Arrêter d'être “spécial”

Si nous pouvons fermer la main, nous pouvons aussi l’ouvrir. Si nous pouvons masquer nos yeux avec les mains, nous pouvons aussi les retirer. Aujourd’hui, dans notre attitude illusionnée, c’est une idée, une croyance, une forme mentale, que nous avons placée sur notre conscience.

Nous ne sommes pas tous illusionnés de la même façon, parce que c’est chacun qui crée son illusion. Cela a commencé dans notre plus tendre enfance. Nous nous sommes détournés de l’innocence afin de nous conformer, afin de nous intégrer et parvenir à devenir une “personne”. Peut-on vraiment devenir autre chose ? Nous pouvons développer cette croyance. Cependant, l’illusion se conjugue au présent. Elle n’a pas d’existence concrète. Elle est comme un rôle qui doit être joué et déclamé encore pour prendre forme. Bien que nous soyons conditionnés, programmés, à tout moment nous pouvons relâcher cette logique, laisser le costume, afin d’être “simplement”, au contact de notre identité naturelle.

S’illusionner réclame un effort. C’est comme imposer une posture à notre corps alors qu’il en est libre.

Se prendre pour

La relation avec l’aspect illusionné

Le mental n’est pas “quelqu’un”, de même qu’il n’est pas “autre”. Il s’agit d’un outil, d’une fonction que nous détenons. C’est comme le miroir que nous utilisons pour nous apprêter. Le reflet qu’il nous renvoie est vide. Il en va de même pour notre personnage. Il ne s’agit que d’une idée. L’illusion, ce n’est qu’une idée qui se gêne elle-même, et qui décide de se mettre en quête d’une solution en recherchant la vérité. Mais de quoi parlons-nous ??? C’est aussi cette idée qui veut rester dans “l’observateur” et qui tente d’éviter de “s’impliquer”…  Cela paraît logique du fait de notre identification. Aussi, c’est l’écueil que nous devrions éviter afin de ne pas mettre l’illusion sur le chemin de l’éveil.  

Fondamentalement, il n’y a même pas besoin de défaire cette identification. Il ne s’agit que d’une IDENTIFICATION. “Se prendre pour…” ne fait pas qu’on le devient. Au contraire, parce que nous ne pouvons pas le devenir, il nous faut nous y investir en essayant encore et encore. Comme il m’est arrivé de le dire : “nous pratiquons l’illusion”. Plutôt que d’assumer notre nudité, nous nous habillons, nous nous masquons. Tous les matins nous revêtons notre “costume”. Si le rôle se manifeste, s’impose, c’est parce qu’il est joué, c’est parce qu’il est nourri. Il y a donc bien un corps, une Présence initiale qui est à l’origine de l’illusionnement. C’est pour cela que j’invite à nous découvrir “avant”, plutôt que de nous rechercher “après”. 

La vérité reste vraie. Elle s’accomplit d’elle-même.  

Devant nous, il n’y a jamais eu qu’un “miroir”. Il n’y a personne d’autre.

(billet en réponse à l’e-mail de Nordine et à celui de Sylvain)

Libre de toute compréhension

Ne pas conclure en esprit et rester libre de toute compréhension. 

Si la vérité est déjà vraie et l’illusion vide, nous devrions nous éveiller avant que cette journée ne s’achève. Cela est possible et ne devrait représenter qu’un juste retour à la normale. Tout dépend de combien nous entendons ce qui est dit ici, de combien nous sommes désireux de le constater dès à présent dans notre vie. Constamment, la vérité est tout aussi vraie et parfaite pour chacun. C’est donc chacun qui, à sa manière, la relativise et s’invente une impossibilité. Sommes-nous prêts à lâcher notre construction ?

L'idée secrète

L’éveil se fera sans vous, sans le “personnage” auquel vous vous identifiez. Il se fera sans lui, parce qu’il est déjà proclamé, déjà servi.

C’est bien parce que nous poursuivons nos idées sur lui, que la réalisation n’éclate pas. Parce que nous nourrissons un flot d’idées sur l’idée initiale d’un “je” que nous voudrions vrai.

Ce personnage ne tient que par un jeu, que par le discours que nous lui prêtons.

Intérieurement, qui parle à qui ?

Vous pouvez arrêter de parler, parce qu’il n’y a personne “d’autre” à qui parler.

Mais si vous voulez continuer de parler, parlez …

De toute façon, il n’y a personne d’autre.

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Note : Dans la continuité de cette conversation, à laquelle Daniel fait allusion dans son dernier billet : Nous sommes FINIS !

