Amour en Soi

Bien que la Présence soit là, combien de temps la vivons-nous ? Combien recevons-nous ce don avec la joie et le contentement qu’il procure ?

La majorité de notre temps journalier est dédié à l’illusion. Cependant, afin de vivre la Présence, il n’est pas nécessaire d’avoir du temps et de se trouver devant un paysage inspirant.

Tout au long de la journée, la Présence nous accompagne, que ce soit dans le métro, au travail ou au supermarché… Nous prétextons qu’il s’agit d’une question de disponibilité et d’environnement. Selon moi, cela relève davantage d’une ignorance et de notre conditionnement. Nous avons pris l’habitude de nous distraire, de nous éviter, à travers toutes nos activités. Par se distraire, j’entends s’oublier, se détourner de soi et de l’Ouverture simple qui Est. Aujourd’hui, cette base ordinaire nous apparaît vide, déroutante et ennuyeuse. Pourtant, il s’agit de la Nature spacieuse, accueillante et généreuse, que nous touchons dans l’amitié, la paix, la liberté auxquelles nous aspirons. C’est ce champ d’appréciation, de plénitude radieuse, qui s’ouvre et nous comble dans nos bonheurs.

Lorsque nous nous retrouvons inactifs, rapidement, nous sommes encombrés de nous-mêmes. Nous parlons “d’ennui”, mais dans ce face à face, c’est une gêne et de l’inconfort que nous ressentons. En fait, c’est notre personnalité qui découvre son impersonnalité. Le limité commence à se déplier dans l’illimité. Sans doute, il y a cette peur de ne plus exister. Aussi, nous voudrions faire marche arrière. Pourtant, ce n’est que le “rôle” qui s’efface, et ainsi, qui révèle l’être qui l’anime.

Afin de changer, d’inverser nos tendances, c’est une démarche d’apprivoisement et d’accompagnement que nous devrions engager. Doucement, sans plus ré-agir, sans plus dramatiser, décider de nous rapprocher… s’autoriser… rendre possible ou valide la rencontre, la gratuité dans l’Ouverture. Lorsque nous cessons l’évitement, l’occupation, le jugement, nous sommes en notre propre compagnie. La Présence nous accueille, s’accueille… Elle est présente à elle-même, autant qu’elle l’est à l’ensemble. Elle reçoit sa propre radiance.

Pour éclairer une pièce, d’abord la lampe s’illumine. Ainsi, avant tout, nous sommes notre propre lumière, nous sommes amour en Soi.

13 réponses sur “Amour en Soi”

  1. Merci Denis,

    je reçois bien à propos ton billet.J’ai débrayé pendant ces trois jours de toute activité à haut rendement réflexif et existentiel!Me suis posé simplement et ai écouté ce qui m’habite lorsque »je »ne veux plus rien du tout!Et dans ce silence qui gronde,me suis retrouvé avec une sensation de présence radiante,dans la poitrine jusqu’aux épaules!Une ouverture qui aime,qui reçoit et qui touche tout en soi,mème le personnage!Et plus tard lors de rencontres,simplement laisser ètre ce role qui n’en n’est pas un,celui d’ètre bien dans cette radiance qui prévaut à tout désir.

    Merci pour tes trois derniers billets qui incitent à passer le seuil du masque et à découvrir de quelle nature est le vivant,quand l’image de soi s’éteint.

  2. …juste avant d’entrer dans la hutte de sudation,alors que chacun s’agenouille et pose son front contre la terre et dit Aho,mitakuyé oyasin(à toutes mes relations ou tout m’est parent) l’homme médecine s’adresse à chacun et dit avec intensité: »c’est un beau jour pour mourir ».Personne ne dit mot ,sauf le plus jeune participant qui demande pourquoi.Et le meneur de hutte répond: »parce que la vie c’est maintenant »(en mourant à ce que tu n’es pas,tu auras le courage de suivre ton coeur,car il est libre!)

  3. Merci Denis, merci Michel,

    Le quotidien, champ qui s’ouvre alors infiniment,

    Instantanément dans la reliance, la radiance.

    Quand tout est accueilli, inspiré, tel que c’est, assis, debout,

    La présence s’occupe de tout, avec soin, justesse.

