S'oublier pour se trouver

Il s’agit de se détendre, de s’appuyer, afin de s’accueillir dans “ce qui reste”. C’est précisément l’appui, le fait de s’en remettre, qui révèle “ce qui reste”. C’est probablement un acte de foi. En dernier lieu, il ne peut rester que la Nature, l’origine, le non-né, l’essentiel.

Nos idées, nos sentiments, nos certitudes, vont et viennent au cœur de l’instant. Cependant, la Présence naturelle demeure immuable comme le ciel. Depuis toujours elle nous porte. Aussi, tout ce que nous-mêmes pouvons porter, c’est grâce à elle.

Ciel originel

Il existe une ouverture initiale depuis laquelle nous entreprenons tout, des plus petites aux plus importantes choses. Un Ciel sans lequel rien n’est possible. Telle une base fondamentale, il précède tout, tout le temps. Que nous soyons justes ou injustes, en réussite ou en échec. Quelle que soit la situation et comment nous la qualifions, il ne dépend pas d’elle. Il n’y a donc aucun état particulier à attendre, aucune condition requise pour y prétendre. Tout ce que nous opposons et argumentons confirme avant tout son existence. Il est pareil à l’écran de cinéma sans lequel aucun film, aucune histoire, n’aurait de support pour apparaître. 

Se laisser rejoindre

C’est par une détente intime, le relâchement d’une tension, que nous contactons l’identité naturelle.

C’est un “mouvement”, un retour au cœur, généré par la confiance.

Le jeu et le masque ont perdu leur attrait, ainsi que leur intérêt.

Il n’y a rien à défendre, rien à gagner, rien à prouver.

À présent, nous vivons l’unicité plutôt que d’en parler.

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Du rêve à la réalité

Généralement nous zappons d’une pensée à l’autre. Cependant, savons-nous zapper du mental lui-même ? Ce qui pourrait concrètement nous libérer dans notre démarche pour la vérité, c’est de changer notre “référentiel”. Si malgré tous nos efforts nous demeurons illusionnés, c’est parce que toutes nos tentatives sont également illusoires. Elles appartiennent à la même illusion. Nous sommes en quelque sorte à creuser un tunnel imaginaire pour nous évader d’une prison imaginaire. Ainsi, nous ne faisons que modifier le scénario de notre rêve.

Le changement de référentiel est un changement total de paradigme ; celui du personnage à l’être. C’est le passage du monde des idées au monde réel. Ce qui correspond au fait de passer du flot des pensées à leur nature. Au lieu de nous cantonner au bavardage mental avec ses théories, ses connaissances, ses décisions, ses jeux symboliques, nous pouvons contacter et vivre le monde tel qu’il est, intrinsèquement. Il nous est possible de recontacter sa nature originelle autant de fois qu’il est nécessaire, autant de fois que nous l’oublions.

La subtilité étant que la référence n’est pas extérieure ou différente de nous. Par-delà les formes et les états successifs, nous sommes la Nature indivisible et inchangée. En elle, nous sommes le référentiel originel. Il s’agit d’oublier toutes nos considérations intellectuelles au point que “changer” ne soit plus qu’une idée vide.

Lâchez-vous… Libérez la saisie de vous… Accordez-vous une détente totale, une ouverture propice à l’évidence. Ainsi vous trouverez “ce qui reste”, et auquel vous appartenez. Vous constaterez que tout état, toute conscience et toute projection sont contenus en la Présence-clarté initiale qui s’actualise spontanément.

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Note : Qui prend la décision ? Probablement le personnage. Mais cela importe peu, puisqu’il n’existe pas vraiment ! Tout reflet appartient à l’eau. Ils en ont la nature. Chercher à éviter que le personnage prenne des décisions, c’est encore lui accorder, ou s’accorder, beaucoup d’importance. L’éveil est plus qu’une démystification du “personnage”. Il trouve son ampleur du fait de réaliser l’inertie de notre sommeil, de notre confusion, de notre autisme, en proie au monde imaginaire et sans limites des projections mentales.

Le point c’est de cesser d’entretenir notre “système”, de permettre que se désamorce la fascination du miroir.

Note II : Si nous en sommes ; nous y sommes ! …

Notre bavardage mental n’affecte pas la vérité, pas plus qu’une radio n’affecte la pièce où elle diffuse. C’est pour cela que la réalité est une expérience qui se “savoure” à travers le corps-esprit, plutôt qu’une notion à “comprendre”, à saisir par l’intelligence. Notre investissement mental s’arrête, précisément, lorsqu’il a “compris” et admis que cela ne peut pas dépendre de lui. Dès lors, le mental est perçu comme un attribut, une simple fonction de la Nature. C’est depuis ce constat que nous nous “lâchons” et contactons l’Être en tombant dans sa simplicité, dans sa Présence-clarté. C’était ici, seulement nous ne le prenions pas en compte, puisqu’il est impossible de l’appréhender par une logique mentale.

En cela, il y a une sorte de dénouement redoutable qui nous précipite dans le réel.

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La vision nue

Il y a une nature, une présence première, qui reste première. Quoi que l’on fasse, quoi que l’on manipule, elle reste première. Ce n’est donc pas une manipulation qui va faire qu’elle le devienne, puisqu’elle est déjà première. Ce n’est pas non plus une manipulation qui va faire qu’elle ne le soit plus, puisque sans cette primauté il n’y a rien à manipuler.

Si nous prenons une feuille de papier et que nous la manipulons ; elle reste du papier. Par exemple, nous pouvons en faire une boulette, une cocotte, un bateau, une fusée, etc. Que nous construisions, que nous détruisions, ce n’est que du papier qui ne devient pas “autre chose”.

La vision nue est un “Voir” direct. C’est “Voir” le papier, “Voir” la continuité de la Nature dans toutes ses formes. Aussi, ce n’est pas une manipulation, qui va nous le révéler. C’est ce Voir spontané, fidèle, honnête, qui nous ouvre à cette unité fondamentale. Nous demeurons indifférenciés par-delà les changements et les formes successives. Il y a un regard “héroïque”, originel, autosurgissant, qui ne connaît pas de “second” dans lequel s’oublier, s’impliquer et s’illusionner.

Inspiré par le texte “Autolibération par la vision nue de la nature de l’esprit” de Padmashambava

Arrêter d'être “spécial”

Si nous pouvons fermer la main, nous pouvons aussi l’ouvrir. Si nous pouvons masquer nos yeux avec les mains, nous pouvons aussi les retirer. Aujourd’hui, dans notre attitude illusionnée, c’est une idée, une croyance, une forme mentale, que nous avons placée sur notre conscience.

Nous ne sommes pas tous illusionnés de la même façon, parce que c’est chacun qui crée son illusion. Cela a commencé dans notre plus tendre enfance. Nous nous sommes détournés de l’innocence afin de nous conformer, afin de nous intégrer et parvenir à devenir une “personne”. Peut-on vraiment devenir autre chose ? Nous pouvons développer cette croyance. Cependant, l’illusion se conjugue au présent. Elle n’a pas d’existence concrète. Elle est comme un rôle qui doit être joué et déclamé encore pour prendre forme. Bien que nous soyons conditionnés, programmés, à tout moment nous pouvons relâcher cette logique, laisser le costume, afin d’être “simplement”, au contact de notre identité naturelle.

S’illusionner réclame un effort. C’est comme imposer une posture à notre corps alors qu’il en est libre.