“L’éveil se fera sans moi”, cela ne peut pas être un nouveau projet, mais la fin d’un rêve et d’une fuite en avant ! Tout ce que nous pensons qui ne colle pas dans notre vie, n’a rien à voir avec la vérité de cet instant, mais avec l’irréalité de notre personnage. La vérité est simplement vraie et qu’importent nos jugements de valeur. Cet “ici” est valable depuis toujours. Il n’exige pas que l’on y ajoute notre grain de sel. Achever l’histoire, vouloir s’en sortir, s’éveiller… voilà qui constitue encore un moteur d’espoir dans le jeu de l’illusion.

L’illusion n’a jamais été vraie, elle n’a donc pas besoin d’essayer de le devenir. Il ne s’agit que d’un jeu éphémère, d’un rôle que l’on déclame et qui s’évanouit dès que l’on se tait. C’est le souffle qui porte notre voix qui est vrai ! Wouf ! Ce monde va très bien sans nous (le rôle). Nous essayons de trouver des responsabilités qui justifient notre position, mais il n’y en a aucune. Voilà, la désillusion, la prise de conscience que nous redoutions. Nous avons fait tout cela pour une auto justification, pour avoir une raison d’être.

Cet instant que nous vivons ne nous réclame rien. Nous sommes déjà là. Heureux ou malheureux, éveillés ou endormis… il nous accueille spontanément. L’absolu n’est pas un point culminant. C’est la Nature vraie de toute chose. Indépendamment de toutes les formes qu’elle adopte, des enjeux qualitatifs et quantitatifs qu’on lui associe, elle demeure simplement, uniquement, la Nature absolue.

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L'humour du “jeu”

C’est la vérité qui libère, pas “l’histoire”.

Il nous arrive d’aborder notre démarche spirituelle comme une sorte de challenge, comme une lutte contre l’illusion. Nous appuyant sur une certaine technicité et une volonté farouche pour mettre en œuvre certains principes… Il est important de bien comprendre que l’illusion n’est qu’illusion. Ce qui veut dire qu’elle n’existe pas, qu’elle est en nature aussi vide qu’un reflet. Toute action que nous dirigeons sur elle, lui donne du pouvoir, ne fait que renforcer son apparente solidité. Ainsi, le jeu duel est maintenu.

C’est dans l’adhésion naturelle et confiante en la perfection et en l’unité de la Nature, de la Présence, que la libération s’actualise. Elle se dérobe, lorsque s’exerce la moindre lutte, lorsque nous continuons de croire en la moindre de nos histoires, dialogues et “tricotages” avec le mental.

Il est difficile de comprendre que nous n’ayons pas à “faire quelque chose”. Aussi, entendez cette expression “ne pas faire” comme le fait de ne pas nourrir ou servir le rôle. Nous sommes semblables à des comédiens sur la scène de la vie. C’est par la croyance en notre jeu que nous sommes identifiés au personnage et prisonniers du décor. La façon d’y échapper est de ne plus investir et tenir dramatiquement le rôle. Plus directement, c’est Voir et admettre que tout ceci n’est pas vrai. Nous restons libres d’agir et d’occuper avec humour notre place dans le monde évanescent, voyant comme un rappel qu’à la fin de chaque acte, ainsi que chaque soir, le rideau tombe.

“C'est dur de tout lâcher”

Qu’as-tu à lâcher ? Ici, nous n’avons rien !

C’est seulement du rêve…

Bientôt, le Jour se lèvera et ce monde ne sera plus.

Déjà, le souvenir de ce qui s’est passé se dissipe.

Ne vois-tu pas “ce qui reste” ???

Il ne nous revient pas de “nous détacher”.

C’est tout, déjà, qui se détache de nous.

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D’après les commentaires du billet précédent : Lire les commentaires

Qui ?

Encore, on me parle “d’attention” ou de “conscience” en pensant que la réalisation en dépend. Aussi, demandez-vous : “Qui ?” perd. “Qui ?” cherche. “Qui ?” trouve. “Qui ?” arrive. “Qui ?” n’arrive pas. “Qui ?” est libre. “Qui ?” ne l’est pas. “Qui ?” pense… Continuer la lecture de « Qui ? »

Le Voir qui nous “précède”

“Je ne suis pas mon esprit”. Je voudrais revenir sur cette affirmation. Au regard de certains échanges, je remarque que la différenciation qu’elle est censée provoquer ne se fait pas. Au lieu de nous désidentifier de la pensée et de nous retrouver dans la présence de notre Nature, c’est encore l’esprit qui s’en empare. Nous restons dans la sphère du mental, ne faisant qu’y ajouter une nouvelle “compréhension”, une nouvelle “idée”. Continuer la lecture de « Le Voir qui nous “précède” »