Nature de l'illusion

À quoi nous éveillons-nous ? À la vérité ! Et la vérité est déjà là. C’est pour cela que l’on parle d’une “illusion” : illusion de la séparation, illusion de la dualité… À travers l’esprit conceptuel, il est facile de concevoir et d’appliquer notre propre grille de lecture du monde. S’illusionner c’est donner l’avantage à notre version de la vérité. Cependant, ce filtre ne change en rien la vérité de ce qui est. C’est pour cela que nous n’allons pas la “rétablir”, ou bien nous “hisser” jusqu’à elle. Plus simplement, nous allons cesser de lui substituer nos idées et nos projections.

Mettre fin à la substitution revient à constater, à reconnaitre, qu’en réalité celle-ci à toujours été factice. Au regard du réel, notre jeu mental n’a pas plus de pouvoir que celui des reflets sur l’eau.

Du rêve à la réalité

Généralement nous zappons d’une pensée à l’autre. Cependant, savons-nous zapper du mental lui-même ? Ce qui pourrait concrètement nous libérer dans notre démarche pour la vérité, c’est de changer notre “référentiel”. Si malgré tous nos efforts nous demeurons illusionnés, c’est parce que toutes nos tentatives sont également illusoires. Elles appartiennent à la même illusion. Nous sommes en quelque sorte à creuser un tunnel imaginaire pour nous évader d’une prison imaginaire. Ainsi, nous ne faisons que modifier le scénario de notre rêve.

Le changement de référentiel est un changement total de paradigme ; celui du personnage à l’être. C’est le passage du monde des idées au monde réel. Ce qui correspond au fait de passer du flot des pensées à leur nature. Au lieu de nous cantonner au bavardage mental avec ses théories, ses connaissances, ses décisions, ses jeux symboliques, nous pouvons contacter et vivre le monde tel qu’il est, intrinsèquement. Il nous est possible de recontacter sa nature originelle autant de fois qu’il est nécessaire, autant de fois que nous l’oublions.

La subtilité étant que la référence n’est pas extérieure ou différente de nous. Par-delà les formes et les états successifs, nous sommes la Nature indivisible et inchangée. En elle, nous sommes le référentiel originel. Il s’agit d’oublier toutes nos considérations intellectuelles au point que “changer” ne soit plus qu’une idée vide.

Lâchez-vous… Libérez la saisie de vous… Accordez-vous une détente totale, une ouverture propice à l’évidence. Ainsi vous trouverez “ce qui reste”, et auquel vous appartenez. Vous constaterez que tout état, toute conscience et toute projection sont contenus en la Présence-clarté initiale qui s’actualise spontanément.

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Note : Qui prend la décision ? Probablement le personnage. Mais cela importe peu, puisqu’il n’existe pas vraiment ! Tout reflet appartient à l’eau. Ils en ont la nature. Chercher à éviter que le personnage prenne des décisions, c’est encore lui accorder, ou s’accorder, beaucoup d’importance. L’éveil est plus qu’une démystification du “personnage”. Il trouve son ampleur du fait de réaliser l’inertie de notre sommeil, de notre confusion, de notre autisme, en proie au monde imaginaire et sans limites des projections mentales.

Le point c’est de cesser d’entretenir notre “système”, de permettre que se désamorce la fascination du miroir.

Note II : Si nous en sommes ; nous y sommes ! …

Notre bavardage mental n’affecte pas la vérité, pas plus qu’une radio n’affecte la pièce où elle diffuse. C’est pour cela que la réalité est une expérience qui se “savoure” à travers le corps-esprit, plutôt qu’une notion à “comprendre”, à saisir par l’intelligence. Notre investissement mental s’arrête, précisément, lorsqu’il a “compris” et admis que cela ne peut pas dépendre de lui. Dès lors, le mental est perçu comme un attribut, une simple fonction de la Nature. C’est depuis ce constat que nous nous “lâchons” et contactons l’Être en tombant dans sa simplicité, dans sa Présence-clarté. C’était ici, seulement nous ne le prenions pas en compte, puisqu’il est impossible de l’appréhender par une logique mentale.

