Vivre l’impersonnel

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L’existence de notre personnage est basée sur son jeu. Il est donc intéressant de nous découvrir sans ce “jeu”, afin que se révèle notre impersonnalité première. Certains maîtres parlent de “l’observateur”. Cependant, par volonté et identification, il est très facile pour le “personnage” d’en faire un nouveau rôle.

Mon approche consiste à se donner des breaks, des vacances. À travers des moments courts, c’est une façon de se mettre sur la touche, des occasions de réaliser qu’au milieu de nos absences, de ce que nous pensons vide, demeure une “clarté cognitive” et spontanée. Il est moins aisé de s’identifier à une qualité qu’à un rôle, ou qu’à un état.

En nous aidant du mouvement naturel de la respiration, en lui donnant l’avantage et le premier plan, il devient possible de s’oublier et de reconnaître que “ça respire” sans “nous”, sans “moi”. En ouvrant notre “jeu”, en accompagnant le souffle, se goûte l’actualisation libre de toute identification.

D’instant en instant, le vivant nous anime. Par l’alternance spontanée de la respiration, s’affirment une émergence, une présence, un don qui est à l’œuvre, indépendamment de la participation du personnage. Expérimenter, constater que ce dernier n’est pas indispensable, n’est pas réel, renforce notre confiance et notre foi. Il en résulte que, concrètement, nous nous abandonnons, nous nous “déplions”. Alors, malgré un caractère et des particularités, se vit l’impersonnel, ce qui Est, libre d’un possesseur, d’un devenir, et bien plus encore…

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