Le vivant de la vie et de l'éveil

Dans notre vie, il y a plein de moments d’éveil. Malheureusement, c’est toujours l’esprit conceptuel qui s’en empare. À travers lui, nous sommes pareils à un photographe en quête de sujets intéressants. Au lieu de déclencher une photo, nous déclenchons un concept. En permanence nous “photoconceptualisons” la réalité du monde, de notre vie, pour ensuite constituer nos albums photo, nos collections de concepts. Nous sommes comme certains touristes, tellement affairés à filmer, à photographier, qu’ils ne prennent plus le temps d’admirer les sites qu’ils visitent. C’est en images, lorsqu’ils rentrent, qu’ils les découvrent sur un écran d’ordinateur.

21 réponses sur “Le vivant de la vie et de l'éveil”

  1. Oui, Denis, si nous ne sommes pas instantanément au contact, percutés même, par le vivant, sa nature simultanément vide est ajournée, cette silencieuse sagesse du Coeur qui se sait de tout temps… et nous accumulons images, perceptions, mémoires, accompagnées du lot habituel d’interprétations et d’histoires du rêveur…
    C’est ainsi, c’est le jeu de l’Un jouant au Deux, ce second pourtant sans existence propre, se prend parfois « au sérieux » et se « condense » un moment, mais dans tous les cas, il n’est absolument que Don ! présent ou invitation à la fête intemporelle ! 🙂

    Merci Denis, du coeur infini

  2. c’est vrai il difficile de quitter le conceptuelle pour entrer dans le vivant
    je dirais c’est même impossible celui qui conceptualise est encore celui qui veux s’en sortir
    Merci Denis

  3. « Nous assumons plus nos idées que l’ouverture dans laquelle elles apparaissent.… Encore, nous intervenons……ne trouvant pas cette vérité conforme à notre attente. …… pourtant, tout de suite, cet instant, cette vie, cet espace nous embrassent inconditionnellement. » (billet- tout de suite-)

    très juste, plutôt que d’être et de vivre le vivant, nous thésaurisons la vie comme un album de souvenirs à feuilleter pour s’en raconter l’histoire……..l’esprit se prolonge dans le discours et assure « la croyance » en l’histoire, au personnage, au héros qui peut ainsi ajourner……………sacré farceur, vu d’ici !
    l’expérience de soi-même est direct et n’a point besoin qu’on en prenne la photo………..l’image nous quitte aussitôt, il n’en reste que le parfum et goût du vivant d’instant en instant ! « Nous sommes », nul besoin de confirmer…………… « ce qui est » se passe de commentaire, de comparaison, jugement ….espérant aboutir quelque part où enfin le personnage peut s’exclamer « j’y suis » (souriez la photo est prise bravo!)
    Merci Denis

  4. Merci cher Denis pour cette mise en garde qui nous invite encore à vivre le vivant tel qu’il est, là, Wouf.
    Pourtant, rien de plus facile que d' »entrer dans le vivant », nous y sommes, là, maintenant.
    Il ne s’agit même pas de quitter, de cheminer, d’entrer, de rester…
    Juste laisser le vivant (l’éveil) nous toucher (éveiller) à chaque instant, comme il nous touche (éveille). L’esprit conceptuel ne nous concerne pas, pas plus d’importance qu’une conversation qui sort d’une radio laissée allumée au fond de l’appartement quand nous, nous sommes tout entier à nous laisser prendre par le vivant de la vie et de l’éveil. On peut éteindre ou non la radio, cela ne change rien à la vie qui se donne là. La fin de l’esprit conceptuel est l’encéphalogramme plat. Dans la présence, les pensées apparaissent et disparaissent librement. Me semble-t-il !
    Emmanuel

  5. PHOTOCONCEPTUALISER, j’adore le concept!!!…
    Denis, t’es un champion en métaphores…
    Je suis tout à fait comme tu décris, une vraie gourmande boulimique de la Vie..en touriste.
    D’ailleurs, c’est ma formation (guide-interprète); Je croyais cependant faire des photos dans l’album annuel de ma vie (j’ai observé avec effroi que seules quelques journées/moments par an marquait mon esprit!…du coup, j’essaie de les collectionner, de les créer…en les créant, il s’agit surtout de rejoindre cette fameuse spontanéité du coeur dont tu as parlé. SPONTANÉITÉ, subst. fém.
    Étymol. et Hist. 1695 (Journal des Savans, 4 juill., p. 302: il faut dire que Dieu a créé d’abord l’ame, ou toute autre unité réelle, en sorte que tout lui naisse de son propre fonds, par une parfaite spontaneïté à l’égard d’elle-mesme, et pourtant avec une parfaite conformité aux choses du dehors). Dér. de spontané*; suff. -ité*.
    « parfaite spontaneïté à l’égard d’elle-mesme, et pourtant avec une parfaite conformité aux choses du dehors) »: Qu »en penses-tu Denis, ma « belle poule universelle » (c’est toi qui l’as dit!)

