Le contact avec la vérité

À nouveau, je reviens sur ce que j’ai déjà dit : “laissez-vous rejoindre… laissez-vous rejoindre…” Il y a cette affirmation du Christ « la vérité fera de vous des hommes libres ». La “vérité”, ce n’est pas “nous” qui ferons de nous des hommes libres ; c’est la “vérité” ! Vous comprenez ? Donc, si nous permettons à la vérité, et cela peut être très concret, la vérité de la personne qui est là, la vérité de la pièce, de ce qui nous entoure… de nous laisser rejoindre… celle-ci nous dit, nous enseigne quelque chose sur elle-même. En cela, c’est une approche dynamique, parce qu’il y a toujours une vérité qui nous dit quelque chose. Nous aurons la vérité du facteur, la vérité du concierge, la vérité de… peu importe, elle est là. Que les choses, les situations, soient bonnes ou mauvaises ; elle est là ! Restez en contact avec la vérité. Par la suite, vous vivrez la vérité du dedans, celle qui est invisible et intime à votre être, parce qu’elle est partout. C’est pour cette raison que je n’invite pas à la méditation. Durant une vingtaine d’années je me suis appliqué à la méditation. Cependant, ce n’est pas ce qui m’a le plus aidé. Ce qui l’a fait, c’est de vivre ce lien qui nous unit à la vérité.

Permettez cet échange ; laissez-vous rejoindre. Bien sûr que c’est ouvert, lorsque nous ne sommes plus tournés sur nous-mêmes. Nous n’avons plus besoin d’être un “acteur”. C’est la vérité qui “fait le travail”, qui œuvre, ce n’est pas nous ou “moi”. Ce qui nous incombe c’est de nous laisser retrouver. Ainsi, nous arrêtons de projeter, ce qui à la base favorise nos cinémas. Si j’obstrue et que je me ferme à la vérité, alors je peux penser et croire en tout ce que je veux. C’est de cette façon que fonctionne l’illusion. Nous tirons les “rideaux” et nous nous inventons tout ce que nous voulons. En réalité, depuis la vérité que nous sommes, cela ne nous affecte pas. Le cinéma peut exister. Laissez-vous rejoindre… Passez du temps avec toute chose. Personnellement, j’ai passé beaucoup de temps “avec toute chose”. Pourtant, cela n’est même pas indispensable. J’ai passé du temps, c’est une façon de le dire. Goûtez les choses et la vie. C’est en fait plus de les “goûter” qui fera la différence. Si vous les goûtez ici, tout de suite, c’est l’évidence qui va vous parler. Nous n’avons pas à nous astreindre à cette vérité, je ne sais pas comment dire… il n’y a pas à rechercher une certaine expérience. C’est avoir confiance que cela vient d’elle. Il s’agit plutôt de confiance que d’une “expérience”. Cela vient du fait que nous nous détendons. Fondamentalement, ce qui nous manque c’est de la confiance. Si tu te détends, tu es porté, tu Vois ! Tu es comme en appui sur l’eau. L’eau est là, elle te soutient. Cependant, si tu doutes et bien tu coules. C’est le doute. Toutefois, il s’agit de “notre” doute. Aussi, cela va aller ! Ce n’est pas le doute du voisin. C’est notre doute. Nos doutes que sont-ils ? C’est un manque de confiance tout simplement. Nous venons tous de là. Nous avons tous eu des doutes et tous nous manquons de confiance. Nous savons très bien que ce n’est pas en “tendant”, en “contractant”, que nous y arrivons. C’est en relâchant, en ouvrant. Se laisser rejoindre c’est s’ouvrir. Ainsi, nous laissons la place à l’évidence. C’est dans l’évidence que l’éveil se fait. C’est dans l’évidence que cela se révèle. À nous de créer les circonstances de l’évidence, c’est une ouverture, une brèche dans le présent, cash, directe.

