Laisser tout tomber…

Laissez tout tomber… jusqu’à laisser tomber “le fait de laisser tomber”, ainsi que toutes les stratégies d’évitement. Il est important que plus une seule projection ne vous encombre, ne vous accapare. Videz tout votre sac, comme vous le feriez sous le regard d’un douanier tatillon, afin de lui confirmer que plus rien ne s’y trouve, et qu’ainsi, il le voit parfaitement vide.

Afin de découvrir notre Nature et d’en faire l’expérience concrète, nous devons nous dépouiller de tous nos états, ne retenir aucune forme, aucune posture. C’est dans une détente totale, dans le relâchement de toutes nos constructions que nous pouvons réaliser ce qui est libre d’élaboration ; la Nature fondamentale à laquelle nous appartenons.

Tout lâcher peut se résumer au fait de se lâcher soi.. En relâchant la seule saisie de nous-mêmes, de “celui” qui retient, tout est libéré de surcroît. Ainsi, nous vivons concrètement “ce qui est”, “tel que c’est”, la pure Présence. Toutefois, nous réalisons proportionnellement à ce que nous lâchons. C’est lorsque le lâchage est entier que se désamorce le jeu duel et qu’ainsi apparaît et s’impose “cela” qui tient de lui-même. Ce faisant, nous sommes affranchis de la vision conceptuelle. Il n’y a plus “ici” et “là-bas”, plus de quête. Dans l’unique instant, nous sommes libres de toute histoire entre un “sujet” et un “objet”. La Présence vive s’impose et se trouve magnifiée.

Ne pas en reprendre

Certains pensent qu’avec le temps, l’éveil finira par leur tomber dessus, comme “tout cuit dans le bec”. Cela arrive dans certains cas, mais c’est assez exceptionnel.

J’ai plutôt envie de dire que, si l’éveil et la libération ne sont pas en haut sur la liste de nos priorités, ils ne se produiront pas.

Lorsque l’on est en addiction, on ne lâche pas le morceau comme ça. Sortir de nos croyances réclame certains efforts, de l’endurance, de la persévérance, du courage… Il y a des rechutes, des passages à vide… Probablement que nous avons une formidable compréhension, une expérience des pièges que l’on rencontre tout au long de la quête. Cependant, si nous ne lâchons pas certains automatismes, certaines habitudes illusoires, aucun changement radical ne prendra place. Nous resterons coincés “entre deux chaises”. Cela peut durer longtemps.

Nous aimons dire qu’il n’y a “rien à faire” pour s’éveiller. C’est vrai, l’éveil se manifeste de lui-même. Toutefois, il s’agit de le permettre, afin de passer de la connaissance à l’évidence. Si nous continuons de “consommer” l’illusion, “d’en faire”, nous ne parviendrons pas à reconnaître, à réaliser l’autolibération, la Vérité spontanée. Tant que nous agitons l’eau, elle s’agite… sa nature absolue ne nous apparaît pas. Notre effort dans ce cas ne porte pas sur l’éveil, mais sur l’irrépressible envie de s’impliquer dans l’illusion.

La façon simple de se désintoxiquer, c’est de “ne pas en reprendre” et ce, jusqu’à en être libre.

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Note : Je suis convaincu que nombre d’entre vous ont une bonne compréhension, et pour certains, la reconnaissance de leur Nature. À présent, sommes-nous libres dans les faits ? Notre réalisation doit également se traduire dans l’action. Parce que notre illusion s’est propagée sur un plan trivial, c’est au cœur de la trivialité qu’il est nécessaire de libérer. Je conviens qu’il est possible de se libérer sur un seul déclic. Il existe des témoignages. Mais, la plupart du temps, notre addiction est tenace, elle s’est enkystée et nous devons nous y reprendre à plusieurs fois. 

Si vous vous arrêtez la première fois, vous n’aurez pas besoin d’une seconde fois. Si vous le faites la seconde, vous n’aurez pas besoin de la troisième… Cela se fera progressivement en fonction de la “solidité” de vos croyances et de votre détermination. Finalement, dans le fait de “s’arrêter”, nous n’atteignons rien de nouveau. Nous ne faisons que permettre un “état ordinaire”, ou l’expression naturelle de ce qui Est fondamentalement. C’est parce que vous re-vivrez le caractère immuable et parfait de votre Nature que s’imposera la réalisation, étant donné qu’il n’y a jamais rien eu d’autre.

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Note II : “Le beurre et l’argent du beurre”, on en revient à cette formule.

