La difficulté d'être libre

Il y a en nous une contradiction. Nous voulons l’éveil, mais d’un autre côté nous ne sommes pas d’accord pour être simplement ici, à vivre la Présence. Si nous étions d’accord, nous y serions, “nous y sommes…”

La Présence est spontanée. Elle est ce qui sous-tend l’illusion et toutes nos distractions. Trivialement, on peut la définir comme “l’état par défaut”. La Présence est là, sans interruption, sans qu’il soit nécessaire d’intervenir. Elle est comme le silence qui se forme et s’orne de sons, mais qui en réalité ne disparaît pas, ne s’interrompt pas. La présence est une ouverture que nous essayons de combler en vain. En fait, nous produisons beaucoup d’agitation et d’efforts pour masquer notre liberté.

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Note : Parce que nous “prenons en charge” le fait de vivre l’instant présent, cela devient rapidement lourd et fastidieux. C’est à grand prix que nous avons l’impression d’exercer un “contrôle”.

Ce que nous ne voyons pas, c’est qu’en réalité c’est l’instant présent qui nous porte. C’est la vie qui nous rend vivants. Nous sommes comme sur les flots d’une rivière. Il est suffisant de nous laisser porter par son courant. Celle-ci nous entraîne, que nous soyons conscients ou non, que nous nagions ou non. La vie nous respire, elle nous insuffle sa force. Ce n’est pas notre fait. Continuellement, nous sommes ici, dans la Présence et ce n’est pas optionnel. C’est seulement dans le mental qu’il semble y avoir une alternance. Lorsque vous pensez ne pas y êtes, alors, c’est que vous y êtes. C’est en cela que c’est la vérité qui nous libère, ce n’est pas nous !

D’où nous vient notre volonté ? D’où puisons-nous notre énergie ? Il y a comme un cordon nourricier qui nous alimente en permanence. Dans le souffle nouveau, humblement, nous recevons le don de vie. En nous et tout au tour de nous, le vivant s’actualise, “l’action se joue”, ici même la vie s’invente… et déjà, nous en faisons partie.

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8 réponses sur “La difficulté d'être libre”

  1. simplement merci Denis (ainsi que les 3 renvois qui complètent très bien ce billet)!

    Tes mots sont justes et par delà ils nous saisissent immédiatement au delà d’une compréhension! comme un fait, une joie, une reconnaissance immédiate, si simple, si directe qu’elle  » est Présence même ». Vraiment merci l’Ami, ce chant est beau il réjouit instantanément le « cœur que nous sommes »!. C’est une reconnaissance immédiate dans l’instant.

  2. Mais pourquoi ce désaccord à vivre la Présence ?

    Est-ce parce que nous n’avons pas vu ce qu’elle est : amour inconditionnel, paix, joie, beauté, ouverture, non-égo… ? Par exemple, quand nous vivons et reconnaissons qu’elle est amour, quel besoin y aurait-il de courir après des objets de désirs qui seraient susceptibles de nous apporter l’amour tant recherché ? La présence-amour qui ne cesse de nous porter, n’est elle pas l’amour (perdu) de la mère, du père, du fils, de l’amant(e), de Bouddha, du chien, de la fleur, de la danse de la Terre … ?

    De tout coeur,

    Emmanuel

  3. La Présence est comme un chant d’oiseau…

    Dans la cage ou hors la cage, l’oiseau chante la Joie de chanter !

    Notre coeur sait aussi chanter… il sait aimer, laissons le faire…

    Il n’a nulle envie de s’interrompre, plus il vibre avec ce chant et plus il aime chanter…

    Le coeur alors vit et savoure la Présence !

    Et notre petite tête se repose…

    De tout coeur.

  4. bonjour Denis a toutes et tous,

    juste un grand merci de nous permettre de voir cela.

    Marilyne

  5. Bonjour

    Binetôt 55 ans, deux grands enfants, une petite fille loin.

    Séparée, sans activités, la liberté de m’être retrouvée qui m’a comblée se révèle aujourd’hui difficile au point parfois de regretter les heures douloureuses de la vie en couple.

    L’instant présent oui je le vis mais je ne peux m’y conforter une journée puis une autre…

    J’avoue ne plus trop savoir,

    Au plaisir de vos expériences, conseils

    Amicalement

    christine

  6. Bonjour Christine,

    Parce que nous “prenons en charge” le fait de vivre l’instant présent, cela devient rapidement lourd et fastidieux. C’est à grand prix que nous avons l’impression d’exercer un “contrôle”… (lire à la suite du billet)

  7. belle réponse et suite du billet, merci de cet éclaircissement!

    « Continuellement, nous sommes ici, dans la Présence et ce n’est pas optionnel. …..et déjà, nous en faisons partie. »

    c’est vraiment ainsi, un ressenti, une absence de prise en charge, plutôt une reconnaissance profonde que « Cela nous porte » c’est une « confiance d’être tout simplement » au-delà de tout calcul et volonté personnelle……….l’Amour quoi…sans que celui ci soit saisissable mais nous saisisse!

    Merci Denis d’approfondir ce qui est sans fond!

  8. Bonjour Denis, oui je vie cet état naturel. Présent « je suis » tout ce que je suis et c’est là le plus surprenant. Cela m’a tout-à-coup sauté aux yeux que le passé ne disparaissait pas comme par miracle, que la souffrance et la peur demeuraient bien là cachées dans les mémoires de mon être. Je cherchais un état de pure contemplation et je découvre que tout est mouvement. Ce corps lourd de passé n’est-il pas une manifestation de la présence tel qu’il est. Je ressens encore des émotions de tristesse ou de honte ou un désir de fuite. Tout-à-coup je réalise qu’il n’y a qu’à accueillir toutes ces manifestations de ce vieux corps avec amour sans rêver de les voir disparaître.

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