Contacter

Afin de reprendre “contact”, nous faisons comme un petit mouvement interne. Cela s’apparente à une détente, au fait de revenir en soi. Une tension se relâche et ça se dépose en nous, comme lorsque l’on a décidé de rester ou de ne plus attendre. Ainsi, nous cessons de nous projeter, de nous mettre en devenir.

Il est difficile pour nous de se connaître depuis notre Nature sans ce retour “à soi”, “chez soi”. Il s’agit d’une connaissance qui résulte d’une expérimentation concrète. En cela, le mental n’a rien à saisir. Cela se situe sur un autre plan. C’est comme passer du fait “d’avoir” au fait “d’être”. Nous sommes “avec”, en communion au monde et au vivant qui s’actualisent. C’est comme se resynchroniser et retrouver le rythme d’une danse. Dans cet ajustement, une harmonie et un sentiment de bien-être résonnent. L’êtreté se savoure.

Du rêve à la réalité

Généralement nous zappons d’une pensée à l’autre. Cependant, savons-nous zapper du mental lui-même ? Ce qui pourrait concrètement nous libérer dans notre démarche pour la vérité, c’est de changer notre “référentiel”. Si malgré tous nos efforts nous demeurons illusionnés, c’est parce que toutes nos tentatives sont également illusoires. Elles appartiennent à la même illusion. Nous sommes en quelque sorte à creuser un tunnel imaginaire pour nous évader d’une prison imaginaire. Ainsi, nous ne faisons que modifier le scénario de notre rêve.

Le changement de référentiel est un changement total de paradigme ; celui du personnage à l’être. C’est le passage du monde des idées au monde réel. Ce qui correspond au fait de passer du flot des pensées à leur nature. Au lieu de nous cantonner au bavardage mental avec ses théories, ses connaissances, ses décisions, ses jeux symboliques, nous pouvons contacter et vivre le monde tel qu’il est, intrinsèquement. Il nous est possible de recontacter sa nature originelle autant de fois qu’il est nécessaire, autant de fois que nous l’oublions.

La subtilité étant que la référence n’est pas extérieure ou différente de nous. Par-delà les formes et les états successifs, nous sommes la Nature indivisible et inchangée. En elle, nous sommes le référentiel originel. Il s’agit d’oublier toutes nos considérations intellectuelles au point que “changer” ne soit plus qu’une idée vide.

Lâchez-vous… Libérez la saisie de vous… Accordez-vous une détente totale, une ouverture propice à l’évidence. Ainsi vous trouverez “ce qui reste”, et auquel vous appartenez. Vous constaterez que tout état, toute conscience et toute projection sont contenus en la Présence-clarté initiale qui s’actualise spontanément.

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Note : Qui prend la décision ? Probablement le personnage. Mais cela importe peu, puisqu’il n’existe pas vraiment ! Tout reflet appartient à l’eau. Ils en ont la nature. Chercher à éviter que le personnage prenne des décisions, c’est encore lui accorder, ou s’accorder, beaucoup d’importance. L’éveil est plus qu’une démystification du “personnage”. Il trouve son ampleur du fait de réaliser l’inertie de notre sommeil, de notre confusion, de notre autisme, en proie au monde imaginaire et sans limites des projections mentales.

Le point c’est de cesser d’entretenir notre “système”, de permettre que se désamorce la fascination du miroir.

Note II : Si nous en sommes ; nous y sommes ! …

Notre bavardage mental n’affecte pas la vérité, pas plus qu’une radio n’affecte la pièce où elle diffuse. C’est pour cela que la réalité est une expérience qui se “savoure” à travers le corps-esprit, plutôt qu’une notion à “comprendre”, à saisir par l’intelligence. Notre investissement mental s’arrête, précisément, lorsqu’il a “compris” et admis que cela ne peut pas dépendre de lui. Dès lors, le mental est perçu comme un attribut, une simple fonction de la Nature. C’est depuis ce constat que nous nous “lâchons” et contactons l’Être en tombant dans sa simplicité, dans sa Présence-clarté. C’était ici, seulement nous ne le prenions pas en compte, puisqu’il est impossible de l’appréhender par une logique mentale.

En cela, il y a une sorte de dénouement redoutable qui nous précipite dans le réel.

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Trouver sans le chercheur

Ce que nous appelons quête spirituelle ne se déroule pas dans les investigations du mental. Curieusement, il ne s’agit pas d’investir le monde abstrait, mais de réaliser que le concret est de nature abstraite. Le ciel ne se situe pas au-dessus de nos têtes. Il est absolument partout. Aussi, il est vain de le rechercher ailleurs, ou dans un autre temps.

La forme recherche le fond. La vague recherche l’océan. Nous nous croyons différents, séparés, mais il n’en est rien. Tant que nous suivons l’esprit discursif et les projections mentales, nous demeurons en retrait du réel où nous sommes, auquel nous appartenons. Le mental nous “isole” dans une subjectivité, dans une individualité, dans un rêve éveillé, alors que nous sommes simplement ici, dans ce présent, dans une êtreté spontanée libre de tout conditionnement.

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Note : Il ne s’agit pas de se “maintenir”, mais de réaliser “cela” qui déjà nous porte. Le but n’est pas de devenir un expert, mais de reconnaître et de s’oublier en “cela” que nous sommes spontanément, indépendamment de toute volition. Si notre quête n’aboutit pas, c’est parce que nous continuons de nous investir dans le mental, comme tous les êtres qui s’illusionnent. Nous ne faisons qu’ajouter des idées, des projets spirituels à notre histoire. Dans les faits, nous continuons de nous détourner de la Présence, de l’êtreté, en maintenant notre bulle de rêve. Aussi, l’important n’est pas de chercher, mais de trouver. Arriver ici, arriver dans ce vivant, est un réveil à “ce qui Est”. C’est passer de “notre monde” “au monde”, celui de l’imaginaire et des théories au concret, au vivant. C’est être en “live”.

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Être suffit

Être suffit pour “Être”.

N’est-ce pas la condition première qui nous permet d’agir et de nous reposer ? Pourquoi penser que nos agissements nous empêchent d’être, ou que ceux-ci nous le masquent ? Ou encore, que ceux-ci peuvent l’augmenter ou le diminuer ? Nous nous identifions au mouvement des formes; pourtant, c’est bien la nature du fond qui les rend possibles. Continuer la lecture de « Être suffit »