Libre d'intention

Le “live”, c’est glisser dans la fraîcheur, dans le pétillement de l’instant. Il ne s’agit pas de l’observer, mais de “s’immerger” en totalité. Soudainement, comme si nous lâchions un habit ou une protection imaginaire, nous sommes entièrement nus. Nous sommes ici, spontanément, libres d’intention, intacts. Tout de suite et rétroactivement, nous nous trouvons portés par le tempo de la danse. C’est tellement simple, tellement évident, tellement authentique, plein de vie et de chaleur. C’est tout le contraire du programme de l’esprit qui, plein d’habileté, tente d’exercer son contrôle. Il adore l’idée de nous perfectionner, exigeant de nous des efforts, de l’attention, de l’endurance… En fait, il n’a de cesse de se valider lui-même, espérant devenir “celui” par qui le “résultat” va enfin arriver.

Lire aussi : Présence, Surmonter l’ennui

20 réponses sur “Libre d'intention”

  1. Voilà une parfaite description de ce qui se passe dans l’improvisation musicale (que je pratique quotidiennement, seul ou avec d’autres musiciens) : c’est lorsqu’elle est spontanée, libre d’intention, ne cherchant aucun autre résultat qu’elle même, que le musicien disparait en même temps que la musique apparait. J’ai pu le vérifier maintes et maintes fois : c’est ça, le « live » !

  2. C’est bon de démarrer la journée en bonne compagnie et en musique…

    Mais oui,

    cette impro qui se joue et se déploie à chaque instant à travers Michel, Denis, Jean-Claude mais aussi avec la chatte qui miaule derrière la porte et les oiseaux par delà la fenêtre…n’a pas besoin de la validation de la pensée…

    mais les arguties de la pensées (ou tentatives de récupération ) ne font-elles pas partie de cette merveilleuse impro ?

    bonne journée

    Jean-Claude

  3. Cher Denis, tous et toutes,

    Juste une question Denis.

    Les « glisser », « s’immerger », « passer en live », en quelles mesures ne sont-ils pas encore une tentative de contrôle ?

    La vie étant par nature « Live », est-il nécessaire d’y plonger ?

    Comme il est dit dans le Tao Te King, plus on cherche à s’en approcher, plus il (le Tao) s’éloigne…

    Car ce que je ressens ces jours, c’est qu’il suffit juste de laisser les mains ouvertes : c’est là que la vie opère d’elle-même. Pas besoin d’autre mouvement.

    Je te rejoins Jean_Claude : il me semble que les « arguties » de la pensée font parties de l’impro. Car qu’est-ce qui n’est pas ?

    Merci de ton attention Denis, et de tes éclaircissements j’espère.

    Chaleureusement,

    Emmanuel

  4. Sans nul doute, les « arguties » de la pensée font partie de l’impro, si du moins elles sont vues pour ce qu’elles sont, rien que des pensées, (« Rien », comme le disait Steve Jourdain) mais je peux témoigner qu’en ce qui concerne l’improvisation musicale, la moindre irruption mentale de type « Est-ce que je suis bon? », ou « Est-ce que ça leur plait? », ou encore « Est-ce que j’ai bien fermé le gaz avant de partir? » etc… gâche irrémédiablement la fraicheur et l’innocence de la musique en train de naître. Heureusement, quelques secondes plus tard, le mental se tait à nouveau, et l’inspiration revient…

  5. Bonjour Emmanuel,

    Si à un moment donné nous avons adopté le contrôle, alors, celui-ci peut être lâché. On n’adopte pas un “nouveau”, un “meilleur” contrôle, mais on cesse d’exercer le “truc” en trop, à travers lequel NOTRE volonté s’insinue. Ça passe par une détente, ou un arrêt confiant (ne pas en reprendre). Mais, tu peux appeler ça comme tu veux. Il y a ici un dégagement total de notre part qui laisse place à la volonté et au pouvoir du Vivant.

    L’illusion fait bien partie de la vérité, mais tant que les croyances bonnes ou négatives s’exercent, nous n’en goûtons pas tous les bienfaits. Surtout, nous ne réalisons pas son entière gratuité, qui libère tout esprit de pauvreté. C’est au travers cette Gratuité ou ce Don, que la révélation s’impose à nous : cela n’était qu’un rêve ! Tout était libre, est libre depuis toujours en une seule et même vérité ! Nous nous trouvons dévastés… emplit d’une joie et d’un bonheur indicibles.

  6. Merci. Absolument d’accord. Je lâche donc ces jours toute tentative, y compris celle de me connecter. Place libre à la vie. Lâcher un contrôle, c’est comme enlever un petit bouchon dans le mur du barrage : l’immensité de l’eau s’y déverse et emporte avec elle les fondations de la retenue !

    De tout coeur,

    Emmanuel

  7. Bonjour les musiciens,

    Les mots semblent nous enfermer dans la dualité ou la séparation puisqu’ils sont l’instrument de prédilection de la personne séparée.

    Les mots semblent renforcés cette séparation et en même temps ils appellent et ils chantent cette musique du « live »…

    Sachons nous entendre et nous reconnaître au-delà des mots, dans la musique qui porte les mots.

