Écouter et entendre

Être dans l’écoute, ce n’est pas écouter mieux ou écouter davantage. Nous n’allons pas devenir ce que déjà nous sommes. Voyez en vous et tout autour comment s’actualise constamment le renouveau de la vie, dans sa fraîcheur et son éclat virginal. Être dans l’écoute, c’est permettre “cela”, être à “cela” qui entend. Habituellement, l’esprit s’emploie à analyser et à décrypter ce qui survient dans l’instant, ainsi que ses propres réactions… À présent, quel est le cœur, quel est “cela” qui les reçoit et qui les vit en définitive ?

L’écoute est une adhésion par le repos, en confiance avec le mouvement naturel. Spontanément, lorsque nous ne les retenons pas, nos constructions, nos solidifications mentales, se résorbent en leur propre nature, pareil aux vagues dans l’océan. Constamment, l’illusion, l’apparence, s’épuise laissant place à nouveau à la Présence originelle et immuable que, par-delà les formes, nous ne cessons jamais d’être.

L'absolu de l'absolu

“C’est fini !” Je dis cela à l’égard du “personnage” qui cherche continuellement à rajouter une couche, ou bien à en retirer une. Ce cher personnage, il a tellement d’espoir, de volonté d’y arriver… Lorsque je dis “c’est fini”, comprenez que c’est parce que nous tendons tellement vers une “autre” vérité que celle-ci où nous sommes et dont nous faisons partie. Qu’est-ce qui ne va pas avec ce maintenant qui est là ?

Cet instant ne change que dans sa forme, dans son apparence. En réalité, il s’agit du même. Tout comme c’est le même ciel qui s’assombrit, se zèbre d’éclairs, se met à pleuvoir, à neiger, à s’éclaircir… Voyez comme ça bouge, ça change en permanence à l’extérieur, comme à l’intérieur… Pourtant, vous ne bougez pas, vous êtes constamment ici. La Nature absolue comporte un aspect relatif, à l’instar de l’eau avec ses reflets et ses mouvements. Nous ne reconnaissons que cet aspect. Notre personnage cherche l’Être, le Soi, parce qu’il se pense différent. À travers lui, nous pouvons penser et aussi ressentir tellement de choses. Cependant, tout ceci est l’expression relative d’une Nature absolue. L’êtreté n’a pas besoin d’être pensée. Elle est spontanément Présence-Vie.

[quote align= »left » color= »#999999″]

Note : Symbolisons notre Être par un téléviseur et notre mental par les programmes qu’il diffuse.

Le programme peut être pourri ou excellent, le téléviseur va bien dans tous les cas.

Dans tous les cas, il y a d’abord un téléviseur (le fini) qui permet des programmes (le relatif).

La Nature absolue, comme l’eau, le ciel, l’être, demeure une ouverture immuable.

Les pensées, les reflets, les climats, s’élèvent et alternent, pourtant, ils ne changent en rien l’espace, la Nature d’où ils proviennent.

Le ciel ne se définit pas en fonction des variations du temps. Il en va de même de notre Être.

Apparaissant en lui, ce n’est qu’un “programme”, qu’une pensée relative qui juge et colle une étiquette ![/quote]

Un monde d'or

Nous ne voyons pas l’instant tel qu’il est dans sa nudité. Nous l’ignorons. C’est le caractère qu’il prend que nous retenons.

C’est comme si nous étions dans un monde entièrement fait d’or. Cependant, nous ne le réalisons pas, nous reliant davantage aux apparences qu’au fond. Nous sommes fascinés, comme enfermés dans un jugement esthétique. Aussi, continuellement, nous trions. Nous adoptons ou rejetons les formes concrètes et abstraites qui nous charment, ne découvrant pas qu’il n’y a que de l’or. Lorsque nous tentons de connaître le fond, c’est toujours vers une forme, parfois subtile, que nous nous tournons.

Il ne s’agit pas d’appliquer une attitude “sans intention”, d’avoir l’intention d’être “sans intention”, mais de réaliser que nous sommes spontanément ainsi. C’est notre Nature, “l’or”, qui est libre d’intention.

Derrière les apparences

Peu importe où nous en sommes. Ce qui compte, c’est maintenant. C’est la vérité qui est ici.

Par-delà les formes, il y a toujours la Vérité qui nous accompagne. Il y a toujours l’espace du vivant. Il y a toujours la Présence qui nous porte. Ceux-ci ne dépendent pas de nous. Mais nous y sommes plus ou moins disponibles et réceptifs.

Lorsque nous dépassons les apparences et nos jugements, nous rencontrons notre nature absolue et celle de toute chose. Nous sommes chez nous.