Être son propre obstacle

S’éveiller c’est revenir chez soi. Je devrais dire : se “retrouver” chez soi. L’instant d’avant, nous étions encore dans une histoire. Nous étions identifiés à nos idées, à nos théories…

“Cela qui est” ne dépend pas de la pensée. Le réaliser entièrement nous fait passer de la forme au fond, du “poing à la main”. Se mettre en “live” permet d’entreprendre ce “passage”. Nous pouvons faire des interruptions dans notre histoire. Cependant, ce qui nous libère réellement, c’est de voir et de reconnaître que la forme qui nous retient n’est que notre création. L’histoire en laquelle nous croyons n’a pas de solidité. Elle est comme un mythe. Elle est une représentation mentale, un discours que l’on se raconte. Nul autre que nous-même ne nous retient. Il est difficile de concevoir que nous puissions être à la fois geôliers et prisonniers.

En “cela qui est”, nous sommes ici, dans cet instant, nulle part ailleurs, ni dans une quelconque construction de l’esprit.

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Note : Bien sûr, le but n’est pas de s’accabler. Il est au contraire de réaliser la bonne nouvelle que véhicule cette information. Si nous sommes notre propre obstacle, alors, il nous appartient de cesser de l’être.

Il n’y a pas d’excuses à trouver, puisque cela ne provient pas de “l’extérieur”. Nous n’avons pas, non plus, à nous battre contre l’un de nos aspects “rebelle” ou “négative”. Ce que nous considérons comme négatif n’est pas “autre” et prend place dans la vérité. Par-delà les apparences et les jugements, nous demeurons dans une unicité où il n’y a jamais eu deux. Ce n’est que dans notre regard illusionné que cela à pris forme.

Toute notion de séparation et de division n’a toujours été que symbolique. Sur l’Ouverture, nous projetons ces visions antagonistes soutenues par un discours diviseur ou rassembleur. Elles n’ont jamais eu d’autre “réalité” que celle issue de la croyance que nous leur prêtons.

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Éveil de l'illusion, illusion de l'éveil

Certains ne veulent pas faire de choix, parce qu’ils considèrent que c’est “l’ego” ou leur “personnage” qui décide et qui ainsi se perpétue. Ils redoutent que l’illusion ne fasse que de l’illusion et que l’éveil ne demeure qu’un projet.

Cependant, ce qui n’est pas pris en compte ici, c’est le fait que d’être illusionné, de s’illusionner, relève déjà d’un choix. C’est en choisissant “l’histoire”, une “interprétation” à la place du réel, que nous nous en détournons. Cette préférence, c’est nous seuls qui la faisons. Nous ne sommes pas la victime d’un pouvoir tyrannique.

Si, dans notre vie, nous avons décidé de fermer “une porte”, il nous revient de décider de l’ouvrir ou du moins de ne plus la retenir. Il arrive que nous soyons exposés à des influences. Mais, il n’y a personne d’autre ou une force étrangère qui décide pour nous. Tant que nous croyons en un pouvoir extérieur, nous rejetons notre responsabilité et nous nous disqualifions dans l’attente. L’attente, c’est ce que la plupart “pratique”. Le résultat n’est pas probant !

C’est en décidant de ne plus nous bercer d’histoires, de ne plus souscrire aux croyances, de nous cacher derrière des idées en subissant, que nous permettons à l’éveil de nous rejoindre. Lorsque nous cessons de nous détourner de la vérité, de l’interpréter, celle-ci redevient pertinente. C’est grâce à cette évidence que nous nous éveillons.

Nous savons qu’à travers les pratiques spirituelles notre personnage peut continuer et même se renforcer. Cependant, la forme n’étant pas différente du fond, il est possible de l’utiliser pour “switcher”. À travers le « live » nous glissons du personnage sans qu’il n’en devienne l’acteur. Par une immersion totale dans le réel et le vivant, la forme se “donne” au fond.