Franchir la barrière conceptuelle

S’affranchir de l’esprit pensant,
nous rencontrer sans passer par lui, sans intermédiaire. 

On ne trouve pas l’éveil en sortant de l’illusion. On le trouve en comprenant que celle-ci est vide.

“Être comme le nouveau-né”. Peut-être que je ne devrais pas l’expliquer ainsi, car nous pouvons, depuis notre esprit conceptuel, tenter d’imaginer ce que c’est, au lieu de nous retrouver directement dans la fraîcheur de l’enfant qui ne nous a jamais quittés.

Tant que nous essayons de comprendre depuis notre esprit conceptuel, nous maintenons cet esprit, nous maintenons un “second” qui veut comprendre. La Réalisation est spirituelle, elle n’est pas conceptuelle.

Au début, nous voulons trouver le réel dans le rêve, puis nous comprenons que c’est le réel qui porte le rêve. Le rêve nous masque le réel et gagne ainsi sa « propre force ».
L’homme s’invente des concepts et se met en quête d’eux. Il se met en quête de Dieu, d’éveil et de tout un tas de notions qui viennent de lui, mais il ne se connaît pas, il ne se met pas en quête de lui-même.

Se reconnaître en “Soi”, n’est pas se reconnaître en “Moi” avec toutes ses histoires. La sagesse, c’est de se relier à sa propre clarté. L’ignorance, c’est de se relier aux concepts qui en émergent. Se relier à l’eau, c’est la boire et s’étancher. Se relier à ses reflets, c’est s’hypnotiser et rêver.

Prendre refuge dans le “réel” et non dans notre esprit. Pourquoi continuer à chercher dans l’esprit ce qui ne s’y trouve pas ? Heureux ceux qui ont l’esprit vide.