    C’est révolutionnaire (« Le sage ne fait rien, pourtant rien ne demeure inaccompli » Tao Te King).

    L’Amour est donné en abondance et on ne le voit pas, on n’y croit pas :

    plus on reconnait la portée de ce Don, plus on se laisse naturellement disponible à recevoir, plus le vide se révèle plénitude.

    Ce « recevoir » ne s’opère pas comme un devoir, un exercice,

    mais par un mouvement de joie et de reconnaissance, le même qui nous attire vers nos visages et paysages aimés.

    Là, entre Terre et Ciel, tout est calme, simple, paisible, aimant, aimant…

    Bonne journée,

    Emmanuel

  4. Chers amis, merci pour ces messages inspirants.

    « un mouvement de joie et de reconnaissance ». Je voudrai attirer l’attention sur la notion de “gratuité”. Avant même d’être attirés par “les visages et les paysages aimés”, il y a un “désir”, une “poussée de vie”. Nous sommes un “visage”, un “paysage” en Soi. Nous pourrions être seul, au milieu de nulle part, le vivant jaillit, s’actualise sans restriction. C’est comme le vent qui pousse les voiliers. Selon la manière dont nous prenons le vent, la voile se gonfle. Indépendamment de la distance, du chrono, de la technique et de la destination, le Souffle nous anime. Nous sommes rejoints, portés par le flux, aimés dans la radiance.

  5. Merci à tous les 3,

    Une vraie cascade rafraîchissante où on y meurs avec delectation dans l’enorme splash de Vie… une bulle insaisissable et majestueuse entre le coeur si humain et le Coeur si infini…

  6. Merci pour ces beautés,

    Ce que tu dis renvoie à l’AIMANTation !

    Avant même d’être attiré nous sommes désirés, avant même d’être visé nous sommes traversés, avant même de s’ouvrir nous sommes ébréchés, avant même d’être aimé nous sommes amour, avant même d’accueillir nous sommes accueillis…

    Ni aller vers, ni laisser venir, mais, LÀ !, être-amour, « amour en soi ».

    Le « je » est le « jeu » brûlant de cette AIMANTation qui ne distingue l’aimant de l’aimé.

    C’est Aimer pour Aimer.

    C’est le site web du journal ordinaire.

    Chaleureusement,

    Emmanuel

  7. juste un petit mot : les photos ou les images qui accompagne ton(tes) texte, après lecture, ne laisse que l’image qui provoque l’évidence d’être…c’est simple et beau par soi-même! ce cœur se reflétant de la substance c’est tellement direct qu’on se regarde dans la palpitation du coeur comme une reconnaissance directe! ce sourire de joie de cette petite fille c’est l’enfant en nous qui se retrouve.

    merci!

  8. Direct, Vincent, comme l’explosion de la bulle…

    Direct, comme l’Abîme du Coeur

    Qui palpite la vide Plénitude

    La Joie d’être… Amour !

    🙂

  9. Bonjour,

    « sans doute, il y a cette peur de ne plus exister »

    Se sentir exister dans le manque, le projet, l’activisme, le contrôle, la quête d’un objet désiré semble un fonctionnement bien ancré. Voir même se sentir exister dans l’incomplétude, dans la souffrance entretenue. On entend souvent : « Mais c’est normal de désirer accomplir des choses, c’est un moteur de vie ». Alors, obtenir un objet serait rassurant : le posséder serait posséder l’existence heureuse.

    Là, on désire ce qui Est là. Le désir se réalise de lui-même en demeurant désir. Le désir se désire. Il n’y a plus d’objet à posséder mais paradoxalement, c’est dans cette insaisissabilité que réside la plus grande sécurité. L’amour en soi.

    Amitiés,

    Emmanuel

  10. Bonjour,

    Là, on désire ce qui Est là et ce qui Est là est désir, passionné. Le désir se réalise de lui-même en demeurant désir. Le désir se désire. Il n’y a plus d’objet à posséder mais paradoxalement, c’est dans cette insaisissabilité que réside la plus grande sécurité. L’amour en soi.

    Emmanuel

  11. l’Univers-Désirant

    qui s’anéantit spontanément,

    Désir des désirs

    Réjouissance en soi

    De l’explosion perpetuelle, immobile

    …Là

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