Plonger dans le “Grand Bleu”

Il y avait dans ce reportage à la TV, une religieuse qui témoignait à propos de sa pratique. Parlant de la prière, elle disait : « Prier, c’est plonger en Dieu. » Cette formule m’a beaucoup frappé. Ce qui est intéressant, c’est le caractère actif et déterminé de la démarche. Dans ce cas, ce qui est mis en avant n’est pas un “abandon” ou une méditation “passive”, comme il est souvent question. Il est probable que ce soit le Moi illusionné qui, au départ, s’élance dans l’aventure. Mais qu’importe, l’aspect entier et abrupt de la “descente” la rend redoutable. Au minimum, on ressort “mouillé” et “rafraîchi”. Ces plongées dans l’absolu se font à la mesure de notre soif. Elles vous laissent une saveur qui vous transforme à jamais.

[quote align= »left » color= »#999999″]

Notes : Il y a des “faires” qui prolongent l’illusion et il y en a d’autres qui permettent de la dépasser.

Nous savons aussi que le “ne pas faire” peut également devenir un “faire”.

Bien que “fond” et “forme” soient un, du point de vue illusionné nous sommes enclins à les opposer.

Nous pensons que la “forme” créer un problème avec le “fond”. J’ai parlé de la dualité dans plusieurs billets, comme dans “Château en sable”.

Il n’y a pas de réelle dualité, mais une croyance en une séparation en un second. C’est pour cela que vouloir agir contre revient souvent à la renforcer.

Pour invalider cette croyance, il y a une attitude (une sobriété) qui consiste à ne pas la conjuguer, à ne pas l’alimenter de façon qu’elle s’épuise et que le jeu tombe, révélant ainsi la Nature absolue.

La seconde approche, plus active, consiste à “dépasser” la forme pour contacter le fond. Intellectuellement, nous savons que la forme est le fond et que le fond est la forme. Il s’agit d’utiliser la forme comme d’un tremplin. Le tremplin appartient au relatif, à la terre, cependant, il a la capacité de nous pousser vers le ciel, vers l’absolu. “Plonger” dans ce cas, est une forme absolue, une “forme tremplin”, qui nous permet de nous élever au-delà des croyances, de les invalider.

[/quote]

26 réponses sur “Plonger dans le “Grand Bleu””

  1. Merci, Denis, pour ce Grand Bleu. Plonger reste, certes, encore une soif. Mais quel désir de plonger, d’oublier le moi dans ce grand bleu, pure lumière tranparente, sans limite!

  2. Denis tu dis: « Ce qui est intéressant, c’est le caractère actif et déterminé de la démarche. Dans ce cas, ce qui est mis en avant n’est pas un “abandon” ou une méditation “passive”, comme il est souvent question »

    Peux tu éclairer ces propos. Car ce billet sur « plonger dans le grand bleu » est très parlant et touche là quelque chose qui pour moi mérite d’être approfondi…..Merci à toi et bonne journée à tous!

  3. N’importe quel situation comme un sourire , une musique, une situation ,une rencontre, une phrase, comme pour moi ( foudroyé d’amour) ma plongé un petit moment dans ce ciel absolu ou l’amour règne, maintenant ! c’est maintenant là! comme tu le dis si bien .

  4. Hello tout le monde .

    Ah ! La question sensible du « faire »!Du « qui » fait ?

    Evidemment, un peu de douceur avec soi-même rafraîchit l’aridité d’un des postulats de la recherche,qui peut vite tourner en concept métaphysique  » Tout se fait sans personne impliqué dans ce mouvement » .Il se peut que la prière , la pratique , le plongeon se fasse.

    Tel un mouvement , une vibration .

    Mais qui dit que la pratique de cette religieuse soit la sienne propre,et qu’un individu à l’autre bout de la planète ne soit pas impliqué dans cette prière *sans le savoir * ?

    J’ai la sensation que quand il y a ouverture,question ouverte (« et si…? ») , qu’on le « veuille » ou non , l’appel du plongeoir se manifeste 😉

  5. … « Plonger dans le Grand Bleu « …

    Cette phrase touche notre cœur au plus intime…

    Elle fait vibrer la note Sacré du désir d’ Être…

    Comme une réponse à l’appel profond de la Vie en nous, elle éveille notre ressenti, par l’expérience directe et silencieuse de l’essence des mots…

    Merci Denis, de tout cœur.

