La force du je(u)

La vérité n’est pas négociable. C’est en ignorant cela que l’illusion s’est installée et que nous lui avons permis d’exister. À présent, nous avons oublié notre implication. Nous ne nous souvenons plus que nous sommes l’artisan du jeu. Il est devenu comme une seconde nature. Nous avons beau nous débattre pour nous en défaire, rien n’y fait. Continuer la lecture de « La force du je(u) »

Une histoire de plus

Ne pas se raconter d’histoire, c’est juste ne pas s’en raconter. Ce n’est pas se donner le programme de ne pas s’en raconter. Être sans histoire, c’est être confiant en notre nature qui est libre d’histoire. Tout comme le silence est libre des sons qui résonnent en lui. En fait, ça peut-être une histoire de plus, penser qu’il nous faut être sans histoire. Cela fait partie de ces “bonnes intentions” qui procurent à l’esprit illusionné la mission de maintenir un contrôle.

Libre d'histoires

S’astreindre à contrôler le rêve c’est lui donner une importance qu’il n’a pas. L’illusion n’a aucun pouvoir sur la réalité, pas plus que l’ombre d’un arbre a le pouvoir de balayer les cailloux du chemin où elle s’agite. De même, les reflets ne laissent aucune trace sur le miroir. Ainsi, tout ce que nous pensons et rêvons n’atteint, n’altère en rien la réalité, la Présence où nous sommes.

Lorsque dans le rêve nous parlons de présence, en fait, nous en évoquons seulement l’idée. Nous suivons cette pensée et continuons avec une seconde qui nous dit qu’il faut faire quelque chose pour maintenir la présence. Nous poursuivons dans la logique du rêve, ne faisant que le modifier et rêver différemment. Cependant, la Présence que nous cherchons est ici, et ne dépend aucunement du rêve. Nous voulons agir dans le rêve pour être présents, alors que c’est la Présence qui rend possible le rêve.

La lecture de la Vie

Ne passez pas à côté du livre. Ce qui revient à dire : “Ne passez pas à côté de vous”. Ce que pointe le livre, c’est vous, c’est Soi. En le lisant, n’esquivez pas ce but. Si vous n’êtes pas décidé à vous rencontrer, alors sa lecture vous laissera probablement insatisfait. Pourtant, si nous décidons de regarder honnêtement en nous-mêmes, dans notre cœur, nous pouvons contacter et réaliser spontanément le don de la Vie. Tout est là, à nous attendre et à s’offrir naturellement. Ce qui fera la différence, c’est l’ouverture et la sobriété de notre regard, mais aussi l’écoute de notre souhait profond. Sans détour, se faire face, sans idées préconçues, sans se raconter d’histoires. Mais s’accepter, s’accueillir en soi, délaissant tout jugement, toute manipulation. La vérité, ce que nous sommes, est très simple, très directe, complètement libre de l’esprit et de ses entreprises. En fait, il n’y a pas de différence entre elle et nous. Il n’y a pas une once de séparation. Il ne peut y avoir qu’une simple idée vide, notre projection, qui cherche encore à nous (à se) convaincre du contraire.

Le “meilleur effort” est une détente*.

Laissez tout …

… ainsi que l’idée même de laisser.

Seule, la présence spontanée demeure.

La différence entre l’effort et la détente est que dans le premier cas nous ne faisons que changer ou “améliorer” le jeu, alors que dans le second nous laissons le jeu lui-même !

*Dans le sens de : quiétude, laisser être, faire confiance, abandon.

Zapper de pensée ou zapper de l’esprit ?

Le problème ne tient pas dans l’illusion, mais dans le fait de « s’illusionner ». S’illusionner vient de nous et repose sur une (des) croyance (s), un jeu et sa constante actualisation. Le jeu n’a de réalité que celle que nous lui prêtons, encore et encore. La question de réduire le jeu ou de tenter d’échapper à l’illusion ne l’invalide pas, mais lui redonne un nouveau sens et nous autorise à y croire encore, mais différemment. Cela ne fera pas nous reconnaître en « celui » en « ce » qui donne vie au jeu.
Voulons-nous la Vérité, ou bien juste nous « sentir vrais » dans l’illusion ?

une Vérité et …

… beaucoups d’idées de la Vérité

Il y a une vérité ou bien il n’y en a pas ? S’il y en a une, alors, pourquoi la réduire à des concepts et la reporter ? Pourquoi penser qu’elle sera vraie, qu’elle sera possible plus tard, lorsque telle ou telle condition sera remplie ? Nous disons qu’il y a une vérité, mais en même temps nous ne faisons qu’en parler. Si la vérité existe, elle est ici, elle est vraie et il n’est pas question de la différer. Si la vérité n’existe pas, il n’y a pas à en parler et nous pouvons passer à « autre chose ».