En cela, il y a une sorte de dénouement redoutable qui nous précipite dans le réel.

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Rien ne manque

Se révéler au contact de l’ennui.

Si vous rencontrez une situation ennuyeuse, alors, ne cherchez pas à fuir. Ne cherchez pas à vous distraire. Au contraire, utilisez cette occasion afin de vous passer de votre personnage et d’être “cela” que vous êtes, “cela” que nous sommes en vérité. Comprenez que c’est seulement le personnage qui s’ennuie. L’être, la vérité que nous sommes, ne connaît pas l’ennui. Cette êtreté se déploie gratuitement, spontanément, de façon inconditionnelle. Comment ne serions-nous pas bien ici, étant donné que nous y sommes déjà, étant donné que nous y sommes sans cesse ? Quel besoin de tenir un rôle, de s’occuper ? Quel besoin de justifier cette présence ?

Si vous vous ennuyez, lâchez votre personnage. Lâchez-le encore, lâchez cette idée de vous-même, et permettez à “cela qui est” d’être naturellement, de s’imposer plus que toute idée. Dans cette simplicité, dans cette spontanéité, nous sommes “entièrement”. Rien ne manque.

L'illumination dans l'Écoute

Un don s’actualise, une vérité se dit, mais cela nous ne le voyons pas parce que nous ne sommes pas disponibles. Nous sommes emplis de nous-mêmes et de toutes nos idées, aussi, il n’y a pas la place. Comment Voir et vivre la Nature du monde, telle qu’elle est, lorsque nous projetons en permanence sur elle ? L’êtreté nous en parlons beaucoup, mais combien la vivons-nous, la laissons-nous éclairer notre vie ?

Au nom d’une pseudo liberté intellectuelle, certains jugent, interprètent, contredisent mes propos. Les personnes illusionnées savent mieux que celui qui est éveillé. Si vous voulez, très bien, c’est comme ça… Mais à quoi ça les avance ? À se prouver qu’eux aussi ils ont une sagesse et le pouvoir de l’éveil ?

Je ne suis qu’un vecteur. Je ne prétends pas dire la vérité, car celle-ci se proclame d’elle-même, spontanément. Tout est vrai (nous inclus), tout le temps, et rien ne sera plus vrai que ça ne l’est actuellement. En avoir la seule compréhension intellectuelle ne fait pas qu’on en jouit concrètement au quotidien. Par contre, c’est dans le contact, dans notre écoute, dans notre regard, qu’enfin cela apparaîtra. Aussi, permettez-vous d’être rejoint. Rendez-vous disponible, réceptif, en communion… L’enseignement ultime et salvateur réside, se révèle, à travers notre capacité d’écoute et non dans la transmission d’un quelconque secret.

Auto proclamation

Malgré notre parcours, nous sommes toujours enclins à nous justifier par le biais d’un discours et d’une pensée, bien que nous en soyons libres. Pourtant, la vérité s’affirme d’elle-même. Elle n’a pas besoin que “quelqu’un” s’en charge. Nous voulons montrer ce qui, spontanément, se montre par lui-même. Nous le faisons pour tenter de nous rassurer. Exerçant ainsi notre volonté, nous continuons de nous faire exister dans une idée. Concomitamment, nous masquons, nous ignorons, la “volonté primordiale” qui naturellement se proclame à travers nous.  

Se prendre pour

La relation avec l’aspect illusionné

Le mental n’est pas “quelqu’un”, de même qu’il n’est pas “autre”. Il s’agit d’un outil, d’une fonction que nous détenons. C’est comme le miroir que nous utilisons pour nous apprêter. Le reflet qu’il nous renvoie est vide. Il en va de même pour notre personnage. Il ne s’agit que d’une idée. L’illusion, ce n’est qu’une idée qui se gêne elle-même, et qui décide de se mettre en quête d’une solution en recherchant la vérité. Mais de quoi parlons-nous ??? C’est aussi cette idée qui veut rester dans “l’observateur” et qui tente d’éviter de “s’impliquer”…  Cela paraît logique du fait de notre identification. Aussi, c’est l’écueil que nous devrions éviter afin de ne pas mettre l’illusion sur le chemin de l’éveil.  

