La vanité du combat

Il ne s’agit pas de gagner ou de perdre un “combat”, celui de l’éveil contre l’illusion, mais de laisser définitivement tout combat, toute lutte, tout enjeu.

Si l’illusion continue c’est parce que, systématiquement, nous la reprenons à l’endroit où nous la laissons. Nous avons l’idée d’une alternance. Cependant, n’est-ce pas le même qui se croit d’un côté puis de l’autre. Nous sommes à la fois celui qui dit “j’y suis” et aussi “je n’y suis pas”.

Si l’illusion consiste à prendre son reflet pour un “autre”, alors, il n’y a pas de problème à résoudre. S’il n’y a pas un “second” réel, il n’y a pas d’histoire entre deux parties.

Ouvrir les cinémas

Ne changez pas de “film”, ouvrez le “cinéma”… Bougez au bon endroit !

Toutes les remises en question, les changements que nous avons faits jusqu’ici se sont produits dans la sphère de l’illusion. Nous avons changé d’illusion, mais nous n’avons pas mis au jour la mécanique de l’illusionnement.

Parce que nous nous détournons du concret, l’illusion, l’imagination, trouve les conditions qui lui permettent de s’imposer. Il faut de l’obscurité pour que le cinéma fonctionne. Aussi, préférez tirer les rideaux, ouvrir les volets, lever les paupières, afin que la lumière entre. Ainsi, l’image sur l’écran s’affadira et perdra naturellement sa force attractive.

Nous ne sommes pas “dans” l’illusion. Nous maintenons l’illusionnement. Les erreurs restent des erreurs parce que nous les considérons comme telles. À la base, il n’y a que la Nature, le flux du vivant, qui apparaît tantôt clair, tantôt sombre, comme l’alternance du jour et la nuit. La Présence est immuable. Elle est à l’image du ciel qui permet toutes les variations de climats possibles sans jamais les devenir.