L'obstacle du doute

La réalisation n’est pas une “compréhension”. C’est davantage des retrouvailles qui se manifestent dans un contact à la fois du corps et de l’esprit. C’est un sentiment d’appartenance, qu’il est difficile de traduire par des mots. C’est pour cela qu’aucune compréhension intellectuelle n’est appropriée ou ne peut suffire. Lorsque l’on y a recours, cela démontre une inclination et un attachement à se projeter dans les vues de l’esprit.

S’éveiller c’est comme trouver son point d’équilibre. C’est l’équilibre dans le corps qui nous permet simplement de marcher. Je ne parle pas de devenir équilibriste. Toute personne en possession de ses moyens tient debout naturellement, sans faire d’effort. Illusionnés, c’est comme si nous ne pouvions nous passer d’une aide, d’une rambarde ou d’une béquille pour y parvenir.

Se laisser porter c’est ne plus faire de différenciation. C’est au contraire permettre que s’exprime l’homogénéité, l’appartenance. Souvenez-vous enfant, c’est le doute qui nous empêchait de tenir et de réussir à faire du vélo. C’est le doute qui nous empêchait de flotter et de nager sur l’eau… À chaque fois, à l’occasion d’une première fois, c’est le doute qui nous a paralysés et mis en échec. Quelle aptitude nous détenons pour nous disqualifier !

Apprendre à faire du vélo ou à nager n’exige pas un talent exceptionnel. Une fois que nous avons “pris le coup”, nous n’avons plus à nous en soucier. L’équilibre nous l’avions. C’est seulement la confiance qui nous faisait défaut. Nous parlons de “perdre” l’équilibre, mais ce n’est pas ainsi ; nous ne faisons qu’en sortir. L’équilibre fait partie de nous.

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Note : C’est notre personnage qui veut s’éveiller.

Tant qu’il espère que ça va lui arriver, tant qu’il s’en fait l’artisan, il va demeurer !

J’ai écrit quelque part : « n’allez pas vers l’éveil, vous en venez ! ».

Avant que le personnage se soucie de l’éveil, celui-ci est déjà là.

Le mental a seulement la force que nous lui donnons. Nous devons Voir et vivre, comment nous « Sommes », combien ça « Est », indépendamment de lui. Nous n’avons pas besoin du rôle pour exister. C’est bien de le savoir, mais il nous faut l’expérimenter concrètement afin de le valider.

Pour commencer, nous pouvons faire une pause afin de contacter cette qualité, cette identité naturelle et gratuite qui n’a pas besoin d’être jouée. Ainsi, dans la pause ou de pause en pause, nous trouvons la « vacance » … Laisser être … Voir ce qui reste… ce qui survit à tous nos « jeux », à tous nos « faires ». Plus nous goûtons, plus nous reconnaissons comment nous sommes portés ; plus nous nous lâchons… Le « poing » ne devient pas la « main », c’est la main qui se réalise en lui grâce à sa détente.

L’êtreté nous précède, la vérité précède tous nos mensonges. C’est elle qui ressent. C’est elle qui est continuellement bafouée dans l’illusion. Pour mentir, il faut une vérité. Paradoxalement, indirectement, chaque mensonge nous rappelle la vérité, nous la confirme !! Les mensonges ne remplacent pas la vérité, ils essaient de la cacher.

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7 réponses sur “L'obstacle du doute”

  1. Merci!

    Que d’Amour et de Beauté! ça me parle et me met tout de suite dans l’ètrElisabeth

  2. Le mental à seulement la force que nous lui donnons?

    Mais qui lui donne cette force d’interprétation ?

    L’êtreté joue avec son mental , et pour désamorcer cette force d’illusion le faite de ce reposer en soi

    désamorce le jeu !

  3. Bonjour cher Denis!

    Vous dites: « la vérité précède tous nos mensonges ». La souffrance n’est-elle pas un mensonge de plus, une croyance qu’elle a du pouvoir? N’est-elle pas liée au fait de cette fameuse « séparation » dont nous croyons être victime?…. J’ai beau me dire et me répéter qu’elle n’existe pas, elle continue d’oeuvrer dans ce couloir d’illusions qu’est ma vie… Le vrai?, le faux? comment s’y retrouver, tant que nous n’avons que le mental à notre disposition pour tenter de discerner?

    Merci pour la note ajoutée! Très, très précieux…..

  4. Bonjour Elisabeth,

    Il existe aussi une souffrance du mensonge. Qu’il soit vrai ou faux, nous ne sommes pas heureux. Nous demeurons en soif de vérité…

    Si le théâtre de la vie est une illusion, nous en sommes les acteurs. Nous jouons un rôle, notre personnage. Qui dit rôle dit aussi un être pour l’endosser. Nous croyons en une séparation parce que nous sommes doubles. Lorsque nous suspendons le jeu duel avec nous-mêmes et les autres, l’être unifié réapparaît. Il était là, mais nous ne la voyions plus, tout comme disparaîtrait notre visage grimé sous les traits d’un autre. Ainsi, dès que nous cessons de “jouer” et de nous mentir, notre véritable identité ressurgit éclipsant la supercherie d’un « second ». L’illusion ne remplace pas la vérité étant donné qu’elle en fait partie. Notre regard peut être séduit par la multitude des reflets sur l’eau. Notre corps lui, par sa soif, est guidé vers la nature absolue de l’eau.

  5. Cher Denis

    vos messages me touchent et se font écho en mon être. Pourriez-vous encore préciser comment l’illusion peut-elle faire partie de la vérité? Si je vois un mirage dans le désert qui m’apparaît sous forme d’eau, la vérité est que le mirage n’existe pas. Il ne fait pas partie du désert! Il n’est qu’un effet apparaissant dans ma vision. Si je suis au courant de la supercherie , je ne m’arrête pas pour enlever l’eau. Je continue tout simplement ma route. Donc le mirage n’est pas la vérité…. Pourriez-vous développer un peu, même si je sais que ce n’est pas par le mental que je vais réellement » vivre » le Réel….

    Du fond du Coeur….

  6. Bonjour Élisabeth,

    La vérité ce n’est pas le désert. C’est l’espace absolu de cet instant, c’est la Présence. La Présence est continue. Dans un billet (L’Espace originel, La vie comme un rêve), je l’ai comparée à une pièce dans laquelle différentes activités se déroulent tout au long de la journée. De façon plus intime, c’est notre Clarté-présence intérieure ou notre pure conscience. En elle s’élèvent des pensées, des émotions, mais toutes retombent, comme les vagues sur l’eau. C’est en cela qu’elles sont illusoires, du fait de leur existence relative. Il n’y a pas deux ; la vague est l’océan. La forme est le fond, le fond est la forme.

    Bien à vous

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