Nous aimons penser que si l’absolu englobe notre relatif, c’est bon, nous pouvons le garder comme il est. La seule chose, c’est qu’en agissant de la sorte, c’est le relatif, la vision étroite de l’absolu que nous continuons de vivre dans les faits. La “solidité” de notre illusion demeure intacte. Notre avancée consiste à nous satisfaire seulement d’une potentialité. Sinon, nous expérimenterions la liberté. Nous irions “au-dehors”, plutôt que de préférer notre vieille prison. Il est possible d’être libre dans sa prison. Cependant, si celle-ci est notre création, pourquoi à nouveau la recréer ? Pourquoi s’y enfermer ?

Toutes nos considérations dans l’illusion ont aussi la nature de l’illusion. C’est comme si c’était toujours l’illusion qui donnait la réponse. Bien sûr, c’est aussi l’illusion qui pose les questions, mais là, ça semble plus normal. Lorsque l’on vit l’impersonnalité, ça n’a rien a voir avec le costume, avec le théâtre et le jeu. Nous passons sur une autre dimension. Nous devenons le céleste plus que le terrestre. Nous réalisons que le bonheur réside en le Ciel (le Royaume), bien plus qu’en tous les objets qui s’y trouvent. Toutes ces choses, en fait, n’ont jamais fait que nous le montrer. La saveur du Bonheur céleste rend les bonheurs terrestres bien fades, pareils à de simples reflets. Aussi, leur attrait s’épuise de lui-même.

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Réaliser et se libérer

Nous ne vivons pas tels des Êtres éveillés parce que, bien que nous comprenons la nature vide de notre “personnage”, en réalité, nous ne le voyons pas constamment et aussi nous continuons d’y croire.

Nous pouvons comprendre et accepter nombre d’enseignements afin de réaliser. Pour ce qui est de la croyance qui se trouve ancrée plus profondément, cela relève davantage d’un “sevrage” ou d’une désintoxication.

Plus nous contactons notre “impersonnalité” afin de lui laisser la place, plus la croyance en notre “personnage” perdra de la force et finira par s’épuiser. Soit nous la nourrissons, soit nous l’affaiblissons.

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Note : “Contacter” ou, mieux encore, se laisser contacter…

Je reviens sur cette “place”, cette ouverture que nous pouvons autoriser.

Notre esprit est comme un pois sauteur qui, frénétiquement, rebondit d’idée en idée.

Aussi, il est crucial de l’ouvrir, de le désamorcer, et ce, dans le sens le plus “physique” du terme.

Il y a un discours intérieur qui nous saoule, qui nous enferme et qui ne permet pas le repos, l’apaisement.

Être ICI, est suffisant… Être avec Ce qui Est… simplement… sans la nécessité d’un discours.

Se donner une “Pause”… voilà un premier pas vers le “sevrage”.

Se désintoxiquer, ce n’est pas faire quelque chose de compliqué.

C’est seulement “arrêter d’en prendre”.

Cessez d’affirmer le “personnel” et l’impersonnel sera là, il reviendra au premier plan.

Il a toujours été ici. Seulement, il était masqué par un jeu incessant.

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Forme vide

Nous sautons de forme en forme en prenant soin d’éviter le fond. Nous adhérerons à de nouveaux concepts, plus subtils, mais finalement, notre référentiel reste le même.

Si la forme est le vide, pourquoi ne pas se contenter du vide, du non formé ? Pourquoi faire une distinction et ne pas voir le fond dans toutes formes ? Lorsque vous le verrez, c’est par jeu que vous bondirez, que vous “formerez” !

Le Voir qui nous “précède”

“Je ne suis pas mon esprit”. Je voudrais revenir sur cette affirmation. Au regard de certains échanges, je remarque que la différenciation qu’elle est censée provoquer ne se fait pas. Au lieu de nous désidentifier de la pensée et de nous retrouver dans la présence de notre Nature, c’est encore l’esprit qui s’en empare. Nous restons dans la sphère du mental, ne faisant qu’y ajouter une nouvelle “compréhension”, une nouvelle “idée”. Continuer la lecture de « Le Voir qui nous “précède” »

Rien à “gratter”

Tous les mots dans ce blog sont seulement pour l’esprit. En fait, il vaudrait mieux les oublier, car ils sont vides. Ils sont autant d’ouvertures provoquées pour “passer à travers”. Si nous nous y attardons, ils pourraient nous “garder” en retrait de l’instant. Les ratiocinations, les mastications mentales ne sont donc pas nécessaires. Continuer la lecture de « Rien à “gratter” »