Contacter

Afin de reprendre “contact”, nous faisons comme un petit mouvement interne. Cela s’apparente à une détente, au fait de revenir en soi. Une tension se relâche et ça se dépose en nous, comme lorsque l’on a décidé de rester ou de ne plus attendre. Ainsi, nous cessons de nous projeter, de nous mettre en devenir.

Il est difficile pour nous de se connaître depuis notre Nature sans ce retour “à soi”, “chez soi”. Il s’agit d’une connaissance qui résulte d’une expérimentation concrète. En cela, le mental n’a rien à saisir. Cela se situe sur un autre plan. C’est comme passer du fait “d’avoir” au fait “d’être”. Nous sommes “avec”, en communion au monde et au vivant qui s’actualisent. C’est comme se resynchroniser et retrouver le rythme d’une danse. Dans cet ajustement, une harmonie et un sentiment de bien-être résonnent. L’êtreté se savoure.

Voir et comprendre

Nous devrions bien faire la distinction entre “comprendre” et “voir”. Communément, nous disons “tu vois ce que je veux dire”. Sur le plan spirituel, “voir” n’est pas synonyme de “comprendre”. Il désigne la clarté et la qualité cognitive inhérente à la Nature. Lorsque nous “comprenons”, c’est notre mental, notre intellect, qui est sollicité. Le Voir est spontané. Pareil au miroir, il est un éclat non discriminant, une ouverture qui embrasse tout.

“Voir” n’a pas le seul sens de regarder ou de percevoir. De façon plus essentielle cela se rapporte à une Vue directe liée à notre Être, qui s’exerce à travers tous nos sens. Instantanément, ça Voit ! Ainsi, cela ne dépend pas d’une volonté. Nous pouvons ignorer cette qualité, mais cela ne fait pas qu’elle cesse en nous. Voir est spontané et constant.

La vie se donne, se produit ici, dans l’instant, dans un renouveau permanent. Illusionnés, nous oublions ce surgissement originel. Nous ne retenons que ce que nous en faisons, les façons dont nous l’exploitons. Comme on se branche à une source d’énergie, nous l’utilisons pour nos projections et toutes nos constructions. Pourtant, en nous, le vivant scintille comme un cristal flamboyant. Malgré notre cécité, depuis toujours, il brille et nous prodigue sa force, sa chaleur et son amour.

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Écouter par cœur

L’Écoute, c’est quand nous nous laissons rejoindre et que “cela” résonne dans le cœur, que les mots non plus d’utilité. Un silence immobile et une saveur de plénitude s’imposent en nous. De cette vacance sereine et lumineuse peut surgir une parole nouvelle, comme une reconnaissance, une expression spontanée de gratitude. Nous sommes toujours à commenter les formes, alors que bonnes ou mauvaises, justes ou imprécises, toutes, sans exception, désignent immanquablement la nature de vérité.

Celle-ci est directe. Dès que vous ouvrez, que vous laissez la place à la Vue spontanée, concomitamment, vous “êtes” en vérité. Vous l’expérimentez concrètement. Quiconque est dans l’Écoute se retrouve directement en la Source. Par aveuglement, par habitude, par peur, nous restons dépendants d’un regard indirect. Nous abordons le monde et nous-mêmes à travers le filtre du mental. Nous sommes tenus par ses lois et sa logique discursive à laquelle nous nous soumettons. Voilà le “jeu” intermédiaire qu’il nous faut lâcher, afin que par l’évidence se “réalise” en nous la Nature originelle.

Mon approche n’est pas intellectuelle. J’utilise le langage et ses concepts pour communiquer, mais cela ne contient pas ce que je transmets. Le doigt pointe la lune ; il n’est pas le but en soi. Du point de vue de ma réalisation, il n’est pas utile d’étudier. “Heureux les simples en esprit”. Cela ne dépend pas d’une “compréhension”, d’une quelconque capacité ou habileté à saisir par l’esprit. L’éclat du vivant est à la portée d’un enfant. Depuis toujours, sans se corrompre, il resplendit dans la Vision nue.

