Un monde d'or

Nous ne voyons pas l’instant tel qu’il est dans sa nudité. Nous l’ignorons. C’est le caractère qu’il prend que nous retenons.

C’est comme si nous étions dans un monde entièrement fait d’or. Cependant, nous ne le réalisons pas, nous reliant davantage aux apparences qu’au fond. Nous sommes fascinés, comme enfermés dans un jugement esthétique. Aussi, continuellement, nous trions. Nous adoptons ou rejetons les formes concrètes et abstraites qui nous charment, ne découvrant pas qu’il n’y a que de l’or. Lorsque nous tentons de connaître le fond, c’est toujours vers une forme, parfois subtile, que nous nous tournons.

Il ne s’agit pas d’appliquer une attitude “sans intention”, d’avoir l’intention d’être “sans intention”, mais de réaliser que nous sommes spontanément ainsi. C’est notre Nature, “l’or”, qui est libre d’intention.

23 réponses sur “Un monde d'or”

  1. Merci chaleureusement Denis.

    Question : ne penses-tu pas que tant qu’existe une identification à l’égo, le fond doré reste ignoré ?

    De tout coeur,

    Emmanuel

  2. Il  » n’existe  » pas d’ identification, cher Emmanuel…

    Tant qu’il y a croyance en l’illusion plus que vision de la réalité, et oui,

    il y a illusion de séparation…. Mais l’or n’a jamais été séparé de nous, quelque part loin de Nous, nous y sommes, c’est Nous !

    … C’est cela notre Lumière, l’Or !…

    De tout coeur

  3. Oui cher ami… mais, n’est-ce pas ici une intention, une tentative de tri, qui donne encore au “trieur” la sensation d’exister ?

  4. Merci Irina et Denis de votre présence,

    Oui, il y a illusion de la séparation, un égo qui a le désir, ou plutôt qui appelé, par le fond de l’être. Oui, certainement, le fond doit être toujours là comme il l’a toujours été… il faut simplement le réaliser complètement. Il me semble que c’est une « bonne » intention et alors investiguer : Qui a cette intention ? Qui souhaite se sentir exister ?

    Ne penses-tu pas Denis que cette investigation intérieure est finalement indispensable ?

    Par exemple, j’ai vécu, me semble-t-il des instants d’unité, des flux silencieux, des sensations de paix et de bonheur inconditionnels … mais, sincèrement, il y a parfois l’attraction du mental qui se tourne vers l’extérieur et qui montre que la quête de la Nature doit encore être approfondie.

    Bon appétit, très sincèrement,

    Emmanuel

  5. C’est très juste, Denis : « Nous ne voyons pas l’instant tel qu’il est dans sa nudité. Nous l’ignorons. C’est le caractère qu’il prend que nous retenons. »

    Comment voir l’instant dans sa nudité ? Sans nous, juste l’instant ! Sans apprentissage ?

    Bien à vous tous.

  6. Bonjour Mouloud,

    C’est ce que j’explique lorsque j’invite a passer en « live ». En proie à l’illusion, notre esprit est comme encagoulé dans une logique, dans une vision subjective. Pour prendre un exemple un peu extrême, c’est comme si nous restions enfermés dans notre maison les volets clos, vivant le monde par procuration à travers la télévision. Nous nous cachons dans un trou de souris, derrière nos idées, pensant que celles-ci ont plus de réalité que le monde manifesté dans lequel nous nous trouvons. Bien que notre discours soit fort, nous sommes continuellement dans la dimension du vivant. À tout moment, il nous est possible de passer de la « vision subjective » à la « Vue objective » que la vie nous donne spontanément. C’est pourquoi je parle de « se brancher », de « contacter », de « goûter », de se tenir derrière les yeux… Il ne s’agit pas de faire UNE expérience, mais d’expérimenter ici, dans la fraicheur et le renouveau, le vivant qui s’actualise, qui se donne encore et encore… là, tout de suite !

  7. Bonjour Emmanuel,

    La réalisation vient de la Nature et la Nature précède TOUT, englobe TOUT.

    Tout est de l’or tout le temps et partout. Tant que nous suivons notre ombre, celle-ci semble nous échapper.

  8. Bonjour Denis

    Cela fait un peu penser à l’allegorie de la Caverne, de Platon…

    Nous avons une idée-croyance du monde dans sa forme et son expression visible,

    la

  9. Oups je termine…

    Nous avons une idée-croyance du monde dans sa forme et son expression visible,

    La lumière est éclatante à l’instant où nous plongeons dans le Vivant de cette expression…

    C’est l’Or alchimique de la Vie dans la résorbtion simultanée de la forme… en éclat vibratoire…

  10. Denis : « j’ai plutôt envie de dire que, si l’éveil et la libération ne sont pas en haut sur la liste de nos priorités, ils ne se produiront pas.»