Fondamentalement, il n’y a même pas besoin de défaire cette identification. Il ne s’agit que d’une IDENTIFICATION. “Se prendre pour…” ne fait pas qu’on le devient. Au contraire, parce que nous ne pouvons pas le devenir, il nous faut nous y investir en essayant encore et encore. Comme il m’est arrivé de le dire : “nous pratiquons l’illusion”. Plutôt que d’assumer notre nudité, nous nous habillons, nous nous masquons. Tous les matins nous revêtons notre “costume”. Si le rôle se manifeste, s’impose, c’est parce qu’il est joué, c’est parce qu’il est nourri. Il y a donc bien un corps, une Présence initiale qui est à l’origine de l’illusionnement. C’est pour cela que j’invite à nous découvrir “avant”, plutôt que de nous rechercher “après”. 

La vérité reste vraie. Elle s’accomplit d’elle-même.  

Devant nous, il n’y a jamais eu qu’un “miroir”. Il n’y a personne d’autre.

(billet en réponse à l’e-mail de Nordine et à celui de Sylvain)

L'idée secrète

L’éveil se fera sans vous, sans le “personnage” auquel vous vous identifiez. Il se fera sans lui, parce qu’il est déjà proclamé, déjà servi.

C’est bien parce que nous poursuivons nos idées sur lui, que la réalisation n’éclate pas. Parce que nous nourrissons un flot d’idées sur l’idée initiale d’un “je” que nous voudrions vrai.

Ce personnage ne tient que par un jeu, que par le discours que nous lui prêtons.

Intérieurement, qui parle à qui ?

Vous pouvez arrêter de parler, parce qu’il n’y a personne “d’autre” à qui parler.

Mais si vous voulez continuer de parler, parlez …

De toute façon, il n’y a personne d’autre.

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Note : Dans la continuité de cette conversation, à laquelle Daniel fait allusion dans son dernier billet : Nous sommes FINIS !

“L’éveil se fera sans moi”, cela ne peut pas être un nouveau projet, mais la fin d’un rêve et d’une fuite en avant ! Tout ce que nous pensons qui ne colle pas dans notre vie, n’a rien à voir avec la vérité de cet instant, mais avec l’irréalité de notre personnage. La vérité est simplement vraie et qu’importent nos jugements de valeur. Cet “ici” est valable depuis toujours. Il n’exige pas que l’on y ajoute notre grain de sel. Achever l’histoire, vouloir s’en sortir, s’éveiller… voilà qui constitue encore un moteur d’espoir dans le jeu de l’illusion.

L’illusion n’a jamais été vraie, elle n’a donc pas besoin d’essayer de le devenir. Il ne s’agit que d’un jeu éphémère, d’un rôle que l’on déclame et qui s’évanouit dès que l’on se tait. C’est le souffle qui porte notre voix qui est vrai ! Wouf ! Ce monde va très bien sans nous (le rôle). Nous essayons de trouver des responsabilités qui justifient notre position, mais il n’y en a aucune. Voilà, la désillusion, la prise de conscience que nous redoutions. Nous avons fait tout cela pour une auto justification, pour avoir une raison d’être.

Cet instant que nous vivons ne nous réclame rien. Nous sommes déjà là. Heureux ou malheureux, éveillés ou endormis… il nous accueille spontanément. L’absolu n’est pas un point culminant. C’est la Nature vraie de toute chose. Indépendamment de toutes les formes qu’elle adopte, des enjeux qualitatifs et quantitatifs qu’on lui associe, elle demeure simplement, uniquement, la Nature absolue.

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