Ouvrir les cinémas

Ne changez pas de “film”, ouvrez le “cinéma”… Bougez au bon endroit !

Toutes les remises en question, les changements que nous avons faits jusqu’ici se sont produits dans la sphère de l’illusion. Nous avons changé d’illusion, mais nous n’avons pas mis au jour la mécanique de l’illusionnement.

Parce que nous nous détournons du concret, l’illusion, l’imagination, trouve les conditions qui lui permettent de s’imposer. Il faut de l’obscurité pour que le cinéma fonctionne. Aussi, préférez tirer les rideaux, ouvrir les volets, lever les paupières, afin que la lumière entre. Ainsi, l’image sur l’écran s’affadira et perdra naturellement sa force attractive.

Nous ne sommes pas “dans” l’illusion. Nous maintenons l’illusionnement. Les erreurs restent des erreurs parce que nous les considérons comme telles. À la base, il n’y a que la Nature, le flux du vivant, qui apparaît tantôt clair, tantôt sombre, comme l’alternance du jour et la nuit. La Présence est immuable. Elle est à l’image du ciel qui permet toutes les variations de climats possibles sans jamais les devenir.

7 réponses sur “Ouvrir les cinémas”

  1. Merci Cher Denis,
    Plus on vit dans le concret de la présence (corps, souffle, vent, nourritures, lumières, vibrations, caresses…), plus les illusions se révèlent abstraites, illusoires !, nuages dans le Ciel, nuages du Ciel, Ciel de nuages, goutellettes qui se brises sur le falaises de la présence… Ainsi, ancrés dans l’instant, les illusions font elles-mêmes parties du flux du vivant, des vents glissants.
    Chaleureusement,
    Emmanuel

  2. Cher Denis, cela m’interpelle beaucoup cette métaphore!

    Surtout depuis qu’un jour, dans un état modifié de conscience, je me suis vue, seule, assise dans une salle de cinéma. Au lieu de regarder l’écran devant moi, je me suis retournée vers la source du faisceau lumineux et j’ai décidé d’aller voir là-haut:: dans cette pièce exigue, j’ai « débusqué » un homme: le projectionniste (point interessant: il avait l’air géné que je l’ai trouvé!!!)…nous avons discuté des bobines de films qui étaient empilées par terre dans un coin, poussiereuses. L’endroit etait sans couleur, plutot gris comme cet homme impliqué dans cette tache ennuyeuse.
    Je lui ai demandé alors qu’elle bobine il avait mis: il a dit l’avant-dernière. Je ne me souviens plus d’autres détails mais cette rencontre m’a fortement impressionnée.
    Ce reve éveillé a « mis au jour cette mécanique de l’illusionnement »… alors, Denis, qu’a-t-il manqué pour que je « percute » vraiment?
    Jeu: Peux-tu proposer la suite du scénario?
    A/ je demande au projectionniste de sortir: mais suis-je capable d’assurer la projection?(ou je deviens témoin du monde sans « ma » projection?
    B/ Je réalise que je suis le projectionniste, du coup il disparait mais que reste-t-il?…je choisis quoi comme « projection »?
    C/ Je lui demande de mettre la dernière bobine ou je me vois te poser la question et c’est ta réponse qui explique enfin toute cette affaire de projections!!!!…Comment faire entrer plus de Lumière?…je me plais à imaginer la lumière du faisceau dirigé sur l’écran qui’ s’élargit et éclaire tellement le cinéma que l’écran aussi s’estompe et tout devient cinéma ou réalité…

  3. Merci Sophie pour ce commentaire qui reprend le thème de la métaphore utilisée.
    Je m’attendais à te faire une réponse plus élaborée. Cependant, je reste sur les  premiers mots qui me sont venus :  L’illusion n’est qu’illusion. 
    😉

  4. « Nous ne sommes pas dans l illusion nous maintenons l illusionnement. »
    Cette phrase a un fort impact sur moi.
    Pourquoi esquivons nous la réalité? Pourquoi avons nous peur de cette liberté? Et comment peut s évanouir cette peur?
    Merci Denis encore pour ce bulletin.

  5. Bonjour Nicolas,

    Nous croyons qu’il nous faut devenir “quelqu’un”.

    Nous sommes poussés dans un personnage.

    Nous le construisons, nous nous y identifions, nous le défendons…

    Aussi, c’est très jeune que nous habillons et que nous oublions notre identité originelle.

    Nous (le personnage) avons peur parce que nous ne savons pas ce qu’il y a derrière le masque.

    Pourtant, n’est-ce pas le visage qui sous-tend le masque ? 🙂

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