    Voilà il me semble « la pierre d’angle » qui s’éclaire elle-même et absorbe l’histoire d’une « entité » séparé !…Ce Désir premier est « amour de Soi » qui rend totalement secondaire tous les autres désirs ! Cette Lumière en nous qui s’éclaire est le seul guide qui s’éveille à l’éveil que nous sommes toujours…..Si bien que tout le reste se résorbe naturellement dans cette « clarté-luminosité » qui est ce que nous sommes.

    Aucun effort en fait, dans le fait de s’Aimer plus que tout autre chose et de tomber amoureux de l’être qui s’offre toute chose, car nous sommes tous Cela !

    Laisser Être cette priorité qui s’impose d’elle-même,consumer, une surimposition sans aucun intérêt, autre que cette reconnaissance en tout, qu’il n’y a que Cela, le vivant se vivant !

    L’effort, l’espoir, l’attente d’eux-mêmes deviennent superflus car d’ici, tout est déjà là !

    Comme tu le dis si bien « nous sommes arrivés avant de partir » quelle belle évidence qui s’éclaire d’elle-même ! Laisser ce Feu, ce Désir de Lui-même consumer toute chose pour ne laisser que Lui…JE….le SEUL qui se joue multiple !

    Merci cher Denis, et merci à Cela même, ici, ce que je suis, qui s’offre toujours « l’instant, l’invitation de se célébrer » !

  11. On ne peut le dire plus parfaitement cher Vincent,

    La Clarté aux paillettes d’or est déjà là, intemporellement,

    Embrasement du Coeur en le multiple..

    Belle journée !

  12. Merci, Denis. Merci, à tous dans ce partage. Se tenir derrière les yeux apporte dans le moment présent la fraîcheur souhaitée. Juste se tenir derrière les yeux et revenir derrière les yeux quand le mental ou l’esprit s’égare.

    Bonne journée à tous.

  13. « …expérimenter ici, dans la fraicheur et le renouveau, le vivant qui s’actualise, qui se donne encore et encore… là, tout de suite ! »

    Cher Denis, je réagis prudemment : il me semble que cela dont tu parles, beaucoup l’expérimente dans le « là, tout de suite ». Cependant, n’y a-t-il pas l’inévitable nécessité de continuer cette sensation du renouveau encore et encore et encore et en corps et cent corps et sans corps et partout ! Et, comme le dis Vincent, que Cela soit la priorité, vitale. De là, toute une « discipline » (au sens éthymologique : d’apprendre de la Vie), toute notre énergie doit tranquillement nous y ouvrir tout le long du jour et de la nuit. Annamalaï Swami nous dit que sans cette ouverture constante la réalisation ne peut opérer. Je ressens ces jours que l’identification au corps/mental est telle, qu’une observation sans refus, sans frottement, constante de celui_ci est indispensable… Certes, cela donne au trieur la sensation d’exister et cela doit être aussi accueilli tel quel.

    Merci de ta présence, de ces éclats,

    Emmanuel

  14. Bonjour Emmanuel,

    Excuse-moi, si je me répète !

    L’éveil est spontané. Toute action pour l’éveil masque cette spontanéité.

    Toute intention nous masque cette auto-libération.

    C’est dans l’abandon, dans l’ouverture, dans la confiance totale à notre Nature, que la Nature se révèle.

    C’est elle qui se révèle. Ce n’est pas nous qui la révélons.

    De façon plus expérimentale, c’est l’exemple que j’ai déjà donnée, qui consiste à faire la planche sur l’eau.

    C’est également l’abandon total à l’eau, l’absence de mouvement, qui nous révèle sa portance. Par ce constat, nous sommes affranchis définitivement de la nécessité d’une intervention.

  15. l’éveil s’éveille à l’éveil…. »l’absence de mouvement, qui nous révèle sa portance. » voilà qui est dit simplement…inutile d’en reprendre et s’agiter dedans!

    Merci Denis de répéter encore et encore « ce qui est comme c’est », toujours cette verticale immédiate …..sans histoire!!

  16. Merci Denis, pour ces mots vivants qui touchent en plein.

    Je pense qu’il y a une question de vocabulaire : je vois il me semble clairement que toute intervention et action « masque cette spontanéité » de la Nature. Je connais des chercheurs qui avancent qu’il n’y a rien à faire, que seule la grâce opère … Et, ils mènent une vie remplie de leurs conditionnements, si peu spirituelle me semble-t-il. Vocabulaire : « la planche sur l’eau » est-elle une action ? Quoi qu’il en soit, c’est se mettre (au delà de l’exemple) dans une certaine détente, ouverture, ainsité et confiance (merci pour ce mot). Si l’on ne se met pas dans cette profonde réceptivité, comment entendre dans le brouha la Nature qui pourtant frappe inlassablement à la porte du coeur ? La notion d’énergie me semble aussi importante (plus que celle d’effort) : énergie que l’égo place vers Ce qui est et Ce qui est qui renvoie en multiple cette énergie, comme l’exemple de la planche sur l’eau : énergie du nageur pour entrer dans l’eau (un peu froide parfois!), nager un peu vers le large, se détendre, tranquille et tout l’océan est là.

