Se prendre pour

La relation avec l’aspect illusionné

Le mental n’est pas “quelqu’un”, de même qu’il n’est pas “autre”. Il s’agit d’un outil, d’une fonction que nous détenons. C’est comme le miroir que nous utilisons pour nous apprêter. Le reflet qu’il nous renvoie est vide. Il en va de même pour notre personnage. Il ne s’agit que d’une idée. L’illusion, ce n’est qu’une idée qui se gêne elle-même, et qui décide de se mettre en quête d’une solution en recherchant la vérité. Mais de quoi parlons-nous ??? C’est aussi cette idée qui veut rester dans “l’observateur” et qui tente d’éviter de “s’impliquer”…  Cela paraît logique du fait de notre identification. Aussi, c’est l’écueil que nous devrions éviter afin de ne pas mettre l’illusion sur le chemin de l’éveil.  

Fondamentalement, il n’y a même pas besoin de défaire cette identification. Il ne s’agit que d’une IDENTIFICATION. “Se prendre pour…” ne fait pas qu’on le devient. Au contraire, parce que nous ne pouvons pas le devenir, il nous faut nous y investir en essayant encore et encore. Comme il m’est arrivé de le dire : “nous pratiquons l’illusion”. Plutôt que d’assumer notre nudité, nous nous habillons, nous nous masquons. Tous les matins nous revêtons notre “costume”. Si le rôle se manifeste, s’impose, c’est parce qu’il est joué, c’est parce qu’il est nourri. Il y a donc bien un corps, une Présence initiale qui est à l’origine de l’illusionnement. C’est pour cela que j’invite à nous découvrir “avant”, plutôt que de nous rechercher “après”. 

La vérité reste vraie. Elle s’accomplit d’elle-même.  

Devant nous, il n’y a jamais eu qu’un “miroir”. Il n’y a personne d’autre.

(billet en réponse à l’e-mail de Nordine et à celui de Sylvain)

13 réponses sur “Se prendre pour”

  1. Bonjour Denis,
    Oui je fais l’expérience de moi tous les jours, ce moi avec ses besoins de survie. La conscience qui m’a été donné est vital pour l’assurer, c’est un outil.
    J’ai touché un jour l’écran sur lequel apparaissait mon existence et mon image s’en ai vu détruite en mille parcelle de lumière étoilée. C’est la souffrance qui a été le déclencheur. L’amour est apparu. Je me suis découvert rayon de lumière dans l’infini. Mes besoins de survie sont devenu tout simple comme ceux de mon chat. Je participe à la danse cosmique de l’amour, Liberté joyeuse de d’être un.

  2. La succession de pensées (l’écho) fait croire en une continuité (temps et espace) et donc à l’existence de quelqu’un. On croit que c’est « nous » qui avons pensé et qui pensons. Mais c’est la vie qui joue…qui crée. Je conçois que tout est déjà libéré, « que l’on est arrivé avant de partir ». Pour autant, il ne faut pas que tout ceci reste théorique. Il faut le « voir ».
    « Le basculement » vers l’éveil est provoqué par le fait de vivre en live comme tu dis Denis. Dans le fait de lâcher prise. Se découvrir avant.
    Mais il n y a pas de volonté « propre » et ainsi personne qui choisit d’accepter ou de ne pas accepter ce qui est. Qu’est ce qui provoque donc ce basculement?
    Un ensemble de conditions permet elle à la vie de se « retrouver »? Pourquoi « Denis » a-t-il basculé et pas « Nicolas »?
    Gratitude
    Nicolas

  3. je relis mon message et je ne crois pas avoir été très clair…
    Accepter « ce qui est » relève d’un choix. mais ce n’est pas le notre. Il est conditionné…(interdépendance). Plus on favorise le réel, plus le personnage perd de sa force, plus les conditions favorables « au basculement » s’imposent et plus ce choix devient fort. Mais il n y a tjrs personne qui choisit.
    Si on veut ce basculement, il faut donc travailler. Il est donc vain de dire qu’il ne faut rien faire? Il faut faire « le rien faire »?
    Nicolas

  4. Bonjour Nicolas,
    “Il” n’a pas basculé, parce que cette “volonté” est quelque part à l’œuvre. Cette volonté est capable de ne pas avoir de volonté pour continuer d’en avoir une. Il nous est difficile de concevoir qu’il n’y a pas besoin d’intervenir. “Basculer” cela même peut être déjà une théorie, un os à rogner pour l’illusion.

    Au concept de “basculement”, je préfère parler d’être “rejoint”, d’être “frappé d’évidence”. Il est moins facile de s’approprier ces notions. Ce réveil peut survenir par le fait de se prendre “la main dans le sac”, par le fait de se voir tenter d’intervenir, d’exercer un contrôle pour à nouveau valider notre propre “jeu”. Il y a un bon côté à nos erreurs, elles sont également un révélateur !

    Le jeu et l’acteur sont liés. La question n’est pas tant de “faire” ou de “ne pas faire”, mais “qui” veut agir ? Le rôle est factice. En réalité, il n’est qu’une expression de l’Acteur.

