Des concepts à la réalité

S’illusionner consiste à se raconter une(des) histoire(s) et à y croire. Si nous cessons de nous la(les) raconter, la croyance retombera, tout comme le délire d’un alcoolique finira par s’épuiser s’il arrête de boire. Comme de nombreux questionnements, celui du “libre arbitre” s’élève également dans le “délire”. Sous l’influence des croyances nos considérations ne sont que le jeu de celles-ci. Ne pas en reprendre, ne pas en reboire, ne pas se raconter… clarifiera notre perception. Dans son accomplissement, nous aurons la révélation que tout ceci n’était qu’une rêverie. Nous réaliserons qu’il n’y a jamais eu de réel enfermement et qu’il n’y a pas à prétendre à une “libération”. 

Notre langage appartient à la vision relative. Aussi, ne soyez pas dupes. Que l’on parle de “haut de bas”, de “vrai de faux”, “d’intérieur d’extérieur”, “de personnel d’impersonnel”, de “choix de non-choix”… tous ces concepts proviennent de la même base duelle. Ils ne pourront jamais décrire la Nature absolue. Cependant, ils nous aident à nous exprimer et nous invitent à Voir par-delà les formulations. Quand bien même nous avons les croyances “d’illusion” et “d’éveil”, notre Nature demeure parfaite et immuable.

À bien des niveaux, nous pouvons entendre cette formule “ne pas en reprendre”. Essentiellement, elle invite à ne plus conjuguer ce système d’alternance. Tels que nous sommes, en toutes situations, cela demeure la Nature véritable. Pour en avoir la certitude et l’évidence, il est nécessaire que nous arrêtions de manipuler, d’intervenir depuis le mental. Si vous cessez d’agiter la surface de l’eau, elle se stabilisera naturellement. D’elle-même, elle s’apaisera, s’étalera en un miroir parfait dans lequel vous pourrez vous reconnaître. C’est dans la Nature de l’esprit, dans sa clarté semblable au miroir, qu’éclatera la révélation qui vous rendra à vous-même.

34 réponses sur “Des concepts à la réalité”

  1. Clarté-Luminosité « ……Sagesse semblable au miroir…..

    texte limpide comme une eau calme qui reflète tout!

    merci Denis pour cette invitation de l’instant.

  2. Le manipulation depuis le mental est pratiquement un automatisme chez un adulte. C’est très important de reconnaitre sa nuisance pour pouvoir arrêter.

    C’est comme la cigarette par exemple, quand on est accrocs on trouve que des qualités a ce fléau meurtrier.

    Merci Denis 🙂

  3. Merci de jouer le miroir Denis 😉 Merci pour ces reflets .

    Qu’est ce qui surgit une fois que la compréhension intellectuelle de ces vérités ingérée , l’on passe au vécu ?

    La peur . Ah !

    Cette structure psychosomatique résiste . Bien . C’est dans l’ordre des choses.

    C’est son annihilation annoncée .

    On sait pourtant qu’un jour ou l’autre , il va falloir rendre le tablier .

    C’est plus sympa de démissionner que de se faire jeter non ? 😉

    Il y a une offrande à faire . C’est notre histoire . Tiens , voilà : Cadeau !

    Je vous refiles toutes mes vieilles VHS et des DVD récents .

    Mon film , je le connais par coeur et j’en suis lassé .

  4. Denis mon amis, tu ne peux exprimer l’essence plus clairement et plus simplement!

    Merci!

    Il ne s’agit même pas de ne « plus en reprendre », c’est encore plus simple !

    La conscience n’est pas engagée ni modifiée par ce qui s’élève en elle. Elle est la substance même de ce qui s’élève.

    L’idée d’une limite, ou d’une perte, ou d’une amélioration, ou d’un nouveau accomplissement, ou de l’arrêt de l’illusion, etc..tout cela émerge dans cette conscience base de tout.

    Elle est profonde paix, sans enjeux et sans conditions.

    GRATUITE !

    Elle est lumineuse et transversale. Même le mort n’y peux rien!

    Elle est la matrice de l’Univers.

    Et puis elle est l’Amour, celui que notre « personnalité » cherchait dans la multitude des apparences.

    Et puis surtout, cette simple conscience que nous partageons avec tous les êtres vivants est l’impersonnalité de cette personnalité qui nous a mise en marche si longtemps.

    Le ciel et la Terre, tout simplement, les opposer était ridicule…

    En fait la Terre flotte sans efforts dans le ciel infini.

    L’amour gratuit est ce ciel, la substance du monde.