  6. « Sahajîya » adepte de la spontanéité

    Je viens de cheminer suite à mon précédent post et aurais voulu poster ailleurs cette mini-révélation (invite-moi STP Denis dans ton salon des « auteurs invités »!)

    et voilà que je trouve de l’eau pour le moulin de mon Coeur:

    « A cette fin les Nātha recourent à un seul moyen : l’intuition et le sahajasamâdhi, l’absorption spontanée. On les appelle en conséquence « Sahajîya » adeptes de la spontanéité. Ils se caractérisent par la simplicité du cœur et de l’esprit. Grâce au sahajasamâdhi la pensée s’absorbe dans la félicité, l’impression erronée d’objectivité et de dualité s’estompe et finalement disparaît.

    Lorsqu’un tel samâdhi se répand dans toutes les activités journalières, le yogin, quelles que soient les circonstances, n’éprouve qu’une seule et même saveur (samarasa) qui imprègne l’univers entier.

    Trouvé ici: http://bouddhanar.blogspot.com/2011/07/intuition-spontaneite.html

    Et cette phrase croustillante à souhait:

    « Je vous le dis : il n’y a pas de Bouddha, il n’y a pas de Loi ; pas de pratiques à cultiver, pas de fruits à éprouver. Que voulez-vous donc tant chercher auprès d’autrui ? Aveugles qui vous mettez une tête sur la tête ! Qu’est ce qui vous manque ? » Lin-ji

  7. L amour impersonnel c’est l’amour de l’état de témoin. Cet amour désintègre l’ego (identification au mental, illusion de croire être un individu). Tony Parson en parle comme de « l’amour de l’amour »; Cet amour (attention constante et sans effort à ce qui est) met au premier plan l’état de témoin et ce qui le précède (Yolande l’appelle la chose). Cet amour est la clef de la porte illusoire toujours ouverte de ce que l’on est vraiment. Le problème (où est le problème si l’on n’y pense pas? comme dit Bob Sailor) est que l’on ne peut pas tomber amoureux de Cela par volition (on ne va pas vers l’amour, on tombe amoureux, cela nous tombe dessus et l’on meurt à ce que l’on croyait être), ou en suivant une pratique,… Cela vient ou cela ne vient pas, c’est « a causal » comme dit UG. C’est en terme religieux la Grâce des grâces. C’est donc totalement désespérant pour l’individu que je crois être et qui n’attend que « ça », le reste étant sans aucune importance.Le désespoir n’est pas obligatoirement déprimant et triste, il est signe de lucidité. L’espoir c’est un piège, une fuite et un refus de ce qui est.L’espérance est un leurre très bien vendu par les églises et les hommes politiques. L’espoir se marie toujours avec la peur, la crainte. Ceux sont les deux ressorts utilisés par les manipulateurs « Seul est heureux celui qui a perdu tout espoir; car l’espoir est la plus grande torture qui soit, et le désespoir le plus grand bonheur »citation du Samkhya Sutra dans le Mahabharata. Le désespoir est le seuil où la personne illusoire commence à s’effacer.
    Avant que cela arrive ou pas, il faut comme dit Yolande essayer d’accepter la vie telle qu’elle est pour ne pas rajouter du mental au mental (une tête sur la tête!) donc de la souffrance. Heureusement parfois la « chose » nous saisit quelques instants trop fugaces et la corps se met à vibrer, la joie sans cause m’envahit puis disparait comme elle était venue….
    J’espère que vous allez tous mourir, pour reprendre la phrase de Parsons à Sylvester.

  8. Cher Hervé,
    Je pense que cela vient à chaque instant, à chaque instant c’est grâce sur grâce, il suffit d’y être réceptif, cela ne fait qu’arriver, c’est maintenant, le vivant de la vie et de l’éveil. Cette présence live est sans concept, les mots et références n’appartiennent qu’au passé ainsi qu’à l’égo qui veut, espère obtenir l’éveil. Ici et maintenant, tout est accompli. Rien ne manque à celui qui est. Libre à chacun d’être ou de penser. L’amour EST LÀ pour tous en profusion.
    Bonne soirée,
    Emmanuel

  9. Il n’est nuls mots auxquels s’attacher, ni rejeter, car sitôt dits ou entendus,
    ils sont vides, libres d’eux-mêmes
    Rien ‘savoir’ à propos d’une chose ou d’une non-chose, d’un être ou d’un non-être
    c’est vibrer au coeur de notre Inconnaissance vivante
    c’est toucher l’espace insaisissable de toutes les apparences existantes
    c’est aimer, là, ce qui est…

