Nature de l'illusion

À quoi nous éveillons-nous ? À la vérité ! Et la vérité est déjà là. C’est pour cela que l’on parle d’une “illusion” : illusion de la séparation, illusion de la dualité… À travers l’esprit conceptuel, il est facile de concevoir et d’appliquer notre propre grille de lecture du monde. S’illusionner c’est donner l’avantage à notre version de la vérité. Cependant, ce filtre ne change en rien la vérité de ce qui est. C’est pour cela que nous n’allons pas la “rétablir”, ou bien nous “hisser” jusqu’à elle. Plus simplement, nous allons cesser de lui substituer nos idées et nos projections.

Mettre fin à la substitution revient à constater, à reconnaitre, qu’en réalité celle-ci à toujours été factice. Au regard du réel, notre jeu mental n’a pas plus de pouvoir que celui des reflets sur l’eau.

Voir et comprendre

Nous devrions bien faire la distinction entre “comprendre” et “voir”. Communément, nous disons “tu vois ce que je veux dire”. Sur le plan spirituel, “voir” n’est pas synonyme de “comprendre”. Il désigne la clarté et la qualité cognitive inhérente à la Nature. Lorsque nous “comprenons”, c’est notre mental, notre intellect, qui est sollicité. Le Voir est spontané. Pareil au miroir, il est un éclat non discriminant, une ouverture qui embrasse tout.

“Voir” n’a pas le seul sens de regarder ou de percevoir. De façon plus essentielle cela se rapporte à une Vue directe liée à notre Être, qui s’exerce à travers tous nos sens. Instantanément, ça Voit ! Ainsi, cela ne dépend pas d’une volonté. Nous pouvons ignorer cette qualité, mais cela ne fait pas qu’elle cesse en nous. Voir est spontané et constant.

La vie se donne, se produit ici, dans l’instant, dans un renouveau permanent. Illusionnés, nous oublions ce surgissement originel. Nous ne retenons que ce que nous en faisons, les façons dont nous l’exploitons. Comme on se branche à une source d’énergie, nous l’utilisons pour nos projections et toutes nos constructions. Pourtant, en nous, le vivant scintille comme un cristal flamboyant. Malgré notre cécité, depuis toujours, il brille et nous prodigue sa force, sa chaleur et son amour.

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La vue directe libre de concept

Certaines personnes ont réalisé la vacuité de leur personnage. Pour autant, elles n’ont pas réalisé l’illusion de leur mental. Du personnage, elles sont passées à d’autres concepts comme celui du “non-personnage” ou de “il n’y a personne”. Par conséquent, c’est toujours leur mental qui argumente et cherche à vendre cette découverte. Au lieu de laisser place à la vue directe, au “live”, à la grâce, elles s’en remettent encore à une(des) idée(s).
C’est une bonne chose de réaliser la vanité de certaines de nos idées maîtresses, toutefois, il est plus bénéfique de réaliser l’illégitimité et l’emprise du jeu hypnotique qui leur donne du pouvoir. Face au miroir, vous pouvez comprendre que cette image qui vous ressemble ce n’est pas vous, sans pour autant déduire, reconnaître que tous les reflets qu’il contient sont également des ombres vides.

Trouver sans le chercheur

Ce que nous appelons quête spirituelle ne se déroule pas dans les investigations du mental. Curieusement, il ne s’agit pas d’investir le monde abstrait, mais de réaliser que le concret est de nature abstraite. Le ciel ne se situe pas au-dessus de nos têtes. Il est absolument partout. Aussi, il est vain de le rechercher ailleurs, ou dans un autre temps.

La forme recherche le fond. La vague recherche l’océan. Nous nous croyons différents, séparés, mais il n’en est rien. Tant que nous suivons l’esprit discursif et les projections mentales, nous demeurons en retrait du réel où nous sommes, auquel nous appartenons. Le mental nous “isole” dans une subjectivité, dans une individualité, dans un rêve éveillé, alors que nous sommes simplement ici, dans ce présent, dans une êtreté spontanée libre de tout conditionnement.

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Note : Il ne s’agit pas de se “maintenir”, mais de réaliser “cela” qui déjà nous porte. Le but n’est pas de devenir un expert, mais de reconnaître et de s’oublier en “cela” que nous sommes spontanément, indépendamment de toute volition. Si notre quête n’aboutit pas, c’est parce que nous continuons de nous investir dans le mental, comme tous les êtres qui s’illusionnent. Nous ne faisons qu’ajouter des idées, des projets spirituels à notre histoire. Dans les faits, nous continuons de nous détourner de la Présence, de l’êtreté, en maintenant notre bulle de rêve. Aussi, l’important n’est pas de chercher, mais de trouver. Arriver ici, arriver dans ce vivant, est un réveil à “ce qui Est”. C’est passer de “notre monde” “au monde”, celui de l’imaginaire et des théories au concret, au vivant. C’est être en “live”.

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L'eau de la Présence

Comme vous le feriez sur l’eau, appuyez-vous sur l’ouverture de l’instant et laissez-vous flotter sur l’espace de la Présence.

C’est comme si nous n’étions pas vraiment arrivés ici, ou que nous n’étions pas entièrement engagés. Nous restons en retrait afin de nous protéger. Au lieu de nous éveiller et de vivre pleinement, nous demeurons dans un demi-sommeil. N’est-ce pas insatisfaisant de se tenir cachés derrière le mental, de continuer à se bercer d’histoires ?

Parce que nous n’épousons pas la Présence, nous ne la connaissons pas. Nous ne connaissons que les idées que nous avons d’elle. Parce que nous ne nous détendons pas, nous sommes encombrés de nous-mêmes. Si cela peut vous rassurer, comprenez que vous y êtes déjà. Ce n’est pas vous qui la prenez en charge, c’est elle qui vous porte depuis toujours. Mais cela, vous le Verrez, vous le vivrez concrètement, qu’au moment où vous aurez tout lâché.

Le Voir qui nous “précède”

“Je ne suis pas mon esprit”. Je voudrais revenir sur cette affirmation. Au regard de certains échanges, je remarque que la différenciation qu’elle est censée provoquer ne se fait pas. Au lieu de nous désidentifier de la pensée et de nous retrouver dans la présence de notre Nature, c’est encore l’esprit qui s’en empare. Nous restons dans la sphère du mental, ne faisant qu’y ajouter une nouvelle “compréhension”, une nouvelle “idée”. Continuer la lecture de « Le Voir qui nous “précède” »

Le Silence a le dernier mot.

Il y a une Ouverture en nous, autour de nous, que rien ne peut obstruer.

À l’instar de la voix physique, notre voix mentale ne peut l’emporter sur le silence.

Écho ! … Écho ! …

Parler avec le mental, c’est comme le fait de parler avec son écho (ou ego !). Celui-ci renvoie toujours une réponse. Pourtant, il n’y a personne à qui parler. Toute la conversation est factice. Toutefois, si à nouveau vous “lui” parlez, “il” répondra !