    Nous n’avons jamais quitté la matrice aimante, tout simplement…

  5. « Il ne s’agit même pas de ne “plus en reprendre”, c’est encore plus simple ! »

    Oui cher Tarik, ce que tu dis est juste. Cependant, attention de ne pas nous inviter à sauter dans une brillante déduction dont le mental raffole !

    Par-delà l’intelligence, la compréhension, « en avoir la certitude et l’évidence » s’accomplit ici, dans la présence et dans le cœur. 😉

  6. « en avoir la certitude et l’évidence », je partage Denis. Et l’évidence selon moi, c’est la réalité de notre vie. Si je rejette quelqu’un, si ma colère fait mal, que signifie Tarik : « Nous n’avons jamais quitté la matrice aimante ». Ceci est probablement vérité profonde, absolue. La question essentielle est selon moi : comment se réalise-t-elle à chaque instant de « ma » vie ? C’est cela la réalisation : être véritablement ce que l’on est, que notre véritable nature soit réellement.

    Par ailleurs, je n’ai jamais fait l’expérience d’une « conscience substance ». L’eau du fleuve semble identique mais change imperceptiblement. La conscience profonde que tu as des phénomènes (et de la conscience elle-même) ne change-t-elle pas au cours de la vie, n’est-elle pas en interdépendance avec eux, avec tout (comme disait Bouddha : la conscience est toujours conscience de quelque chose) : y a-t-il donc une conscience en soi, substancielle ? La conscience n’est-elle pas qu’une pensée de plus ? Finalement, comme le dis Denis avec son exemple du concept de « libre-arbitre », ce n’est pas si important. Ce qui importe, c’est de ne s’attacher à aucun concept et de vivre ainsi librement. Je pense de même, que « tout est conscience » si on a conscience de tout : notre main par exemple est conscience si elle est traversée de notre attention, si elle est ignorée, elle perd de cette lumière…

    Amicalement,

    Emmanuel

  7. « La question essentielle est selon moi : comment se réalise-t-elle à chaque instant de « ma » vie ?  »

    Ne penses-tu pas Emmanuel, que lorsque la « certitude et l’évidence » s’accomplit, s’actualise d’instant en instant, cette question s’évapore d’elle-même ?

    Amicalement

  8. Merci chère Roselyne pour ta présence.

    La question de l’unité entre concept et réalité, entre ce que l’on dit ou pense et ce que l’on vit véritablement m’est importante, posée en arrière fond pour ne pas m’illusionner moi-même au sujet de l’éveil. Tu emplois le mot « lorsque », il est essentiel : « lorsque » il y a actualisation, en effet, aucune question. Mais l’instant d’après ? Si la réalité n’est plus vécue, si l’amour n’est plus donné … D’après simplement ce que je vis, c’est une évaporation momentanée du mental. Le reconnaître aide à « prévenir » les possibles coagulations mentales, à éclairer les tendances à s’illusionner. Tant qu’il reste des tendances aux attachements (de moins en moins heureusement !) la question de ne pas trahir notre compréhension, notre intuition, reste comme l’honnêteté du miroir.

    Sincèrement

    Emmanuel

  9. Cher Emmanuel

    Alors ce n’est plus un quelconque questionnement dont il s’agit, mais une vision directe, au coeur de la vie quotidienne lorsque les habitudes font surface, de ce qui est en train de se jouer…

    C’est la présence qui voit, et qui n’en reprend pas alors… actualisation qui se réalise, Ici…

    L’honnêteté du miroir ne ‘voit’-elle pas, tout simplement ?

    N’est-ce pas ta vraie nature de ‘miroir’ qui est l’arrière-fond de toute chose ?

  10. Chère Roselyne,

    « ma » vraie nature de miroir arrière fond de toute chose, je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu exprimes. Si il s’agit d’un état témoin, je ne vis pas cet état comme « ma » vraie nature car il y a dualité : le témoin et ce qui est vu. Je décrirais plutôt ce que je sens être « ma » vraie nature comme une expérience de totale unité (corps-esprit) dans ce qui est, tel que c’est. La nature océane où le fond et les vagues ne sont en rien séparés dans un courant de vie unique et totalement reliée aux vents, à la lune, au cosmos… C’est l’expérience de la non-séparation, du véritable amour. Et cela n’est pas pour moi un état fixe, mais plutôt un mode de fonctionnement sans rejet ni saisi, pleinement vivant… à actualiser, réaliser instant après instant … ou non … en jeu à chaque instant. De plus, je ressens que notre vraie nature est (heureusement!) sans fond, infinie, à approfondir encore et encore.