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Du rêve à la réalité

Généralement nous zappons d’une pensée à l’autre. Cependant, savons-nous zapper du mental lui-même ? Ce qui pourrait concrètement nous libérer dans notre démarche pour la vérité, c’est de changer notre “référentiel”. Si malgré tous nos efforts nous demeurons illusionnés, c’est parce que toutes nos tentatives sont également illusoires. Elles appartiennent à la même illusion. Nous sommes en quelque sorte à creuser un tunnel imaginaire pour nous évader d’une prison imaginaire. Ainsi, nous ne faisons que modifier le scénario de notre rêve.

Le changement de référentiel est un changement total de paradigme ; celui du personnage à l’être. C’est le passage du monde des idées au monde réel. Ce qui correspond au fait de passer du flot des pensées à leur nature. Au lieu de nous cantonner au bavardage mental avec ses théories, ses connaissances, ses décisions, ses jeux symboliques, nous pouvons contacter et vivre le monde tel qu’il est, intrinsèquement. Il nous est possible de recontacter sa nature originelle autant de fois qu’il est nécessaire, autant de fois que nous l’oublions.

La subtilité étant que la référence n’est pas extérieure ou différente de nous. Par-delà les formes et les états successifs, nous sommes la Nature indivisible et inchangée. En elle, nous sommes le référentiel originel. Il s’agit d’oublier toutes nos considérations intellectuelles au point que “changer” ne soit plus qu’une idée vide.

Lâchez-vous… Libérez la saisie de vous… Accordez-vous une détente totale, une ouverture propice à l’évidence. Ainsi vous trouverez “ce qui reste”, et auquel vous appartenez. Vous constaterez que tout état, toute conscience et toute projection sont contenus en la Présence-clarté initiale qui s’actualise spontanément.

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Note : Qui prend la décision ? Probablement le personnage. Mais cela importe peu, puisqu’il n’existe pas vraiment ! Tout reflet appartient à l’eau. Ils en ont la nature. Chercher à éviter que le personnage prenne des décisions, c’est encore lui accorder, ou s’accorder, beaucoup d’importance. L’éveil est plus qu’une démystification du “personnage”. Il trouve son ampleur du fait de réaliser l’inertie de notre sommeil, de notre confusion, de notre autisme, en proie au monde imaginaire et sans limites des projections mentales.

Le point c’est de cesser d’entretenir notre “système”, de permettre que se désamorce la fascination du miroir.

Note II : Si nous en sommes ; nous y sommes ! …

Notre bavardage mental n’affecte pas la vérité, pas plus qu’une radio n’affecte la pièce où elle diffuse. C’est pour cela que la réalité est une expérience qui se “savoure” à travers le corps-esprit, plutôt qu’une notion à “comprendre”, à saisir par l’intelligence. Notre investissement mental s’arrête, précisément, lorsqu’il a “compris” et admis que cela ne peut pas dépendre de lui. Dès lors, le mental est perçu comme un attribut, une simple fonction de la Nature. C’est depuis ce constat que nous nous “lâchons” et contactons l’Être en tombant dans sa simplicité, dans sa Présence-clarté. C’était ici, seulement nous ne le prenions pas en compte, puisqu’il est impossible de l’appréhender par une logique mentale.

En cela, il y a une sorte de dénouement redoutable qui nous précipite dans le réel.

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Que reste-t-il ?

Dans de nombreux textes spirituels, on nous dit que la vie est semblable à un rêve. Pouvez-vous en faire l’expérience, ou trouvez-vous que c’est exagéré et que ce monde vous paraît plutôt réel ? Généralement, c’est seulement au réveil que nous réalisons que nous étions plongés dans un rêve. Aussi, dans notre cas, comment savoir si nous sommes endormis ?

Le matin, lorsque nous émergeons, nous retrouvons notre lit. Nous étions dans une histoire, et à présent il n’en reste rien. Ce qui caractérise le rêve c’est qu’il n’a pas de réalité. Il ne s’agit que d’une histoire. À tout moment, indépendamment de tout ce qui arrive, nous pouvons nous réveiller.