  6. Denis tu dis dans le billet sur « château en sable » : « Aucune intention, aucune manipulation ne sont requises pour cette vérité. Comment pourrions-nous unifier ce qui en nature est indivisible ? »

    – Sur ce point il n’y a rien à dire la forme est le fond et le fond s’exprime à travers la forme, là pour moi c’est ok ! !

    Mais quand tu dis : « Il s’agit d’utiliser la forme comme d’un tremplin. Le tremplin appartient au relatif, à la terre, cependant, il a la capacité de nous pousser vers le ciel, vers l’absolu. “Plonger” dans ce cas, est une forme absolue, une “forme tremplin”, qui nous permet de nous élever au-delà des croyances, de les invalider. »

    – je dirai que dans l’exemple de cette religieuse, cela s’exprime en elle comme c’est ! Mais pour moi il n’y aucun rapport entre l’effet de sa pratique et ce qu’on est !

    Je ne crois pas « au tremplin »…. Car ce tremplin ramène toujours au point zéro, à la reconnaissance de la faillite de l’histoire, tremplin y compris, une manipulation de plus c’est tout ! Plonger pour moi n’est pas de l’ordre d’un quelconque vouloir personnel !

    Certain ont plonger sans un quelconque cheminement ou utilisation de la forme…pour !

    Pour moi c’est une croyance de l’histoire que « nous » pourrions plonger !

    Sur ce point il y a une attente cachée, un faire subtil qui mène encore et encore à l’échec de l’histoire ! Il y a pour moi dans ce « voir » quelque chose « qui est tranquille », rester tranquille, ici, suffit, je ne vois aucune nécessité d’un mouvement vers un plongeon …..car nous sommes déjà, là avant le plongeon c’est simplement ce qui s’éclaire en moi!

    Peut être que je me leurre…

    Je reste donc à l’écoute de l’écho Denis pour éclairer l’écho vincent (sourire)…merci

  7. Lorsque la source s’authentifie

    S’actualise Ici

    La soif est douce et naturelle

    La Vie qui se réjouit d’elle-même

    Plonger est le mouvement d’évidence

    Du contact au Désir primordial

    Immersion en la profondeur alchimique

    De fondre en Dieu

    Merci Denis, et à tous

  8. Bonjour Cher Vincent,

    Dans le “château en sable”, je donne une vision de l’approche absolue et dans « plonger dans le Grand Bleu” une vision relative. Il ne s’agit pas d’opposer les deux, mais plutôt de voir comment chacune d’elles se complète, ne faisant qu’Un. D’une façon différente, c’est ce dont je parle sur l’une des vidéos à propos de l’art.

    La connaissance qui nous libère est expérientielle. Elle tient dans une démystification où toutes les formes sont reconnues comme l’expression de l’absolu, comme autant de “tremplins” ou de “renvoi”. Le terme tremplin peut prendre un sens différent selon notre réalisation. Ça peut être un simple mouvement de gratitude. L’absolu n’est pas statique, mais il est dynamique. À aucun moment nous ne pouvons dire que nous y sommes. Encore nous y arrivons… Encore, telle une source il jaillit dans un renouveau, dans l’émergence de l’instant.

  9. Merci Denis de cet éclaircissement. « I Ça peut être un simple mouvement de gratitude. L’absolu n’est pas statique, mais il est dynamique. » tout à fait, je saisis mieux le sens que tu donnes au mot  » tremplin » dans ton explication Car ce sens me parle mieux , il est vivant !

    Et prend toutes les formes comme reconnaissance de l’absolu.

    Merci bonne journée à tous!

  10. avec Claude Nougaro :

    « J’ai plongé dans la vie

    En sortant de ma mère

    J’ai plongé dans la vie

    J’ai plongé dans la mer

    Schplaouch ! »

  11. peut être que la mer absorbe la vague et se reconnaît comme l’eau! Que de l’eau!