    Amicalement,

    Emmanuel

  11. Nous nous rejoignons presque en ce que nous ressentons 🙂

    La nature du miroir ne peut être statique, elle reflète « ce qui est », Ici

    Elle n’est pas un fond, mais l' »arriere-fond » qui sous-tend, qui origine toute chose,

    Elle est infinie et s’approfondit infiniment en le Coeur

    Elle n’est ni expérience, ni non-expérience

    Elle est Une

    Elle est… tout simplement

    Bises à toi cher Emmuanuel

  12. Merci, Denis. Merci, Tarik. Merci à tous. Aucun commentaire ne semble émerger en ce qui me concerne.

    Pour l’instant ?

    Bien à vous tous.

  13. Courte réponse à Emmanuel : il ne s’agit de faire un trie. La forme est vide et le vide est forme. La pensée, l’émotion, le chaud, le froid, le « j’aime » ou le « j’aime pas » sont.

    Et tout ce « je » se déroule au sein de la conscience.

    Nulle séparation.

    Dans l’absence de projet, cette évidence resplendit.

    Dans la quête, on se la cache.

    Pas d’amélioration a apporter, aucune.

    Juste une expérience enfin pleinement déployée, sans les œillères de la saisie duelle.

    Mais même avec des œillères, le regard reste le regard.

    La conscience reste la conscience.

    Parfaite, totale et de tout temps !

    La paix, l’amour, sont l’humide de l’eau.

    Indissociables de la conscience.

    Un instant de colère est une quête d’amour mal orienté !

    Putain d’œillères !

    Mais la aussi pourtant, aucun enjeux !

    Car ce que cette colère recherche c’est l’humide de l’eau !

    Sa propre conscience.

    Son propre amour.

    Et on l’a déjà ! Génial non?

    Bises

  14. Cher Tarik, merci pour ton expression qui fonde nos existences dans sa nature originelle.

    J’entends ce que tu dis d’un angle de vue absolu, qui est grandement nécessaire. Je change d’angle et regarde le monde : la souffrance est bien réelle, les famines, les guerres, l’igorance…C’est la vision relative. Le monde est coupé de sa source d’amour. Certes, la paix et l’amour sont l’humide de l’eau mais le monde est un iceberg figé, tranchant et sec et plus dur qu’un roc où l’humide n’est que potentiel et virtualité. La haine est l’amour mais la haine est aussi la haine. C’est l’instant qui compte : instant d’amour, instant de haine (c’est plutôt le sang qui coule, et c’est trop tard ; il n’y a même pas d’eau à boire pour des millions d’enfants). De ce point de vue, le monde est à améliorer, révolutionner en montrant la voie de la coïncidence avec sa source d’amour.

    Tes mots aident à cela, la vie que tu mènes doit j’en suis sûr aider le monde, je me permets juste de prier pour qu’ils coulent en l’homme dans la réelle fluidité.

    Bien à toi,

    Emmanuel

  15. Bonjour Emmanuel,

     » je change d’angle et je regarde le monde… »

    Pourquoi ne pas adopter tout de suite et maintenant,  » le Grand Angle  » du coeur ! …

    Le dedans et le dehors les deux faces d’un même instant !

    Comment pourrait-il y avoir un monde sans Dieu !

    Si ce n’est dans la croyance en la pensée.

    Dieu Est le Monde, il en est la source et l’origine !

    Laissons à Dieu le mystère du pourquoi et du comment …

    et comme Tarik le dit si bien,  » un instant de colère est une quête d’amour mal orienté  »

    De l’Amour qui se cherche !

    Le monde Est Amour !

    Juste un partage…

    De tout coeur, belle journée pour tous.

  16. Le ‘Grand Angle’ du Coeur, c’est tellement juste Irina…

    ‘Dieu est le Monde’, ‘le monde est Amour’… et je suis le monde :o)

    Belle journée à tous

  17. Pour reprendre la phrase complète de Denis : « pour en avoir la certitude et l’évidence, il est nécessaire que nous arrêtions de manipuler, d’intervenir depuis le mental »…

    C’est un peu « choisir » la présence maintenant, l’Ouverture, le Grand Angle, parce que nous ressentons profondément que c’est ce qui veut se réaliser de lui-même Ici, naturellement, sans effort, sans enjeux…