    Bien à vous

  10. Merci pour ta réponse. « Il suffit d’être réceptif », comme tu dit. « Être réceptif » est justement un autre mot pour dire « être amoureux de ce qui est ». On ne décrète pas l’amour, il est là ou il n’est pas là. Le constat est que dans ce corps-mental appelé Hervé l’Un joue encore le plus souvent au Deux. Certes « ici et maintenant » tout est accompli », la compréhension mentale de cette tautologie est là, mais son expérimentation impersonnelle rarement. L’identification à l’illusion demeure avec la souffrance et l’insatisfaction , et ce n’est pas un problème en soi. Pas d’espoir, pas de sens, pas d’aide comme dit Sylvester. Parfois Denis Marie utilise l’impératif, ou comme si nous avions le choix d’être réceptif ou pas. je trouve cela étrange, comme une chose inexistante peut-elle faire un choix. La chose ( fin définitive de l’illusion de croire être un individu) arrive ou pas, Et la vie demeure ce qui est dans un cas comme dans l’autre.
    Amitié à tous les non-chercheurs car il savent que tout est infiniment donné à chaque instant que l’on en soit conscient ou pas!

  11. Bonjour Hervé,
    Tant que l’on croit au personnage, « il existe » et “l’identité vraie” est bafouée. Toutefois, nous avons le choix d’arrêter de croire, de souscrire, de conjuguer le personnage. Car le conjuguer, c’est déjà une volonté et un choix que nous avons posés et qui demeurent actifs dans l’identification. Si nous ne posons pas ce “premier choix”, alors, véritablement, il n’y a pas de choix, il n’y a pas un “second”, pas d’histoire avec. Mais le “savoir”, l’admettre n’est pas suffisant.
    Le choix dont je parle demande du courage et une soif particulière. C’est comme se saborder, se trahir (le personnage). C’est cela passer en « live ». C’est immédiatement laisser sa vision relative, conceptuelle avec toutes nos croyances, jusqu’à la réflexion qui est en train de se tramer pour être nu, entier, dépossédé, dans la Présence vive. L’éveil est spontané, ce n’est pas une théorie, quelque chose qui va arriver demain ou dans un “autre temps”. Nous sommes tout le temps « ici ». C’est « ici », en vérité, libre d’un choix, sans attendre, sans remettre, que l’on s’éveille.
    😉

    http://www.denismarie.fr/maxi/illusion-de-verite/eveil-de-l-illusion/

  12. En même temps, cher Denis, ne penses-tu pas que la question d’un choix ne peut que rester sans réponse ? choisit-on réellement d’entendre ou de ne pas entendre ce que tu dis ? choisit-on réellement de saborder le personnage ?
    S’il y a choix, ce sera alors un choix ‘inconscient’, innocent en quelque sorte, pas le choix du personnage en question car celui-ci ne peut que se prolonger lui-même…
    C’est plutot comme tu le dis une ‘soif’, ce que j’appellerais un « appel » du vrai, qui ne résonne totalement que dans la reconnaissance de notre toute-impossibilité à la réaliser… comme le dit Hervé, comme un dés-espoir non souffrant…
    c’est le Coeur de l’Univers entier qui s’ouvre dans chacune de nos petites cellules 🙂

  13. Bonjour Roselyne,
    Si je peux te donner mon sentiment, c’est qu’il ne faut pas oublier que le « personnage » n’est pas un « autre » c’est nous-même,
    et il arrive un moment où nous voyons vraiment le personnage jouer, c’est un choc qui le laisse sur place…
    Dans la Présence vive le personnage n’est plus crédible tout simplement.
    Nous choisissons de l’alimenter, de mettre des mots sur tout ce qui bouge…
    Il disparaît lorsqu’il est vu tel qu’il est … que du rêve… rien que l’imaginaire…
    Aucun mot ne peut plus troubler notre confiance en la Réalité… et on peut enfin se laisser aller librement dans les bras de la Vie !
    … pour moi, le désespoir a été de ne pas l’avoir vu si actif… et non de le voir !
    Le voir est l’éveil de notre Réalité.

    De tout coeur Roselyne.

