Cœur de chair

J’ai retenu de mes lectures cette phrase qui dit : “Aie un cœur et tu seras sauvé.”. Je crois me souvenir qu’elle provient d’un mystique chrétien.

“Avoir un cœur” c’est vivre l’Amour et l’actualiser. Cela commence avec nous. Est-ce que l’amour vibre et résonne en notre être ? Le plus souvent, nous voulons aimer sans être aimés, sans accueillir ce don merveilleux qui émane de notre Nature. Nous ne pouvons donner que ce que nous avons reçu et recevons. En fait, par nous-même nous ne donnons rien ; c’est toujours l’amour qui se donne et qui donne à travers nous. Nous sommes des vecteurs. Parfois, il nous arrive d’être aussi des catalyseurs.

Ce ne sont pas des actions aveugles qui peuvent nous aider, pour prendre soin du monde et des êtres qui le peuplent. Le mal qui ronge l’homme de ce temps c’est le manque d’amour. C’est uniquement l’amour qui nous donne la paix, la confiance, la plénitude et la générosité. Tous nos talents, nos richesses, nos théories, ne peuvent pas combler ou remplacer ce manque. Aussi, chacun à notre niveau, nous avons cette responsabilité, cet appel à transmettre et à témoigner de ce don précieux.

Que sommes-nous sans amour ? Des êtres exsangues en survie, dépourvus de tout repère, du souffle créateur qui les guide. La priorité dans nos vie devrait être celle de l’amour porteur de Vie. L’amour nous éclaire. Il nous place au sommet de notre incarnation. Il nous rend lucides. C’est par l’amour que fleurira notre humanité.

Voir et comprendre

Nous devrions bien faire la distinction entre “comprendre” et “voir”. Communément, nous disons “tu vois ce que je veux dire”. Sur le plan spirituel, “voir” n’est pas synonyme de “comprendre”. Il désigne la clarté et la qualité cognitive inhérente à la Nature. Lorsque nous “comprenons”, c’est notre mental, notre intellect, qui est sollicité. Le Voir est spontané. Pareil au miroir, il est un éclat non discriminant, une ouverture qui embrasse tout.

“Voir” n’a pas le seul sens de regarder ou de percevoir. De façon plus essentielle cela se rapporte à une Vue directe liée à notre Être, qui s’exerce à travers tous nos sens. Instantanément, ça Voit ! Ainsi, cela ne dépend pas d’une volonté. Nous pouvons ignorer cette qualité, mais cela ne fait pas qu’elle cesse en nous. Voir est spontané et constant.

La vie se donne, se produit ici, dans l’instant, dans un renouveau permanent. Illusionnés, nous oublions ce surgissement originel. Nous ne retenons que ce que nous en faisons, les façons dont nous l’exploitons. Comme on se branche à une source d’énergie, nous l’utilisons pour nos projections et toutes nos constructions. Pourtant, en nous, le vivant scintille comme un cristal flamboyant. Malgré notre cécité, depuis toujours, il brille et nous prodigue sa force, sa chaleur et son amour.

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Laisse-toi aimer

“Laisse-toi aimer.”

Cette expression a deux sens.

Celui où l’on permet d’être rejoint et touché par l’amour qui est en nous.

Celui où l’on permet à l’amour en nous de rejoindre et de toucher les autres, ainsi que tout ce qui existe au-delà de nous.

Le concret nature de l'abstrait

À travers le “live” nous prenons appui sur ce que vos yeux voient, sur l’évidence et le concret. Lorsque nous ne le faisons pas, c’est vers le mental et nos pensées que nous nous tournons.

Ce contact, cette communion, au réel qui nous entoure, visent à la détente, à l’adhésion confiante. Ça n’a rien à voir avec une sorte d’exercice de focalisation. En posant notre regard sur ce qui l’emplit, c’est un abandon, un repos complet que nous permettons, pareil à celui que nous vivons à travers le sentiment d’amour ou dans l’étreinte du giron.

Aujourd’hui, notre tendance est de penser ce que nous voyons et de voir ce que nous pensons. In fine, nous ne faisons qu’observer notre propre intellect sans le reconnaître. À la réalité du moment, nous superposons une nouvelle projection. Ainsi, nous inventons “notre monde”…

Le giron en Soi

Parce que nous sommes toujours divisés, une part en nous n’est pas accueillie. Comment avoir du cœur, comment aimer les autres, ceux qui nous entourent, si nous n’aimons pas “l’autre” en nous ?

