Le Voir qui nous “précède”

“Je ne suis pas mon esprit”. Je voudrais revenir sur cette affirmation. Au regard de certains échanges, je remarque que la différenciation qu’elle est censée provoquer ne se fait pas. Au lieu de nous désidentifier de la pensée et de nous retrouver dans la présence de notre Nature, c’est encore l’esprit qui s’en empare. Nous restons dans la sphère du mental, ne faisant qu’y ajouter une nouvelle “compréhension”, une nouvelle “idée”.

“Je ne suis pas mon esprit”, ça veut dire que tout ce qu’il affirme, absolument tout, n’a rien à voir avec ce que nous sommes réellement. Dans un billet précédent, j’ai donné l’exemple de la “pièce” dont l’espace reste intact, sans traces, malgré les activités qui s’y déroulent. C’est aussi l’exemple du silence, qui malgré les sons qui s’élèvent n’est pas affecté. Ce que nous sommes en notre Être est de même nature. Le mouvement ou la voix de l’esprit n’est qu’un son vide, pareil au reflet qui danse à la surface de l’eau. Celui-ci, bien que perceptible, ne représente qu’un ornement qui témoigne de l’unité et de l’interdépendance de tout ce qui compose le monde. La pensée que nous connaissons est comparable à un film ou à un programme projeté en nous. À tout moment, elle peut changer ou s’interrompre. Pourtant, cela n’a aucune incidence sur la “lumière” ou la source qui permet l’émergence de notre “l’imagination”.

Lorsque nous entendons “je ne suis pas…”, dans un “premier temps”, l’esprit veut s’en saisir. Ce qui arrive, c’est que de son point de vue la formule contient un paradoxe qui le disqualifie. Comme s’il se disait “je n’existe pas”. Cela semble agir comme un virus informatique, qui va d’une certaine façon faire “bugger” son programme. Lorsque l’esprit ne se défile pas au vu du danger qu’il pressent, il s’ensuit comme un “blanc”, une ouverture. Durant ce “second temps”, l’espace d’un moment, nous sommes “perdus” ou “projetés” dans une Présence inqualifiable. Cependant, ici, nous Sommes… dans un dénuement total… la vie continue…

Cette expérience nous situe hors du mental. Le but n’est pas d’agrandir ou de maintenir ce “blanc”. Ce qui importe, c’est qu’à partir de cette expérimentation, nous ayons la reconnaissance, la confiance de ce que nous sommes “naturellement”, de ce que nous sommes “avant”. “Voir” représente cette reconnaissance et cette confiance.

9 réponses sur “Le Voir qui nous “précède””

  1. Merci Denis

    toujours aussi clair, direct, accessible ici dans « La Présence »!

    « je suis » la Lumière qui éclaire le monde qui surgit du « voir »……tout ce qui surgit est le « jeu » de l’esprit. Comme tu le dis « je ne suis pas cet esprit ». C’est le jeu de la manifestation, quoiqu’il s’y passe « Je Suis avant ».

  2. Salut Denis,

    Je trouve ca super que tu fasse ce billet clarifiant. Ce « Voir » est immense, et les possibilités de le « prendre » avec une partie quelconque de notre esprit ou de notre histoire et d’en « faire » qqchose semblent assez infinies…

    Mais ce qui est génial, incroyable de générosité infinie, c’est que toutes ces « erreurs » possibles sont aussi inclues dans le jeu, et précédées de la présence que nous sommes, et donc sans plus d’importance que le reste.

    Comme qui dirait, « voir c’est voir », semble-t-il !

    Bien à vous tous,

  3. il est vrai que ton billet sur « l’espace originel » est très parlant, imagé et saisissant, se laissant saisir immédiatement.En le lisant « on y est » comme un éclair, c’est là il n’y a rien à commenter! Un seul mot « rafraîchissant » instantanément.

    Vraiment merci de ces billets, courts sans prise de tête, mais directement branchés sur la vie « l’être », quel repos!

  4. Merci de cette réponse Denis.

    La phrase : « je ne suis pas mon esprit » est une pensée qui pointe vers une réalité au-delà de la pensée. Elle est vraie quand elle provient de cette réalité, mais elle n’est plus vérité quand l’esprit s’en empare pour la répéter, quand il en fait un objectif à atteindre qui le contraint et l’enferme au lieu de le libérer.

    Est-ce que seule la présence à ce qui est, juste maintenant, juste ici, est l’action ou la non-action libératrice qui n’engage pas un devenir, qui ne crée pas de « karma » ?

    Bien à toi. Claude

  5. Bonjour Claude,

    Plus directement, la Présence Est. Il n’est pas nécessaire “d’être présent”. Ce n’est pas un “faire”. C’est le Vivant qui se déploie lui-même.

    Lorsque nous réalisons cela, la croyance (ce qui crée le karma) en notre volonté s’effondre. Nous arrêtons de chercher à contrôler “la rivière”. Nous coulons avec elle.

    Merci à tous pour vos messages.

  6. Juste cette reconnaissance…

    Alors naît la confiance…

    Disparaissent toutes les peurs…

    Voir illumine l’espace d’avant la seconde…

    Règne alors la Réalité !

    Merci Denis

    Belle journée pour tous.

  7. Bon Jour tout le monde,

    pour le ciel

    c’est si simple

    pour le soleil

    c’est si simple

    pour la fleur de lotus

    c’est si simple

    pour le rossignol

    c’est si simple

    pour la mouche

    c’est si simple

    pour le tire-bouchon

    c’est si simple

    pour la chaise

    c’est si simple

    pour la douce brise au soleil levant

    c’est si simple

    pour l’ouragan

    qui ravage tout sur son passage

    c’est si simple

    il n’y à qu’une seule chose qui tente de nous dire

    ce n’est pas si simple…

    vous savez quoi ???

    juste une pensée

    merci Denis

    bonne journée

    Jean-Claude

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