    Dans cette reconnaissance, même ce « au delà des mots » est encore un truc de la personne qui cherche gentiment à se préserver…

    Y-a-t-il une musique au-delà des mots ?

    Les mots peuvent-ils empêcher la musique ?

    Mais là, vous voyez, c’est encore reparti…

    Musique maestro

    Jean-Claude

  8. Le « Live » c’est Être !…

    Alors, au-delà ou en deçà, avec  sans, rien tout, dedans dehors…

    Nous sommes Cela en même temps. 

    Le « Live » est cette « fusion »cette « coïncidence » cette 

     « Présence » libre de tout car en Amour avec tout.

    Les mots ont une origine et une déstination… Vivre en « Live » c’est être en l’origine, libre de la destination… Alors les mots s’ envolent et s’accordent pour chanter la Joie et L’Amour !..

    Belle journée pour tous. 

  9. Bonjour, puisqu’il n’y a qu’une Conscience à l’oeuvre, un seul « Je suis, » témoin de toutes les apparences,est ce que les autres personnages sont eux aussi identifiés à un Je personnel , ou ne s’agit t’il que d’un grand reve du monde dans lequel les autres interagissent juste en tant qu’images apparentes ? Et dans ce cas donc , celui qui répondra à ce message, vous « Denis » etes vous simplement revé , tout comme « mon corps » bien sur, et tout comme les reves de nuit ?? Et la réponse surgira alors que de l’unique conscience à l’oeuvre ?? Sans moi , Sans vous, et cela ALORS est vraiment extraordinaire !!!

  10. Bonjour Chris

    « est ce que les autres personnages sont eux aussi identifiés à un Je personnel »

    Ce ne sont pas les « personnages » qui sont identifiés à un Je personnel. Le « personnage », c’est le « Je personnel ». C’est la Conscience qui s’identifie au personnage. Mais en toi, résonne cette Conscience « Je Suis », cette Présence persistante. D’ailleurs, force-toi à ne pas être présent ! Reste avec ce sentiment « Je Suis », et alors toutes les questions s’évanouissent.

    Et le personnage avec. Et alors,sans le personnage, sans « toi », qu’est-ce qui « Sait » ce « Je Suis » ?

    Amitiés à tous.

  11. Merci de vos réponses qui me touchent beaucoup. La Conscience qui s’identifie au personnage et au corps est l’unique je suis, Présence que l’on ressent directement au réveil avant de tout nommer. Ce sont les pensées qui se mettent aussitot à l’oeuvre et qui veulent prendre le controle du corps qui va se laisser entrainer par cette fausse identification, et la journée se déroule dans les conditionnements habituels…inconsciemment… bien sur ce corps fait aussi partie des apparences,tout comme les autres, mais ces autres corps avec leurs pensées, et leurs mots,, répondent exactement à mes questions, c’est là qu’il y a l’apparent blocage en mon mental, OK le mental, on s’en fiche! Mais il résiste et embrouille la vision de mon unité . Denis a répondu précisememt et Jean aussi, alors etes vous en moi comme les personnages de mes reves de nuit ????? Il n’est qu’une Conscience d’etre , donc qu’une Conscience qui regarde, qui entend …qu’une Consience qui englobe tous les corps et toutes les pensées, ce qui est très semblable aux songes de nuit !!!!

  12. Si nous sommes la même Nature, quel besoin d’une confirmation ?

    Qui peut la donner ? Qui la demande ?

  13. Bonjour ! Avant d’aller me coucher et d’éteindre l’ordi, je viens de lire ces quelques mots…En faite « je » le sais bien au fond de moi ! Alors, rien a dire de plus car rien d’important sauf un grand merci du coeur…et bonne journée à vous.

  14. Bonjour, une barrière encore en ce qui concerne le fait d’essayer d’aider les autres personnages du monde à s’éveiller puisqu’ils sont illusoires , c’est toujours parler pour rien! C’est comme essayer d’éveiller des personnages de mon reve , c’est vide…

  15. Un moine demanda à un maître Zen :  » Chacun est censé avoir la nature du Bouddha. L’ai-je ? »

    Le maître répondit : « Non ! »

    Alors le moine demanda : Les Écritures Bouddhistes nous enseignent que chaque chose est investie de la nature de Bouddha, comment se fait-il que je ne la détienne pas ? Les arbres et les rochers, les rivières et les montagnes ont tous la nature de Bouddha. S’il en est ainsi, pourquoi pas moi ?  »

    Le maître répondit :  » Les chats, les chiens, les montagnes, les rivières ont tous la nature de Bouddha, pas toi. »

    Le moine atterré demanda : « Pourquoi pas ? »

    Le maître dit : « Parce que tu le demandes ! »

    cité par Suzuki dans  » Les Chemins du Zen « 

  16. La réalisation ne vient pas par le mental. Depuis bien longtemps, nous nous tenons sous un seul et même ciel. Alors l’esprit peut rêver, imaginer, chercher à comprendre, autant qu’il peut… nous demeurons infiniment dans cette Ouverture.

    Pourquoi retourner dans l’esprit, au lieu de se détendre et d’apprécier ce qui s’offre dans l’instant ? Tout s’accomplit ici, dans cette Présence vive, simple et sans histoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.