Lorsque tu reconnais que tu fuis l’instant, tu t’interroges : “pourquoi je veux fuir la présence ? Ma présence ? Ah oui, il faut que j’aille téléphoner ! Ah oui, j’ai des courses à faire !…” C’est marrant, nous avons plein de bonnes raisons de partir tout à coup. En le voyant, tu te dis que non, finalement, tu n’en veux pas ! Ainsi, nous commençons à être honnêtes. Au quotidien, nous parlons et reparlons de la vérité, mais concrètement nous n’en voulons pas. Nous voulons continuer notre “petit bazar”, notre histoire ! À présent : “humilité” ! D’accord, nous voyons enfin ce qui se passe ! Il nous faut reconnaître comment nous donnons la priorité à l’illusion. Cependant, il faut le VOIR. Sinon, nous restons dans l’ignorance. Ce qui est intéressant c’est de surprendre comment nous nous échappons du moment même de vérité. Prenez-vous la main dans le sac, en train de partir, de vous défiler ! Parce que vous allez voir, il y a une petite voix qui vous détourne et qui vous invite à délaisser vos bonnes résolutions. “Allons” dit-elle, il y a des choses plus importantes, de plus urgentes à faire, que toutes ces considérations spirituelles. D’un seul coup : Ah oui ! Il faut que nous partions. Il faut que nous allions faire un truc… quelque chose… Oui, nous avons tout un tas de bonnes raisons de “partir d’ici”. Surprenez-vous à faire cela.

Rencontre du 24.02.13 (extrait)

Amour en Soi

Bien que la Présence soit là, combien de temps la vivons-nous ? Combien recevons-nous ce don avec la joie et le contentement qu’il procure ?

La majorité de notre temps journalier est dédié à l’illusion. Cependant, afin de vivre la Présence, il n’est pas nécessaire d’avoir du temps et de se trouver devant un paysage inspirant.

Tout au long de la journée, la Présence nous accompagne, que ce soit dans le métro, au travail ou au supermarché… Nous prétextons qu’il s’agit d’une question de disponibilité et d’environnement. Selon moi, cela relève davantage d’une ignorance et de notre conditionnement. Nous avons pris l’habitude de nous distraire, de nous éviter, à travers toutes nos activités. Par se distraire, j’entends s’oublier, se détourner de soi et de l’Ouverture simple qui Est. Aujourd’hui, cette base ordinaire nous apparaît vide, déroutante et ennuyeuse. Pourtant, il s’agit de la Nature spacieuse, accueillante et généreuse, que nous touchons dans l’amitié, la paix, la liberté auxquelles nous aspirons. C’est ce champ d’appréciation, de plénitude radieuse, qui s’ouvre et nous comble dans nos bonheurs.

Lorsque nous nous retrouvons inactifs, rapidement, nous sommes encombrés de nous-mêmes. Nous parlons “d’ennui”, mais dans ce face à face, c’est une gêne et de l’inconfort que nous ressentons. En fait, c’est notre personnalité qui découvre son impersonnalité. Le limité commence à se déplier dans l’illimité. Sans doute, il y a cette peur de ne plus exister. Aussi, nous voudrions faire marche arrière. Pourtant, ce n’est que le “rôle” qui s’efface, et ainsi, qui révèle l’être qui l’anime.

Afin de changer, d’inverser nos tendances, c’est une démarche d’apprivoisement et d’accompagnement que nous devrions engager. Doucement, sans plus ré-agir, sans plus dramatiser, décider de nous rapprocher… s’autoriser… rendre possible ou valide la rencontre, la gratuité dans l’Ouverture. Lorsque nous cessons l’évitement, l’occupation, le jugement, nous sommes en notre propre compagnie. La Présence nous accueille, s’accueille… Elle est présente à elle-même, autant qu’elle l’est à l’ensemble. Elle reçoit sa propre radiance.

Pour éclairer une pièce, d’abord la lampe s’illumine. Ainsi, avant tout, nous sommes notre propre lumière, nous sommes amour en Soi.

Qu'avons-nous à perdre ?

Parfois, ce qui nous manque, c’est de mettre en “danger” notre personnage. Nous nous éveillons à “ce que nous sommes” grâce au fait d’ouvrir notre rôle. Nos lectures spirituelles, nos sessions de méditation, nos pratiques nous apportent probablement de l’inspiration. Toutefois, est-ce vraiment ce dont nous avons le plus besoin pour “atterrir” et nous “rencontrer” ?

S’exposer, aller dans la lumière, se laisser rejoindre par la vérité… pourrait nous permettre d’aboutir plus directement.