Écouter et entendre

Être dans l’écoute, ce n’est pas écouter mieux ou écouter davantage. Nous n’allons pas devenir ce que déjà nous sommes. Voyez en vous et tout autour comment s’actualise constamment le renouveau de la vie, dans sa fraîcheur et son éclat virginal. Être dans l’écoute, c’est permettre “cela”, être à “cela” qui entend. Habituellement, l’esprit s’emploie à analyser et à décrypter ce qui survient dans l’instant, ainsi que ses propres réactions… À présent, quel est le cœur, quel est “cela” qui les reçoit et qui les vit en définitive ?

L’écoute est une adhésion par le repos, en confiance avec le mouvement naturel. Spontanément, lorsque nous ne les retenons pas, nos constructions, nos solidifications mentales, se résorbent en leur propre nature, pareil aux vagues dans l’océan. Constamment, l’illusion, l’apparence, s’épuise laissant place à nouveau à la Présence originelle et immuable que, par-delà les formes, nous ne cessons jamais d’être.

5 réponses sur “Écouter et entendre”

  1. Merci Cher Denis pour cette belle expression,

    L’écoute se fond-elle dans l’actualisation constant du renouvellement de la vie (dans une sorte de fusion sujet-objet, un bain de présence) ou l’écoute au contraire s’autonomise-t-elle de ce qu’elle entend (c’est ce que tu sembles indiquer en écrivant « être à « cela » qui entend », nous ramenant à notre nature libre ce qu’elle perçoit ou non). Merci.

    Bien à toi

    Emmanuel

  2. Bonjour Emmanuel,

    Bien que tout soit vrai et Un en nature, nous faisons comme s’il y avait deux.

    À travers l’écoute, nous pouvons simplifier et nous libérer de l’idée d’un second.

    Si nous souhaitons “entendre”, et pas seulement écouter ou comprendre, nous devons tomber le rôle, laisser la place et permettre d’être rejoint. Pour reprendre une vieille image, si nous voulons recevoir quelque chose dans la main, il est approprié de l’ouvrir. En s’ouvrant, la main reçoit. Mieux que cela, en relâchant sa posture, elle se trouve elle-même.

    Amitiés, Denis

  3. Afin de voir la forme en tant que rayonnement du fond, n’est-il pas nécessaire de rester à la Source de l’écoute, du regard ? Se laisser rejoindre par la caresse des vagues est-il suffisant pour se connaître en tant qu’océan ? Cette habitation de la Source nécessite à mon sens un temps de détachement de la forme, comme le Soleil qui ne fait qu’éclairer. Merci de ton attention, je t’embrasse chaleureusement, Emmanuel

  4. Il n’y a pas “deux”. Nous sommes à la Source. Nous sommes la Source tout le temps. C’est seulement dans nos pensées que nous croyons être différents, loin ou séparés. C’est seulement dans nos pensées qu’il nous faut “revenir” ou “rester”. Si le soleil ne fait qu’éclairer, pourquoi s’en soucier ? Nous ne sommes pas différents de lui. En nous, une clarté naturelle brille sans cesse. Nous pouvons mettre les mains les devant nos yeux ou nous en détourner, elle brille encore…

    Bien à toi, Denis

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