Avant tout, nous sommes

Notre Nature ne provient pas de nous, c’est nous qui provenons de notre Nature. C’est cela qui doit être reconnu. C’est une question de sincérité et d’humilité.

Que nous soyons silencieux ou bruyants, actifs ou passifs, confortables ou inconfortables… nous ne cessons d’être l’expression de la Nature. S’attacher à une forme, à un état plus qu’à un autre, c’est la plupart du temps ne plus vivre cette appartenance commune. C’est toujours croire que nous avons un quelconque pouvoir, une quelconque possibilité, d’être plus ou moins dans notre Nature, d’en être plus ou moins différents. C’est par cette croyance et notre réaction que l’illusion de prolonge. Nous nous fions à nos sensations, mais qu’elles soient agréables ou désagréables, elles ne nous qualifient ni ne nous disqualifient. Dans l’harmonieux et le dysharmonieux, avant tout, nous sommes. Notre êtreté est sans discontinuité. Nous n’allons pas devenir constants. Nous le sommes et le demeurons de par notre Nature. Le sable du château est aussi vrai lorsqu’il est érigé, que lorsqu’il est en ruine.

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De forme en forme

Quoi que nous pensons de nous, positif ou négatif, en termes d’aptitude ou d’inaptitude, nous “Sommes” et conservons notre appartenance à la vérité. Depuis notre confusion, ce n’est pas un “état” ou une “compréhension” que nous devons atteindre, mais Voir et vivre la Nature de ce que nous sommes. Les compréhensions et les états que nous pouvons gagner sont aussi ceux que nous pouvons perdre. La vérité de la Nature renferme tous les états, manifestés et non manifestés. Si tout état est vrai en Nature, il est superflu d’en changer pour réaliser la Nature. Il en ressort la vanité d’un but et d’une recherche, qui nous ouvre à l’évidence et à une vacance naturelle.

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Nature constante et immuable

Fragmenté en mille morceaux, le miroir reste un miroir dans chacun des morceaux.
Par identification, nous donnons de l’importance et une préférence aux “formes” relatives et changeantes, alors que c’est dans le “fond” que réside la Nature constante et immuable.

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Note : À la source de toute manifestation, il y a un éclat premier, une ouverture, une qualité spacieuse et indicible. Cela est direct et constant. Cela ne résulte pas d’un “faire”.
L’illusion que nous connaissons vient de retenir ce qui s’élève dans cette ouverture et d’oublier cet éclat qui le rend possible.
Cela est comparable au fait de se focaliser sur le jeu des reflets et d’oublier l’eau sur laquelle ils apparaissent.
S’il y a reflet, cela signifie qu’obligatoirement il y a eau ; la nature qui les rend possibles.
C’est à travers une détente que nous passons de “l’expression” à la “source”, de nos “états” d’esprit à leur “nature”.
En relâchant l’attraction, en oubliant la logique conceptuelle et ses enjeux, nous permettons que s’ouvre notre regard à la vue spontanée et illimitée.
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Écouter et entendre

Être dans l’écoute, ce n’est pas écouter mieux ou écouter davantage. Nous n’allons pas devenir ce que déjà nous sommes. Voyez en vous et tout autour comment s’actualise constamment le renouveau de la vie, dans sa fraîcheur et son éclat virginal. Être dans l’écoute, c’est permettre “cela”, être à “cela” qui entend. Habituellement, l’esprit s’emploie à analyser et à décrypter ce qui survient dans l’instant, ainsi que ses propres réactions… À présent, quel est le cœur, quel est “cela” qui les reçoit et qui les vit en définitive ?

L’écoute est une adhésion par le repos, en confiance avec le mouvement naturel. Spontanément, lorsque nous ne les retenons pas, nos constructions, nos solidifications mentales, se résorbent en leur propre nature, pareil aux vagues dans l’océan. Constamment, l’illusion, l’apparence, s’épuise laissant place à nouveau à la Présence originelle et immuable que, par-delà les formes, nous ne cessons jamais d’être.

La vision nue

Il y a une nature, une présence première, qui reste première. Quoi que l’on fasse, quoi que l’on manipule, elle reste première. Ce n’est donc pas une manipulation qui va faire qu’elle le devienne, puisqu’elle est déjà première. Ce n’est pas non plus une manipulation qui va faire qu’elle ne le soit plus, puisque sans cette primauté il n’y a rien à manipuler.