Il est possible de s’adonner à de nombreux exercices spirituels, de pratiquer de longues heures, de développer notre compréhension, malgré tout, la dualité se prolongera du fait de notre divorce intime.

La réconciliation avec soi n’a besoin que d’amour généreux, que de compassion dirigée envers “celui” ou “celle” que nous rejetons intérieurement. C’est l’inverse de la dureté, du mépris, du jugement dont nous l’accablons. Lorsque nous cessons de marquer la différence, il n’y a plus de séparation. Tout comme se rejoignent naturellement les deux côtés d’un bras d’eau que l’on avait divisé.

Ce n’est pas par la force, à coup de mésestime, de soumission, que nous aidons les êtres et les incitons à s’élever. C’est par la confiance, la patience et les encouragements solidaires. Ce rôle incombe au “giron” qui prend sa source dans notre poitrine. L’ayant déjà vécu, nous portons son pouvoir à la fois maternel, paternel et divin. Nous détenons cette bonté réparatrice qui nourrit et qui prend soin. Si nous le laissons se donner en nous, il déploiera une énergie nouvelle. Il consumera notre honte, l’amertume, les doutes qui nous divisent. Il nous rendra aimants.

Mus par la douceur et la bienveillance, nous saurons relever l’enfant, “celle” ou “celui” qui tombe, le faible qui échoue. Nous lui viendrons en aide et resterons de son côté, au lieu de le morigéner, de le rabaisser, de le renier, comme le ferait un tyran.

 

Note : Dans “mystique ordinaire” lire : L’appel de la Source, le sein consolateur

Amour en Soi

Bien que la Présence soit là, combien de temps la vivons-nous ? Combien recevons-nous ce don avec la joie et le contentement qu’il procure ?

La majorité de notre temps journalier est dédié à l’illusion. Cependant, afin de vivre la Présence, il n’est pas nécessaire d’avoir du temps et de se trouver devant un paysage inspirant.

Tout au long de la journée, la Présence nous accompagne, que ce soit dans le métro, au travail ou au supermarché… Nous prétextons qu’il s’agit d’une question de disponibilité et d’environnement. Selon moi, cela relève davantage d’une ignorance et de notre conditionnement. Nous avons pris l’habitude de nous distraire, de nous éviter, à travers toutes nos activités. Par se distraire, j’entends s’oublier, se détourner de soi et de l’Ouverture simple qui Est. Aujourd’hui, cette base ordinaire nous apparaît vide, déroutante et ennuyeuse. Pourtant, il s’agit de la Nature spacieuse, accueillante et généreuse, que nous touchons dans l’amitié, la paix, la liberté auxquelles nous aspirons. C’est ce champ d’appréciation, de plénitude radieuse, qui s’ouvre et nous comble dans nos bonheurs.

Lorsque nous nous retrouvons inactifs, rapidement, nous sommes encombrés de nous-mêmes. Nous parlons “d’ennui”, mais dans ce face à face, c’est une gêne et de l’inconfort que nous ressentons. En fait, c’est notre personnalité qui découvre son impersonnalité. Le limité commence à se déplier dans l’illimité. Sans doute, il y a cette peur de ne plus exister. Aussi, nous voudrions faire marche arrière. Pourtant, ce n’est que le “rôle” qui s’efface, et ainsi, qui révèle l’être qui l’anime.

Afin de changer, d’inverser nos tendances, c’est une démarche d’apprivoisement et d’accompagnement que nous devrions engager. Doucement, sans plus ré-agir, sans plus dramatiser, décider de nous rapprocher… s’autoriser… rendre possible ou valide la rencontre, la gratuité dans l’Ouverture. Lorsque nous cessons l’évitement, l’occupation, le jugement, nous sommes en notre propre compagnie. La Présence nous accueille, s’accueille… Elle est présente à elle-même, autant qu’elle l’est à l’ensemble. Elle reçoit sa propre radiance.

Pour éclairer une pièce, d’abord la lampe s’illumine. Ainsi, avant tout, nous sommes notre propre lumière, nous sommes amour en Soi.