Contacter

Afin de reprendre “contact”, nous faisons comme un petit mouvement interne. Cela s’apparente à une détente, au fait de revenir en soi. Une tension se relâche et ça se dépose en nous, comme lorsque l’on a décidé de rester ou de ne plus attendre. Ainsi, nous cessons de nous projeter, de nous mettre en devenir.

Il est difficile pour nous de se connaître depuis notre Nature sans ce retour “à soi”, “chez soi”. Il s’agit d’une connaissance qui résulte d’une expérimentation concrète. En cela, le mental n’a rien à saisir. Cela se situe sur un autre plan. C’est comme passer du fait “d’avoir” au fait “d’être”. Nous sommes “avec”, en communion au monde et au vivant qui s’actualisent. C’est comme se resynchroniser et retrouver le rythme d’une danse. Dans cet ajustement, une harmonie et un sentiment de bien-être résonnent. L’êtreté se savoure.

Écouter par cœur

L’Écoute, c’est quand nous nous laissons rejoindre et que “cela” résonne dans le cœur, que les mots non plus d’utilité. Un silence immobile et une saveur de plénitude s’imposent en nous. De cette vacance sereine et lumineuse peut surgir une parole nouvelle, comme une reconnaissance, une expression spontanée de gratitude. Nous sommes toujours à commenter les formes, alors que bonnes ou mauvaises, justes ou imprécises, toutes, sans exception, désignent immanquablement la nature de vérité.

Celle-ci est directe. Dès que vous ouvrez, que vous laissez la place à la Vue spontanée, concomitamment, vous “êtes” en vérité. Vous l’expérimentez concrètement. Quiconque est dans l’Écoute se retrouve directement en la Source. Par aveuglement, par habitude, par peur, nous restons dépendants d’un regard indirect. Nous abordons le monde et nous-mêmes à travers le filtre du mental. Nous sommes tenus par ses lois et sa logique discursive à laquelle nous nous soumettons. Voilà le “jeu” intermédiaire qu’il nous faut lâcher, afin que par l’évidence se “réalise” en nous la Nature originelle.

Mon approche n’est pas intellectuelle. J’utilise le langage et ses concepts pour communiquer, mais cela ne contient pas ce que je transmets. Le doigt pointe la lune ; il n’est pas le but en soi. Du point de vue de ma réalisation, il n’est pas utile d’étudier. “Heureux les simples en esprit”. Cela ne dépend pas d’une “compréhension”, d’une quelconque capacité ou habileté à saisir par l’esprit. L’éclat du vivant est à la portée d’un enfant. Depuis toujours, sans se corrompre, il resplendit dans la Vision nue.

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Laisser tout tomber…

Laissez tout tomber… jusqu’à laisser tomber “le fait de laisser tomber”, ainsi que toutes les stratégies d’évitement. Il est important que plus une seule projection ne vous encombre, ne vous accapare. Videz tout votre sac, comme vous le feriez sous le regard d’un douanier tatillon, afin de lui confirmer que plus rien ne s’y trouve, et qu’ainsi, il le voit parfaitement vide.

Afin de découvrir notre Nature et d’en faire l’expérience concrète, nous devons nous dépouiller de tous nos états, ne retenir aucune forme, aucune posture. C’est dans une détente totale, dans le relâchement de toutes nos constructions que nous pouvons réaliser ce qui est libre d’élaboration ; la Nature fondamentale à laquelle nous appartenons.

Tout lâcher peut se résumer au fait de se lâcher soi.. En relâchant la seule saisie de nous-mêmes, de “celui” qui retient, tout est libéré de surcroît. Ainsi, nous vivons concrètement “ce qui est”, “tel que c’est”, la pure Présence. Toutefois, nous réalisons proportionnellement à ce que nous lâchons. C’est lorsque le lâchage est entier que se désamorce le jeu duel et qu’ainsi apparaît et s’impose “cela” qui tient de lui-même. Ce faisant, nous sommes affranchis de la vision conceptuelle. Il n’y a plus “ici” et “là-bas”, plus de quête. Dans l’unique instant, nous sommes libres de toute histoire entre un “sujet” et un “objet”. La Présence vive s’impose et se trouve magnifiée.