Si nous prenons une feuille de papier et que nous la manipulons ; elle reste du papier. Par exemple, nous pouvons en faire une boulette, une cocotte, un bateau, une fusée, etc. Que nous construisions, que nous détruisions, ce n’est que du papier qui ne devient pas “autre chose”.

La vision nue est un “Voir” direct. C’est “Voir” le papier, “Voir” la continuité de la Nature dans toutes ses formes. Aussi, ce n’est pas une manipulation, qui va nous le révéler. C’est ce Voir spontané, fidèle, honnête, qui nous ouvre à cette unité fondamentale. Nous demeurons indifférenciés par-delà les changements et les formes successives. Il y a un regard “héroïque”, originel, autosurgissant, qui ne connaît pas de “second” dans lequel s’oublier, s’impliquer et s’illusionner.

Inspiré par le texte “Autolibération par la vision nue de la nature de l’esprit” de Padmashambava

Être son propre obstacle

S’éveiller c’est revenir chez soi. Je devrais dire : se “retrouver” chez soi. L’instant d’avant, nous étions encore dans une histoire. Nous étions identifiés à nos idées, à nos théories…

“Cela qui est” ne dépend pas de la pensée. Le réaliser entièrement nous fait passer de la forme au fond, du “poing à la main”. Se mettre en “live” permet d’entreprendre ce “passage”. Nous pouvons faire des interruptions dans notre histoire. Cependant, ce qui nous libère réellement, c’est de voir et de reconnaître que la forme qui nous retient n’est que notre création. L’histoire en laquelle nous croyons n’a pas de solidité. Elle est comme un mythe. Elle est une représentation mentale, un discours que l’on se raconte. Nul autre que nous-même ne nous retient. Il est difficile de concevoir que nous puissions être à la fois geôliers et prisonniers.

En “cela qui est”, nous sommes ici, dans cet instant, nulle part ailleurs, ni dans une quelconque construction de l’esprit.

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Note : Bien sûr, le but n’est pas de s’accabler. Il est au contraire de réaliser la bonne nouvelle que véhicule cette information. Si nous sommes notre propre obstacle, alors, il nous appartient de cesser de l’être.

Il n’y a pas d’excuses à trouver, puisque cela ne provient pas de “l’extérieur”. Nous n’avons pas, non plus, à nous battre contre l’un de nos aspects “rebelle” ou “négative”. Ce que nous considérons comme négatif n’est pas “autre” et prend place dans la vérité. Par-delà les apparences et les jugements, nous demeurons dans une unicité où il n’y a jamais eu deux. Ce n’est que dans notre regard illusionné que cela à pris forme.

Toute notion de séparation et de division n’a toujours été que symbolique. Sur l’Ouverture, nous projetons ces visions antagonistes soutenues par un discours diviseur ou rassembleur. Elles n’ont jamais eu d’autre “réalité” que celle issue de la croyance que nous leur prêtons.

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Ce en quoi reposer

Connaissez-vous la saveur de votre Nature ? Je parle d’une saveur et non d’une définition, car cette “connaissance” n’est pas d’ordre intellectuel, mais de nature expérientielle.

Il ne sert pas à grand-chose d’avoir des “connaissances” sur l’équilibre si l’on ne sait pas comment le trouver. Toutefois, lorsque l’on y a “goûté”, ce n’est pas très difficile d’y revenir.

Savez-vous en quoi, à quoi revenir ? Savez-vous en quoi reposer ? “Voir” que l’on peut tenir sans rien, sans artifices, c’est le savoir. C’est une adhésion confiante ; la détente de la forme en le fond. C’est une transmission, un cadeau de vie.

Laisser tout tomber…

Laissez tout tomber… jusqu’à laisser tomber “le fait de laisser tomber”, ainsi que toutes les stratégies d’évitement. Il est important que plus une seule projection ne vous encombre, ne vous accapare. Videz tout votre sac, comme vous le feriez sous le regard d’un douanier tatillon, afin de lui confirmer que plus rien ne s’y trouve, et qu’ainsi, il le voit parfaitement vide.

