Le Voir qui nous “précède”

Le Voir qui nous “précède”

“Je ne suis pas mon esprit”. Je voudrais revenir sur cette affirmation. Au regard de certains échanges, je remarque que la différenciation qu’elle est censée provoquer ne se fait pas. Au lieu de nous désidentifier de la pensée et de nous retrouver dans la présence de notre Nature, c’est encore l’esprit qui s’en empare. Nous restons dans la sphère du mental, ne faisant qu’y ajouter une nouvelle “compréhension”, une nouvelle “idée”.

“Je ne suis pas mon esprit”, ça veut dire que tout ce qu’il affirme, absolument tout, n’a rien à voir avec ce que nous sommes réellement. Dans un billet précédent, j’ai donné l’exemple de la “pièce” dont l’espace reste intact, sans traces, malgré les activités qui s’y déroulent. C’est aussi l’exemple du silence, qui malgré les sons qui s’élèvent n’est pas affecté. Ce que nous sommes en notre Être est de même nature. Le mouvement ou la voix de l’esprit n’est qu’un son vide, pareil au reflet qui danse à la surface de l’eau. Celui-ci, bien que perceptible, ne représente qu’un ornement qui témoigne de l’unité et de l’interdépendance de tout ce qui compose le monde. La pensée que nous connaissons est comparable à un film ou à un programme projeté en nous. À tout moment, elle peut changer ou s’interrompre. Pourtant, cela n’a aucune incidence sur la “lumière” ou la source qui permet l’émergence de notre “l’imagination”.

Lorsque nous entendons “je ne suis pas…”, dans un “premier temps”, l’esprit veut s’en saisir. Ce qui arrive, c’est que de son point de vue la formule contient un paradoxe qui le disqualifie. Comme s’il se disait “je n’existe pas”. Cela semble agir comme un virus informatique, qui va d’une certaine façon faire “bugger” son programme. Lorsque l’esprit ne se défile pas au vu du danger qu’il pressent, il s’ensuit comme un “blanc”, une ouverture. Durant ce “second temps”, l’espace d’un moment, nous sommes “perdus” ou “projetés” dans une Présence inqualifiable. Cependant, ici, nous Sommes… dans un dénuement total… la vie continue…

Cette expérience nous situe hors du mental. Le but n’est pas d’agrandir ou de maintenir ce “blanc”. Ce qui importe, c’est qu’à partir de cette expérimentation, nous ayons la reconnaissance, la confiance de ce que nous sommes “naturellement”, de ce que nous sommes “avant”. “Voir” représente cette reconnaissance et cette confiance.


 

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