    Bonne journée, sur le Sel porteur !

    Emmanuel

  17. Cher Emmanuel,

    Et si… Vivre la Réalité était plus simple, plus naturel !

    Si on prenait une photo de cet instant, le nôtre, qu’y verrait-on ?

    Si on prenait la température de notre instant, qu’y ressentirait-on ?

    Et si c’était juste Cela, ni plus ni moins… ÊTRE.

    Dans et Avec Tout ce qui Est !… Ici, maintenant pour Moi !

    Respirer le Goût de la Liberté… Aimer ce que je Suis…

    Et ouvrir juste les bras au coeur de notre instant…

    La Grâce est tout le temps là, nous y baignons déjà depuis toujours, et comme écrit Denis, dans la note « passer en live »…  » Au moment précis, où nous regagnons la vie et son rythme se révèle toute la différence entre la dimension du virtuel et celle du concret. »

    Nous nous laissons alors enlacer par la Grâce…

    Belle journée, bien à toi et à vous tous.

  18. Cher Denis et chers tous,

    merci et bon jour,

    « nous ne voyons pas l’instant tel qu’il est dans sa nudité »,habitué que je suis à obtenir quelque chose temporellement,logiquement,de ce qui est,pour que le »je » fixe et séparé fasse son expérience qui va nourrir son existence de « je », engourdi comme spectateur séparé!

    Laisser la Vie Etre;s’en remettre,s’abandonner,jusqu’à absorption au coeur de l’instant,maintenant.

    Permettre à tout ce qui est,d’ètre tel qu’il est.Absence de controlant et du méditant,ouverture,rien à comprendre,s’ouvrir seulement à cette présence;tout se manifeste dans l’ouverture de la conscience,nous ne faisons qu’explorer ce qui survient.Observer,constater ce qui arrive,sans conclusion,sans commentaire,sans analyse,en se laissant aller à cette sensation de présence;il existe un état de conscience naturel qui ne demande ni effort,ni tension.Demeurer dans la présence de la quiétude,coeur radieux de qui Je Suis,lacher prise dans le corps,dans le silence,il n’y a pas de limite à cet abandon de soi.Et là ou « JE SUIS »est,il n’y a plus quelqu »un(e) qui fait une expérience,mais la vie qui agit de l’intérieur du coeur,de l’Etre,à chaque respiration,il n’y a plus d’habitude ou sensation usuelle,tout est tellement mystérieusement vivant,vécu de l’intérieur et personne n’en fait l’expérience,libre du carcan d’un controleur,alors la liberté (pas le mot)irradit à travers une joie évidente,immanente,absolue.

  19. Belle journée à vous,

    juste quelques mots pour dire combien le langage et surtout les mots,décrivent la séparation,comme dieu,amour,et quelques autres qui traduisent quelquechose à atteindre ou à vivre de l’autre coté,ces gouts et sensation étranges,venus d’ailleurs!!

    Belle après-midi,ici en bretagne c’est grand bleu et le vent de nord est décapite juste ce qui est nécessaire…

  20. Chère Irina, merci pour ce coeur débordant, qui ouvre exemplairement le nôtre et nous attire vers la simplicité.

    Je suis juste présent et j’observe aussi cette présence, ce « je », cette conscience, remontée en soi bien en amont de la conscience, de toute sensation, aussi paisible et gracieuse soit-elle… une intimité où tout à coup, il n’y a plus rien, rien ne s’y passe… silence, blanc, suspension, et encore observer cela, le silence s’approfondit, plus rien n’émerge et rester encore dans l’accueil de tout cela sans objectiver. La source appelle, attire, continuer cette remontée, continuer dans cet appel…

    Il me semble que le contact, même le plus pur, avec la vie, ici et maintenant, n’est pas le bout du chemin (même si dans cette nudité, l’égo s’efface momentanément) : c’est juste la porte de l’absorption du coeur vers la réalisation définitive de qui nous sommes véritablement.

    Denis, je ne sais ce que tu en penses. ?. J’évoque cette différence entre des sages comme Ramana, Nissargadatta qui incarnent le passage entre la conscience-présence et l’Absolu et d’autres sages qui disent que le seul fait d’être Un avec l’instant vivant suffit…

    Quoi qu’il en soit, tout cela est bien beau !

    Emmanuel

  21. Bonsoir Denis,

    Le monde dort et pourtant il est d’Or…

    Il nous suffit d’être, vide comme un miroir, sur lequel simplement les reflets passent sans jamais s’attacher…

    Je découvre tout juste ces pages et ce premier texte est déjà délectable.

    Merci!

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