Afin de découvrir notre Nature et d’en faire l’expérience concrète, nous devons nous dépouiller de tous nos états, ne retenir aucune forme, aucune posture. C’est dans une détente totale, dans le relâchement de toutes nos constructions que nous pouvons réaliser ce qui est libre d’élaboration ; la Nature fondamentale à laquelle nous appartenons.

Tout lâcher peut se résumer au fait de se lâcher soi.. En relâchant la seule saisie de nous-mêmes, de “celui” qui retient, tout est libéré de surcroît. Ainsi, nous vivons concrètement “ce qui est”, “tel que c’est”, la pure Présence. Toutefois, nous réalisons proportionnellement à ce que nous lâchons. C’est lorsque le lâchage est entier que se désamorce le jeu duel et qu’ainsi apparaît et s’impose “cela” qui tient de lui-même. Ce faisant, nous sommes affranchis de la vision conceptuelle. Il n’y a plus “ici” et “là-bas”, plus de quête. Dans l’unique instant, nous sommes libres de toute histoire entre un “sujet” et un “objet”. La Présence vive s’impose et se trouve magnifiée.

Du mortel à l'éternel

Heureusement que le monde illusoire est impermanent. Ainsi, par l’usure et la destruction, par le vieillissement et la mort, nous pouvons reconnaître l’éternité en laquelle toute forme vient et repart.

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… Quand nous échouons, il nous faut bien comprendre que ce n’est pas nous qui échouons, mais notre aspect illusionné. En vérité, c’est l’échec de l’illusion. Notre esprit échoue, Dieu merci ! Sinon, nous ne pourrions jamais lui échapper. Bien qu’il échoue, notre identification à lui est telle que cela nous empêche de réaliser l’ouverture qui se trouve ainsi recréée. Dans notre réaction, alors que nos constructions s’écroulent, nous nous empressons de rebâtir de suite en oubliant de tirer les vraies leçons, tant il est vital pour nous de réussir. Réussir n’est pas mauvais en soi, mais il est probable que l’idée que nous nous en faisons ne soit pas juste. (L’éveil ordinaire, page 128)

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L'absolu de l'absolu

“C’est fini !” Je dis cela à l’égard du “personnage” qui cherche continuellement à rajouter une couche, ou bien à en retirer une. Ce cher personnage, il a tellement d’espoir, de volonté d’y arriver… Lorsque je dis “c’est fini”, comprenez que c’est parce que nous tendons tellement vers une “autre” vérité que celle-ci où nous sommes et dont nous faisons partie. Qu’est-ce qui ne va pas avec ce maintenant qui est là ?

Cet instant ne change que dans sa forme, dans son apparence. En réalité, il s’agit du même. Tout comme c’est le même ciel qui s’assombrit, se zèbre d’éclairs, se met à pleuvoir, à neiger, à s’éclaircir… Voyez comme ça bouge, ça change en permanence à l’extérieur, comme à l’intérieur… Pourtant, vous ne bougez pas, vous êtes constamment ici. La Nature absolue comporte un aspect relatif, à l’instar de l’eau avec ses reflets et ses mouvements. Nous ne reconnaissons que cet aspect. Notre personnage cherche l’Être, le Soi, parce qu’il se pense différent. À travers lui, nous pouvons penser et aussi ressentir tellement de choses. Cependant, tout ceci est l’expression relative d’une Nature absolue. L’êtreté n’a pas besoin d’être pensée. Elle est spontanément Présence-Vie.

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Note : Symbolisons notre Être par un téléviseur et notre mental par les programmes qu’il diffuse.

Le programme peut être pourri ou excellent, le téléviseur va bien dans tous les cas.

Dans tous les cas, il y a d’abord un téléviseur (le fini) qui permet des programmes (le relatif).

La Nature absolue, comme l’eau, le ciel, l’être, demeure une ouverture immuable.

Les pensées, les reflets, les climats, s’élèvent et alternent, pourtant, ils ne changent en rien l’espace, la Nature d’où ils proviennent.

Le ciel ne se définit pas en fonction des variations du temps. Il en va de même de notre Être.

Apparaissant en lui, ce n’est qu’un “programme”, qu’une pensée relative qui juge et colle une étiquette ![/quote]