La Grande Ouverture

Lorsque nous laissons les sollicitations de l’esprit, nous retrouvons notre cœur.

Quel est-il ce coeur ? C’est une prise sur la vie, sur le vivant.

Ici, rien à négocier, juste du “live”, un jaillissement direct.

Ça vit… Ça grouille… Ça abonde… Ça emplit, indépendamment du beau et du laid, de l’agréable et du désagréable. 

C’est l’Éclat spontané, qui n’est ni bien ni mal, seulement flux de vie. 

Ce que nous percevons comme de l’ennui, n’est que le “reset” permanent, ou l’auto-libération que nous offre la Nature.

Malgré tout ce que nous avons vécu depuis notre venue dans ce monde, après toutes ces années, ici, maintenant, il ne reste rien… Absolument rien… Seulement la Grande Ouverture, immuable depuis le début. La Nature est juste présente, très simple, très disponible, très englobante, sans la nécessité d’une recette particulière.

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Notre “remplissage” n’a d’autre but que de lui faire écran, afin de l’ignorer et d’alimenter “l’histoire” que s’invente l’esprit.

Derrière notre distraction, ce regard de bébé, le “regard premier”, demeure… “reste…”.

C’est en cela qu’il ne s’agit pas d’un maintien, mais d’une “vacance”, d’une disponibilité, d’un rafraîchissement naturel, qu’il nous revient d’autoriser, ou plus simplement de ne pas occulter. J’ai déjà évoqué cela lors d’un échange avec Jean : “Conscience” .

Malgré notre illusionnement, nous demeurons dans la vérité. Seulement, nous ne la connaissons pas (ou plus). Ne pas se distraire, c’est ne pas se détourner de cet éclat spontané. On pourrait dire, c’est “apprivoiser”, ou s’en “remettre” à “l’Ouverture” que nous nous employons à restreindre vainement depuis si longtemps. Lorsque nous refusons d’alimenter notre distraction, il ne reste plus de condition, ni d’atermoiement pour vivre la Présence. Ainsi, spontanément, c’est son flux qui nous emplit et qui nous nourrit.

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16 réponses sur “La Grande Ouverture”

  1. ouahhh, alors là c’est comme les yeux de l’enfant sur la photo, ça dit tout!

    je ne ferai aucun commentaire, simplement merci, je laisse tes mots n’être que joie en mon cœur « un contact direct » qui se laisse goûter! merci infiniment Denis. .

  2. C’est magnifique, c’est absolu, ce regard d’innocence qui s’émerveille de tout, c’est notre coeur, notre infini amoureux

    Oui, beauté de l’instant, quel qu’il soit, au coeur de ce Coeur…

    Merveilleuse nature qui s’exprime dans le flux instantanné

    Merveilleux ennui, merveilleuse insatisfaction qui nous ramène au regard

    Merveilleuse joie comme la trame de la toile avant les couleurs de l’artiste

    Merci Denis

  3. Ton billet Denis m’invite à un seul mot « Confiance » confiance à ce que nous pressentons au plus profond de nous comme une conviction absolue à ce qui est « avant, toujours là » où l’esprit quoi qu’il se passe dans son histoire n’y peut rien, c’est un défilé d’images, de pensées, cet esprit surimpose en permanence un commentaire, une négociation parfaitement vide sans aucune incidence sur « la Vie……cette grande ouverture » !

  4. Lorsque je lève les yeux,

    Je rencontre le ciel

    Et je me dis : « Mon Dieu,

    Mais c’est sensationnel,

    Tant de bleu. »

    Lorsque je lève les yeux,

    Je rencontre tes yeux

    Et je me dis : « Mon Dieu,

    C’est vraiment merveilleux,

    Tant de bleu. »

    Edith Piaf

    Merci Cherubino d’Amour !

  5. Ce qui s’offre à mes yeux est la Vie même!

    Être dans ce regard met fin aux élucubrations du mental.

    C’est mon expérience.

    Ce n’est pas toujours facile, je le reconnais, de rester dans ou derrière ce regard.

    Le regard du bébé est éloquent.

    La confiance! oui.

    Merci, Denis.

  6. Comme un poisson hors de l’eau,

    je crie vers toi, qui toujours m’échappes,

    te retenir c’est vivre…

    te perdre c’est me perdre…

    Cette seconde est le joyau de ma vie,

    je ne cours qu’après son éclat,

    je ne cherche que sa présence,

    et pourtant je ne poursuis que mon ombre…

    Tout est à la même place,

    rien ne bouge, ni s’éloigne,

    je reste là, sans avance ni recul,

    immobile et perpétuel mouvement…

    Comme un poisson dans l’eau,

    j’oublie qui je suis,

    simplement remplie de toi…

    la Vie !