Nous parlons de la vérité, mais nous ne la vivons pas. Nous n’y adhérons pas, nous ne l’assumons pas. En fait, pour nous, ce n’est qu’une idée ou le souvenir d’une expérience, tout comme nous en avons beaucoup d’autres. La vérité ne peut pas être progressive ou optionnelle. Mais nous, nous voulons faire que tantôt elle existe, tantôt elle n’existe pas. Nous voulons pouvoir l’allumer ou l’éteindre comme s’il s’agissait d’une lampe. C’est juste dans notre esprit qu’elle peut venir et repartir. Mais cela n’est qu’une croyance, qu’une manipulation de l’esprit.

Nous adhérons seulement au mental et à des mots, pas à la vérité. Nous voulons garder notre capacité d’étiquetage car cela nous donne l’impression d’exercer un contrôle. Mais cela n’a pour effet que de nous confiner dans l’intellect. Nous nous disons que nous ne sommes pas prêts, que nous sommes bloqués à cause de tel ou tel problème…

Que mettons-nous derrière ce terme de « vérité » ? Pouvons-nous expérimenter ce que nous appelons vérité ? Parler de la vérité fait partie de la vérité, mais nous ne permet pas de la vivre. Comment ce qui est vrai devrait-il le devenir ? Espérer qu’un jour nous serons vrais n’est qu’un fantasme. Cela n’est qu’une théorie, une croyance de l’esprit. Nous nous pensons coupés de la vérité parce que nous la chosifions, parce que nous nous imaginons « à part » et qu’ainsi elle peut s’éloigner ou se rapprocher de nous. La vérité est comme le ciel. Partout, il y a l’espace. Prêts ou pas prêts, coincés ou non, il nous est impossible de lui échapper.

Être “Soi”

Nos percées sont ridicules, car d’écarter nos bras n’ouvre pas le ciel.
La liberté à laquelle nous aspirons est bien plus grande et généreuse
que tous nos efforts laborieux en vue de l’atteindre. Nous tentons de nous défaire d’une illusion qui n’est pas nous, et d’atteindre une nature dont nous n’avons jamais été séparé.

À travers l’illusion, nous « jouons » au point d’être pris dans un jeu, dans une histoire. Cependant, il n’y a là aucune fatalité. Dès que nous sommes honnêtes, ou vrais, l’histoire perd sa solidité et son pouvoir d’enfermement. Cette histoire, c’est la nôtre. Elle vient de nous, ce n’est pas l’inverse.
Dans ce contexte, être honnête, signifie être « Soi », assumer « Soi ».
C’est bien plus que « l’honnêteté » qui désigne une vertu dans l’illusion.

Souffrance du refus, refus de la souffrance

Plus nous « lâchons » et plus nous comprenons
la gratuité et le don de cette vie.

Le maître véritable est celui qui nous fait travailler sur nous-mêmes. Toute personne ou situation qui nous dérange est la vraie « pratique », est l’entraînement naturel que la vie nous donne afin que nous lâchions nos résistances et que nous reconnaissions notre entêtement.

Lorsque nous assumons celui que nous sommes en notre « Être », lorsque nous sommes authentiques, rien ne peut nous atteindre véritablement. C’est toujours le mensonge, le faux en nous qui est dérangé. Aussi dans ce cas, puisqu’il est débusqué, il peut être libéré. Nous devrions être reconnaissants d’avoir de telles occasions qui mettent à jour les résistances et les stratégies de notre ego.

Nous n’aimons pas souffrir, mais ce n’est pas en nous protégeant derrière une carapace ou en nous planquant à l’abri, que nous serons épargnés. De cette manière, nous pouvons probablement éviter des mauvais coups, cependant, la souffrance réelle ne vient pas des agressions extérieures. Elle provient de nous. Elle provient de la peur, du refus, de notre attitude et du jugement que nous nous portons face aux événements de la vie.

La souffrance est de nature subjective et relative. Parfois nous souffrons beaucoup pour de petites choses et très peu pour de plus grandes. Parfois, nous l’éprouvons encore, bien que nos blessures ont disparu depuis longtemps. Parfois, nous souffrons seulement à l’idée de souffrir.