  18. Chère Irina,

    à partir d’une vision absolue, je change d’angle pour voir la réalité relative : donc, pour englober les deux visions. Oui, tu as bien dis, c’est le grand angle du coeur. Là où peut-être je n’exprimerais pas les choses comme toi, c’est que je vois, à partir du grand angle de la source divine, l’amour s’écouler puis tout au bout, l’humanité lui faire barage en lui tournant le dos, il ne la voit pas, ne la vis pas, d’où la souffrance. J’ai rencontré des sages qui avaient ce discours : il n’y a personne à aider, personne ne souffre, il n’y a rien à faire… C’est je pense vrai et faux. Je préfère juste ceux qui s’engagent dans la diffusion de la voie et qui donnent leur vie à soulager la souffrance, pouvant mener des actions humanitaires extraordinaires et accomplissant ainsi totalement la vision de la source. Si ils peuvent faire ce don, c’est bien parce qu’ils savent que personne n’aide, ni personne reçoit, et qu’il n’y a donc que le don pur. Ils donnent par nature, comme la source vive. On est bien me semble-t-il dans le sujet : des concepts à la réalité.

    De tout coeur,

    Emmanuel

  19. Cher Emmanuel,

    Tu touches un aspect essentiel et très subtile. La notion d’action dans l’abandon total de désir d’action. Il est indéniable que le monde est remplis de souffrance et le nier serait faire preuve de bien peu de compassion. Mais le meilleur façon de prendre soin de la souffrance des êtres, et de se « laisser flotter » sans intentions dans la présence. Car elle n’est pas neutre notre présence, elle est l’amour universel et elle sait parfaitement sans intentions, prendre soin. Mais c’est ce « sans intentions » qui généralement nous gène et c’est normal car nous contemplons alors cette possibilité du point de vue de la personnalité. Elle ne sait que fonctionner dans le mode de l’intention. Rien de mal à cela, mais c’est justement cela « se mettre les oeillères » de la saisie. Comme tu le dis, la source vive donne par nature. Faire confiance a cela inconditionnellement, c’est justement réaliser que nous sommes la source (l’impersonnel) et le donneur d’eau (le personnel) en même temps. Mais c’est la source qui abreuve, le donneur d’eau n’est que son instrument. Le donneur d’eau réalise même un paradoxe : tout est eau, mais dans la dimension personnelle, la source a soif d’être bue…

    Merci à tous de ces échanges

    Tarik

  20. Je partage tout à fait, Tarik. Cela fait chaud au coeur de savoir que d’autres ressentent la même nécessité de laisser la source couler. à tout de suite, jaillissement perpétuel !

    Emmanuel

  21. Si la réalité est juste CE QUI EST comment se fait-il que nous ayons crées cette instance qui juge et qui refuse ce qui est….En gros c’est cette conscience qui juge. Ce qui ce sait ETRE ou le moi. Ce qui est gênant finalement c’est qu’on arrive plus à distinguer le vrai de la fabrication.

    C’est un peu comme si il fallait vivre sans en être conscient pour ne pas souffrir. Car à partir du moment où on est conscient les choses deviennet personnelles….

    Quand pensez-vous?

    Suis-à côté de la plaque?

    Merci

  22. Il n’y a personne d’autre que nous-mêmes,

    divisé… contre nous même…

    Pourquoi ?

    Pour apprendre à S’AIMER !

    Aussi simple que cela …

    Il y a des millions de réponses qui peuvent nourrir l’intellect,

    mais peu qui s’adressent directement au coeur,

    S’Aimer c’est Aimer ! …Le Don du coeur !

    Je ne réponds peut-être pas tout à fait à tes questions,

    mais c’est pour moi ce qui est le plus important à ressentir.

    Très bonne soirée Nordine

  23. On confond parfois la conscience personnelle avec sa vision séparative, et la Conscience impersonnelle, Universelle, qui englobe la totalité…

    Que de l’Amour…

    Que d’Amour !!!

  24. Cher Nordine et tous,

    Après tant de chaleur, d’Irina et de Roselyne, une proposition un peu plus intellectuelle !

    L’homme a la capacité de juger, discriminer, anticiper. Cela fait partie de ce qui est, et c’est parfois adapté que de juger. Le problème c’est qu’il utilise ce mode de fonctionnement tout le temps alors qu’il ne devrait être activé que pour quelques situations. La pensée a pris toute la place.

    Je pense que les choses deviennent personnelles, non pas à partir du moment où il y a conscience d’elles, mais à partir du moment où on s’y attache ou on les rejette.

    Contacte ce qui est dans l’instant et surtout ne t’arrêtes pas, continue, continue. Laisse les pensées apparaître, ne les suit pas, ne les rejette pas, mets simplement toute ton attention dans la fréquence du vivant. Sens toute cette vie qui t’est donné à chaque micro-secondes, et oui, que d’amour…

    Emmanuel

  25. bon ben alors denis plus d’inspiration ? Je suis en manque moi…..ah ah ah….j’rigole tu sais bien…

    A plus

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