  14. Merci pour votre réponse.
    Si quelqu’un vous suggère qu’il peut par ses conseils(faite le choix d’arrêter de croire, soyez courageux,…) vous amener à l’éveil, toujours présent ici et maintenant,alors passer tout simplement votre chemin.
    Ne voyez aucun esprit de polémique, ni d’argumentation, ni même d’intention quelconque dans cette réponse.
    S’il y a « choix », il se fait ou il ne se fait pas. Pas de pré requis (courage, soif particulière) necessaire pour que l’illusion passe au second plan. Maintenir l’idée que la fausse identité puisse faire ou non-faire pour Être est un non-sens qui la maintient en vie.
    L’acceptation ou pas de sa totale non consistance en tant qu’individu se fait ou pas. Totale impuissance désespérante et parfois expérience impersonnelle fugace ou pour certains définitive que tout est ….
    « Abandonnez plutôt la croyance que vous puissiez choisir quoi que ce soit. Si ce n’est que vous ne pouvez pas faire cela d’avantage. Jusqu’à ce que cela se produise (ou pas, et cela n’ a aucune importance). » Parsons
    Cher Denis quel a été votre choix lors de votre opération de vivre l’éveil ?
    Si la libération est vue, elle est vue. Si elle n’est pas vue; elle n’est pas vue; C’est ainsi.
    « Soit vous avez compris, soit vous n’avez pas compris, tant pis! » Upanishad cité par le père Henri Le Saux, dit Abishekananda.
    On ne sort jamais des tautologies, hormis si on se tait. Ce que je fais immédiatement pour retourner au silence toujours présent.
    Amitié à tous.
    RV

  15. A quoi bon faire un site internet, dans ce cas? A quoi bon faire des billet et un livre?
    Rien n’a d’importance dans le rêve, alors oui en effet à quoi bon?
    Amitié sincère.
    RV

  16. Cher RV,
    Je pense qu’il y a des interprétations qui ne correspondent pas à la réalité. En écoutant bien Denis, il ne dit pas qu’il nous amène à l’éveil, qu’il y a quelqu’un qui sera éveillé, il y a simplement un don de la présence qui s’exprime à travers lui.
    Soit nous basons notre vie sur des concepts (le non-égo, le non-choix…), soit sur la seule réalité qui soit : la présence. En elle, il n’y a aucune vérité verbale, aucune interprétation, conclusion, conceptualisation, discrimination, aucun avenir, personne à éveiller, à désillusionner, rien à comprendre, à authentifier.
    Es-tu si sûr par exemple que l’individu n’existe pas ? la vague est-elle sans existence ? N’es-tu pas existence ? Le choix en fait partie, comme le non-choix : des existants de l’existence. S’attacher à un seul côté des pôles d’opposés et fonder sa vie la-dessus, c’est passer à côté de la complétude du vivant. L’homme préfère toujours penser la réalité, nous sommes invités ici à nous dépouiller de tout ce qui n’est pas ici et maintenant : il est bon d’entendre des sages comme Denis qui se contentent de cela qui est.
    Amitié,
    Emmanuel

  17. Cher Emmanuel,
    tu as sans doute raison, j’ai du mal comprendre les propos de Denis, qui doit être « un sage qui se contente de cela qui est. »
    Il y a toujours eu trois types, trois niveaux de « discours » sur la non dualité comme l’a très bien écrit dennis Waite dans son ouvrage « L’advaita vedanta »:
    -le vedanta traditionnel de Shankara qui est une voix basée sur les textes sacrés et qui amène vers la Vérité de façon progressive.
    -La voix directe qui dit qu’il n’y a pas de progression mais qu’il y a juste à faire le choix de rester dans la présence comme le dit Denis.
    -Le neo-advaita de Parsons et d’autres où il n’y a rien à faire ou ne pas faire, ni même un choix, ni une soif , ni du courage.
    Ensuite chacun vibre vers l’un ou l’autre de ces discours et cela n’a aucune importance.
    Who care ?, comme disait Balsekar;
    Quant à l’individu, il apparait et disparait telle une vague minuscule sur l’océan infini de la Conscience. Le point de vue peut être celui de la vague ou de celui de l’océan. l’océan inclut toutes les vagues et bien plus.
    Mais pour reprendre Denis, à quoi bon tous ces discours?
    Aquoibonite, quand tu nous tiens!
    Amitié sincère.
    RV

  18. Comme je l’ai précisé dans « A propos de se blog » (dans la marge), ce site n’est pas celui des polémiques. Je précise qu’il n’est pas non plus celui de l’intolérance et du non-respect. Nous avons droit d’avoir nos convictions, cela implique de respecter celles des autres sans chercher à imposer les siennes.
    De par le monde, il existe de nombreuses voies spirituelles et bien qu’elles partagent un but, certaines valeurs et des fondements communs, dans leur expression relative elles divergent et proposent parfois des approches opposées. Il est important de bien les connaître pour se permettre d’émettre quelque jugement.
    Merci d’éviter tout prosélytisme et toute propagande des autres maitres. Il existe de nombreux sites où ils ont leur tribune, d’autres forums où l’on peut discuter, comparer et opposer différentes vues.
    A bon entendeur…

  19. Seulement » Voir » , sans commenter
    « sans commenter » est de trop.
    « Voir » ……et si des commentaires apparaissent, alors Voir ces apparitions naître, se développer et disparaître.

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