    Oui Denis, la Grande Ouverture !

    Quelle grande aventure !

    De tout coeur, merci.

  7. allez! juste pour la joie, merci Denis, c’est tellement beau, vrai ce petit billet qu’il est comme un bâton de dynamite, juste posé dans un minuscule trou de la montagne de l’esprit, et le fait voler en éclat (de rire)…..merci merci!

  8. Bonjour Mouloud, bonjour vous tous,

    J’ai ajouté un petit complément à la suite du billet ★ 

  9. Bel éclaircissement, il est vrai que ce regard de bébé demeure, reste, et c’est bien « ce regard de bébé » qui est le même ici, qui est en fait ce qui nous permet d’être ici, ensemble dans cette compréhension du cœur, car je dirai qu’il est impossible à l’esprit pensant de même saisir cela, il en est incapable. Car c’est ce regard qui est compréhension et non ce qu’on pense! Comme tu le dis si bien il ne s’agit pas de maintien, car en fait il est avant c’est lui qui maintient le reste ce qui émerge, donc effectivement « vacance » ouverture » s’accueillir!

    Quant à la discussion avec Jean elle éclaircit vraiment ce « concept de conscience » qui bien souvent est confus.,Dans ta réponse « Dans ma démarche personnelle, ce n’est pas plus de conscience qui m’a amené à la réalisation. C’est plutôt un abandon total à la vie, au vivant. »

    dit tout, car c’est bien ainsi que je le ressent ou pressent » car ce qui est là, toujours là n’a pas besoin d’un « plus de conscience » mais d’une reconnaissance, d’un accueil » ici à tous les instants. les mots « apprivoiser », « s’en remettre » connectent tout à fait en nous sans un effort conscient qui serait « un plus »!

    Merci Denis d’enfoncer le clou de l’évidence que le cœur reconnaît!

  10. Ce regard du bébé est une invitation à être cette « Ouverture », cette « vacance » face à ce qui vient, à ce qui s’offre ICI, MAINTENANT: la VIE!

    Parce que, la Présence…

    Merci, à tous.

  11. L’ennui est la porte de notre « immensité », c’est seulement notre habitude à rester sur le seuil, par quelque habile moyen, qui perpétue l’habitude…

    Mais la porte est grande ouverte, sans cadre ni battant, l’immensité du Coeur est immanquablement Ici, sans condition, sans réserve…

  12. Il faut languir, attendre et regarder vainement.

    Nous regardons la porte ; elle est close, inébranlable.

    Nous y fixons nos yeux ; nous pleurons sous le tourment ;

    Nous la voyons toujours ; le poids du temps nous accable.

    La porte est devant nous ; que nous sert-il de vouloir ?

    Il vaut mieux s’en aller abandonnant l’espérance.

    Nous n’entrerons jamais. Nous sommes las de la voir…

    LA PORTE EN S’OUVRANT , laissa passer tant de silence

    Que ni les vergers ne sont parus ni nulle fleur ;

    Seul l’espace immense où sont le VIDE et la lumière

    Fut soudain présent de part en part, COMBLA LE COEUR ,

    Et lava les yeux presque aveugles sous la poussière.

    La porte , Simone Weil .

  13. Il suffit de frapper pour voir la porte s’ouvrir.

    Il suffit de frapper pour voir que la porte était ouverte.

    Il suffit de frapper pour voir qu’il n’y avait pas de porte.

    voir, voir, voir

    et se réjouir

    ….

  14. En écho, ces quelques mots de l’ ami Monko :

    « Oui, chez les petits enfants, on peut voir qu’il n’y a strictement personne derrière leurs yeux. Et c’est le « personne derrière les nôtres » qui voit cela. Mais peu après, nous réinvestissons de nouveau le regard d’une tension, d’un devenir, d’une histoire… Voilà pourquoi de nombreux adultes éprouvent ce malaise à regarder les bébés et détournent le regard, car ils y voient leur nudité première qu’ils tentent de fuir sans cesse à grands coups d’efforts. Ils pourraient voir leur mort prochaine briller dans le regard d’un bébé…Ca les fait flipper… »

    Cher Denis,

    Dans une « vacance »,

    j’ai eu cette même sensation dans un face à face avec les vaches en montagne…

    bonne journée

    Jean-Claude

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