Perdre l'esprit

Ce n’est pas tant ce qui se dit qui importe lors des rencontres auxquelles vous venez, mais les moments de rupture et d’ouverture que cela produit dans notre continuum. La réalisation ne repose pas sur une “compréhension”, sur une explication plus aboutie. Ce n’est pas quelque chose que l’esprit peut saisir étant donné que c’est la Nature même de l’esprit. Nous pouvons modeler et remodeler une boule de glaise ; elle reste de la glaise. C’est dans un relâchement, une perte, une ouverture, que nous reconnaissons que nous nous trouvons en adhésion à vivre directement la Nature.

De forme en forme

Quoi que nous pensons de nous, positif ou négatif, en termes d’aptitude ou d’inaptitude, nous “Sommes” et conservons notre appartenance à la vérité. Depuis notre confusion, ce n’est pas un “état” ou une “compréhension” que nous devons atteindre, mais Voir et vivre la Nature de ce que nous sommes. Les compréhensions et les états que nous pouvons gagner sont aussi ceux que nous pouvons perdre. La vérité de la Nature renferme tous les états, manifestés et non manifestés. Si tout état est vrai en Nature, il est superflu d’en changer pour réaliser la Nature. Il en ressort la vanité d’un but et d’une recherche, qui nous ouvre à l’évidence et à une vacance naturelle.

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Le mythe d'une séparation

Pour moi, il est important de dire et de redire ce que nous “sommes” et “là”, où nous sommes. Sinon, je m’adresse à une croyance et donne ainsi du crédit à ce qui n’est pas. L’une des choses les plus dévastatrices et irréversibles qui m’a frappé lors de la réalisation, a été de constater que, aussi loin remontait ma mémoire, j’avais toujours été ici, dans cet instant vivant, dans ce monde. C’est uniquement dans mon récit, dans le mental et ma logique conceptuelle, que j’avais “bougé”.

Quelle blague ! Malgré toutes nos entreprises, tous nos déplacements, nos gesticulations, nos gloires et nos échecs… Jamais, nous ne quittons la Présence. Nous demeurons ici, dans cet instant, au cœur du monde. Comment pouvons-nous croire le contraire ?

Comment dans ma recherche, tous ces maîtres que j’avais rencontrés et suivi l’enseignement m’avaient, nous avaient, laissé croire que nous étions ailleurs et séparés ? Quel était donc leur éveil, puisque eux aussi donnaient foi à un ailleurs et à la pratique d’un chemin pour “revenir” ? Bien que des textes bouddhistes affirment cette vérité absolue et immuable, dans les faits cela reste théorique. Il semble qu’à notre “niveau”, celle-ci ne sera possible que sous certaines “conditions”, plus tard dans un “autre temps” !?

Comme je l’ai déjà dit, il n’est pas nécessaire de prolonger le rêve, ni de le changer, ni de le finir, pour se réveiller. Cela revient à reprendre des somnifères. Il y a “ce que nous sommes” et “ce qui nous arrive”. Il y a l’océan et il y a les vagues. La Nature absolue ne dépend pas du relatif. Elle l’est déjà, et demeure ABSOLUE. Elle EST spontanément.

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Note : Quoi qu’il en soit, là, maintenant, n’êtes-vous pas “ici”, en vérité “ici” ?

En aucune façon nous ne bougeons d’ici, de la Présence. Aussi, nous devrions nous détendre… cela n’arrivera jamais !

Nous ne partons et ne revenons qu’en pensée et en rêve.

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