Peut-être vous êtes vous déjà dit que la mort n’était finalement qu’un réveil, que la fin d’une histoire. Qu’à travers elle, nous ne disparaissions pas, mais qu’au contraire nous réintégrions ce que nous sommes réellement. Pouvez-vous reconnaître que vous vivez une histoire ? Les histoires sont comme des rêves ; il n’en reste rien.

Que reste-t-il ici, où nous en sommes ? Que reste-t-il de notre vie ? Il n’en reste rien. Il ne nous reste que cet ici, que cette présence. Et tout ce que nous croyons avoir accumulé, construit, l’expérience, les souvenirs d’une vie accomplie, etc., reconnaissez que cela vous échappe et se passe de vous. A cet instant, cela prend forme et ne nous appartient que dans nos pensées qui, elles aussi, disparaissent et nous laissent seulement dans cet ici, dans cette présence vivante, claire et infinie.

Vivre en “live”

Passer dans le “live” ce n’est pas faire quelque chose de “spécial”. C’est “se distraire” et fuir le vivant, qui en est une. Je n’ai rien contre les loisirs et passer du bon temps. Cependant, on peut s’y adonner sans pour autant se détourner de Soi et de la Présence.

Malgré notre illusionnement, nous demeurons dans la vérité. Seulement, nous ne la connaissons pas, ou plus. Ne pas se distraire, c’est ne pas se couper de cet éclat spontané. On pourrait dire, c’est ne plus s’empêcher “d’être avec”, mais s’en remettre à “l’Ouverture” que nous nous employons à restreindre en vain. Lorsque nous cessons de maintenir, d’entretenir notre repli mental, il ne reste plus d’atermoiement, plus de filtre conceptuel, plus de condition pour vivre la Présence. Alors, spontanément, nous sommes en contact. Son flux nous emplit. Il nous rend participant et pleinement vivant.

Vidéo (extrait) Groupe Rencontre →

Ouvrir les cinémas

Ne changez pas de “film”, ouvrez le “cinéma”… Bougez au bon endroit !

Toutes les remises en question, les changements que nous avons faits jusqu’ici se sont produits dans la sphère de l’illusion. Nous avons changé d’illusion, mais nous n’avons pas mis au jour la mécanique de l’illusionnement.

Parce que nous nous détournons du concret, l’illusion, l’imagination, trouve les conditions qui lui permettent de s’imposer. Il faut de l’obscurité pour que le cinéma fonctionne. Aussi, préférez tirer les rideaux, ouvrir les volets, lever les paupières, afin que la lumière entre. Ainsi, l’image sur l’écran s’affadira et perdra naturellement sa force attractive.

Nous ne sommes pas “dans” l’illusion. Nous maintenons l’illusionnement. Les erreurs restent des erreurs parce que nous les considérons comme telles. À la base, il n’y a que la Nature, le flux du vivant, qui apparaît tantôt clair, tantôt sombre, comme l’alternance du jour et la nuit. La Présence est immuable. Elle est à l’image du ciel qui permet toutes les variations de climats possibles sans jamais les devenir.

La force du vivant

Nombre de méthodes, d’enseignements nous encouragent à nous développer, à progresser d’étape en étape.

Pour ma part, je vous invite à “Passer dans le vivant…”, à “Arriver ici…”, à “Entrer dans la Présence…”.

Soit nous sommes dans une histoire, soit nous sommes la vie même d’où naissent et se développent les histoires. Branchez-vous directement sur l’instant et coulez dans sa fraicheur… Vivez en “live”… Vous verrez que cela n’a pas de commune mesure avec l’état où vous pensiez être. C’est aussi différent que le fait de regarder l’eau d’une rivière et que de s’y baigner.

Si c’est votre esprit qui tente de se caler sur l’instant, ça ne marchera pas. Tant qu’il y aura un observateur, un expérimentateur, ce sera de “l’histoire”. “Se brancher”, c’est justement s’affranchir des buts et des stratégies mentales en s’immergeant, en osant exister à cent pour cent.