  5. Bonjour Denis,
    Je vois que c’est l’intuition qui m’a guidé. J’ai pu exprimer la condition humaine, en être témoin sans pouvoir en sortir. C’est le lot de l’artiste. La beauté m’habite mais elle n’est pas mienne. L’illusion jusqu’ici a tenu l’être que je suis dans ses tenailles. Maintenant le silence m »appelle, fin des intuitions et de l’intelligence profonde de la condition humaine. Je laisse tout derrière. Je me recueille, et les manifestation sensible de l’existence son une musique qui me berce. Je ne cherche plus, je vois que la joie de vivre et l’innocence a déjà été mienne un court instant dans un passé qui semble lointain tout en étant là tout près. Pour le moment je me sens un rien souriant. La joie de vivre m’appelle mais l’enrobage de l’illusion brouille ma vision. Je sens bien que seul le spacieux silence peut mettre fin à l’illusion. C’est là où j’en suis!

  6. Bonjour Gilles,

    “La joie de vivre m’appelle mais l’enrobage de l’illusion brouille ma vision.”

    L’illusion « brouille » d’une certaine façon seulement. C’est pour cela que l’on parle de « vision ». Pour qu’il y ait « vision » il faut préalablement qu’il y ait une “Vue” ! Le bon côté de la « vision » est qu’elle nous dit le “Voir” primordial. La réponse que nous recherchons est « avant ». La fin de l’illusion n’est pas un aboutissement qui vient comme une maturation. Il y a “fin”, parce que cela n’a jamais été réel. L’interprétation ou la vision n’est pas de nature concrète. C’est l’écran, l’instant où elle apparait, qui l’est. À tout moment il y a « fin” et “commencement”. C’est comme une respiration.

    Alors, où commence l’inspir ? … Où finit-il ?

  7. Merci Denis,
    ces mots n’éclaboussent pas le silence. Ils y pénètrent sans laisser de trace.

  8. bonjour Denis

    j’aimerai que tu nous parles de notre corps physique
    Pour toi l’éveil c’est produit quand le corps physique n’en pouvait plus , il est tombé malade a cause de ce mental qui s’illusionnait a chercher l’éveil .

    Peut être que cette présence a soi passe par un ressenti du corps ?

    Revenir par la sensation du corps, car c’est le temple de la présence.
    Tu m’avais dit que notre corps est le maître.

    Amicalement Yves

  9. Bonjour Yves,
    Ce que j’ai dû te dire, c’est qu’à travers la maladie le « maitre » s’était manifesté dans mon corps comme un aiguillon redoutable. Tout ce qui nous arrive, mais plus particulièrement les situations de souffrance dans le corps, peut être perçu comme un enseignement décapant. Il peut y avoir bien des raisons pour lesquelles la maladie se manifeste. Cependant, il s’agit aussi d’un signal. Il est difficile de rester sourd à ces atteintes intimes dans notre chair, et au rappel de l’impermanence.

    Malades ou bien portants, il est toujours salutaire d’accueillir la vie qui arrive, qui s’actualise à travers notre respiration. Il n’y a pas à la contrôler, ni à se concentrer, mais à recevoir et à apprécier cette nourriture, ce mouvement qui vient tel un rappel concret de la “Présence vive”. Elle en est comme le cordon ombilical.
    Nous disons que nous respirons, mais peut-être qu’il serait plus juste de dire que c’est la Vie qui nous respire. Lorsque nous constatons que nous sommes respirés, quelque chose s’apaise… Le fardeau s’allège. Du fait de ce contact, de cet inspir qui nous rejoint, les doutes se dégonflent. Nous sommes plus à même d’expérimenter notre confiance fondamentale.

  10. Bonsoir Denis,
    Et si la vie décidait elle même du moment de l’éveil pour chacun d’entre nous, car au fond notre nature est de prendre conscience d’elle même …. et peu importe quand, peu importe le temps que cela prendra..car le temps est aussi une illusion…la vie est un cycle sans fin, certains connaitront l’éveil dans cette vie et d’autres plus tard…. qu’en pensez vous?

  11. Bonjour Véronique,

    Il n’y a pas “nous” et d’un autre côté “la vie”. Nous sommes déjà la vie et la vie peut décider à travers nous !

    C’est aujourd’hui que nous avons soif et que nous aspirons au bonheur. La dualité qui nous sépare de notre Nature n’est qu’une croyance. Pourquoi s’aménager un délai et retarder la réconciliation, ainsi que le bien-être avec Soi ?

    Le temps c’est nous qui l’inventons. “Demain” n’est qu’une projection, ça n’existe pas. Nous ne rejoignons jamais “demain”, nous sommes ici, encore ici, toujours ici. Voilà le réel, l’infini, la réponse, que nous refusons de voir !

  12. Merci Denis pour votre réponse, alors comment faire pour tout lâcher maintenant?

  13. Bonjour Véronique,

    “Tout lâcher” c’est surtout lâcher la saisie de soi-même. C’est faire confiance et vivre en “live”, en prise directe avec la vie. C’est la vérité qui nous rend vrais. À nous de nous laisser rejoindre, de nous laisser porter dans la Présence, libres des stratégies, libres des histoires, libres de l’alternance de la crainte et de l’espoir. Cela passe par une détente, le relâchement des tensions et des crispations du corps et de l’esprit. Pour certains d’entre nous, il est prioritaire d’en finir avec les vieux conflits et de se mettre en amitié avec la vie, les autres et soi-même.

    Ce n’est qu’un début de réponse qui doit être complétée en fonction de chacun et de chacune.

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