    Qui peut dire « j’ai plongé »……….? ça plonge certes….. mais seule la source se reconnaît, j’ai cessé de croire en « un faire » ou un « ne pas faire »……… d’ailleurs la Vie témoigne d’une liberté sans condition pour être. Elle se joue comme elle se joue et se fout pas mal de nos calculs, attentes, espoirs, désespoirs faire ou pas faire pour être et aussi de « notre plongée »….il me semble que cela aussi est « une prétention » qui n’appartient à personne! Quand celle ci met fin au « jeu » elle met du même du coup fin à la prétention d’un quelqu’un qui y met fin! une prétention rêvée dans un rêve! :o) Processus où toute volonté personnelle qui n’est qu’un leurre! Laisser être et rester tranquille est notre nature, confiance en ce que nous sommes au delà de nos croyances et pensées cela « s’occupe fort bien d’elle -même » elle sait mieux que nous ce qui se fait, le reste de l’agitation!……..

  12. Bonjour Vincent, bonjour Jean-Claude,

    “Laisser être et rester tranquille”, voilà ta manière de “plonger” Vincent. Ce “laisser être et rester tranquille” n’est pas pour lui-même. C’est une attitude qui appartient à Vincent, mais qui ne produit pas du “Vincent”. Il y a une façon d’ouvrir la forme pour Voir le fond. Ce n’est pas la “forme” qui veut obtenir le “fond”. C’est le “fond” qui se proclame nature de toutes les “formes”. Ce n’est pas le sable “tout court”, mais aussi en château… etc.

  13. On peut poser le regard sur un arbre, une maison,

    une fleur, un visage…

    Cela indiffère l’arbre la maison,

    la fleur, le visage que nous posions

    le regard sur eux … Mais…

    L’espace crée ainsi,

    est la Réalité expérimentée d’unité.

    C’est en cet espace vierge que se goûte,

    la Relation silencieuse…

    C’est en cet espace tranquille,

    que se découvre l’absence d’ intention…

    Cet espace Sacré est  » Contemplation »…

    Cet espace Sacré est  » plongeon »…

  14. OK Denis « Ce “laisser être et rester tranquille” n’est pas pour lui-même. » C’est clair, je vois ce que tu exprimes! Cela m’a fait sourire. Très très juste ce « C’est une attitude qui appartient à Vincent, mais qui ne produit pas du “Vincent”. » Vraiment magnifique de clarté et le com. d’Irina le complète avec une petite phrase « C’est en cet espace tranquille,

    que se découvre l’absence d’ intention…Cet espace Sacré est » plongeon »…

    très beau, très beau…merci à vous deux!

  15. un haïku avec Bashô :

    un vieil étang

    une grenouille plonge

    le bruit de l’eau

  16. Je tiens à te remercier Denis d’avoir mis l’accent sur cette partie

    « d’utiliser la forme comme d’un tremplin…….. Ce qui est intéressant, c’est le caractère actif et déterminé de la démarche. »

    -Ce petit billet, révèle toute la profondeur de cette « soif » où il n’y a aucune opposition du fond et de la forme mais simplement une participation dynamique du fond lui-même dans la forme qui n’est « ni un faire ni un ne pas faire » mais réellement le « plongeon « de soi en Soi » ! En fait il s’agit du Désir premier qui plonge en lui-même.

    Merci de ce billet « révélateur » qui éclaire une apparente contradiction qui n’en est pas une, mais une simple reconnaissance dynamique de « ce parfum » de nous même, une célébration active du fond qui s’exprime dans toutes les formes.

    « Le tremplin appartient au relatif, à la terre, cependant, il a la capacité de nous pousser vers le ciel, vers l’absolu. »

    Merveilleux, vraiment merci !

  17. Merci Vincent,

    Oui, c’est intéressant, pour ne pas dire excitant !

    Ici, il y a une relecture possible de notre désir, de notre intention. Ce n’est pas “moi” qui ai soif, mais le divin qui à soif en (de) “moi”.

    Bon dimanche à tous

  18. tout à fait, « excitant » est le bon mot, un unique Désir, soi de Soi! Il n’y a que cela en fait? le divin de désirant lui-même. Le vivant se vivant dans la dynamique de la forme sans aucune opposition, une célébration « à vivre »!

    merci et bon dimanche à tous!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.