainsi qu’ils le sont avec le monde. Il s’agit d’un regard absolu. C’est le Voir qui était déjà là. Une ligne directe sur la Vie.

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La force du vivant

Nombre de méthodes, d’enseignements nous encouragent à nous développer, à progresser d’étape en étape.

Pour ma part, je vous invite à “Passer dans le vivant…”, à “Arriver ici…”, à “Entrer dans la Présence…”.

Soit nous sommes dans une histoire, soit nous sommes la vie même d’où naissent et se développent les histoires. Branchez-vous directement sur l’instant et coulez dans sa fraicheur… Vivez en “live”… Vous verrez que cela n’a pas de commune mesure avec l’état où vous pensiez être. C’est aussi différent que le fait de regarder l’eau d’une rivière et que de s’y baigner.

Si c’est votre esprit qui tente de se caler sur l’instant, ça ne marchera pas. Tant qu’il y aura un observateur, un expérimentateur, ce sera de “l’histoire”. “Se brancher”, c’est justement s’affranchir des buts et des stratégies mentales en s’immergeant, en osant exister à cent pour cent.

Surmonter l'ennui

Rompre avec notre demande insatiable de distractions.

Le renouveau de la Présence s’actualise spontanément à l’image du silence, ou comme le plat de l’eau se reforme en un miroir. Nous avons seulement à reconnaître cela, sans tenter d’intervenir dans ce rétablissement naturel.

Dans cette quête de “Soi”, certains nous exhortent à l’attention et au maintien de la conscience. D’une autre façon, je placerai l’accent sur le fait de ne pas succomber à la distraction et au remplissage par les occupations. Le but étant de mettre au jour la “vacance”, cette disponibilité, cette fraîcheur permanente de la Nature.

Interrogez-vous sur ce besoin incessant d’activités, de pseudojouets à manipuler dès que vous êtes livrés à vous-mêmes. Quel est ce “mal-être” lié au fait de se trouver simplement ici, dans l’instant ? Qu’essayez-vous d’éviter en trouvant d’habiles prétextes qui vous détournent de la Présence vive et de Soi ? Nous sommes accros à la distraction, au point de nous “occuper” spirituellement. Nous ne faisons que remplacer une distraction par une autre. Pouvons-nous reconnaître cette propension à l’esquive ?

Nous serions plus avisés de rester fidèles au “maintenant” et d’épouser l’éclat du vivant. Lorsque nous n’occultons pas cet “ici”, cet instant, nous pouvons constater que nous en sommes et que nous y demeurons sans réels efforts. C’est un peu comme le sens de l’équilibre. Nous éprouvons de l’inconfort dans sa recherche. Cependant, après l’avoir trouvé, nous parvenons, par exemple, à tenir sur un vélo sans que cela exige notre attention. Confiant de cette aptitude, nous n’hésitons pas à l’éprouver en nous aventurant sur des terrains inconnus et plus accidentés.

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Frontière de l’illusion…