Ouverture inobstruable*

Si nous ne refermons pas ; c’est ouvert. Je parle de “fermer”, mais il ne s’agit ici, que d’un détournement ou d’un repli symbolique. Nos “constructions”, nos élaborations mentales, n’ont jamais rien créé. C’est comparable au château de sable sur la plage. Il n’y a rien d’autre que du sable. En cela, se protéger de l’illusion semble un peu ridicule.

Tout le roman de notre vie se résume dans une idée. Je ne dis pas cela pour minimiser notre responsabilité et les conséquences de nos actes. Je le dis, afin que nous réalisions que tout ce que nous voulons croire n’est qu’une histoire, n’est qu’un mensonge au regard de la Présence spontanée. Le vivant, le monde réel, notre Nature, n’est pas impliqué dans le jeu de nos projections mentales. Vouloir bâtir un « château » ou chercher à le détruire, faire ou ne pas faire, c’est toujours s’impliquer et croire au même plan relatif et illusoire.

Ouvrez les yeux… Voyez… Au cœur du maintenant, rien n’a changé depuis notre venue au monde. Nous sommes ici, vivants, et c’est tout. Certes, nous avons vieilli, le décor n’est plus le même. Cependant, de tout ce qui s’est produit, de tout ce que nous avons traversé, ne perdure que la Présence et l’Ouverture, les mêmes qu’au tout début de notre vie.

[quote align= »left » color= »#999999″]

Note : Nous attendons “quelque chose” dans notre ouverture, alors que c’est l’ouverture elle-même qui est la réponse. Notre nature, la Lumière fondamentale, rend possibles tous les cinémas sans pour autant qu’elle les devienne.

[/quote]

*Inobstruable : Ce terme n’est pas répertorié dans les dictionnaires Larousse et Robert. Il apparaît seulement dans Reverso.

13 réponses sur “Ouverture inobstruable*”

  1. pourquoi alors se tourmenter puis ce que tout est à sa place
    et qui se tourmente celui qui crée le tourment ….Nous cherchons à sortir de problèmes mais nous n’y sommes jamais entré
    n’est ce pas…..
    mille merci de nous inspirer à transcender l’existence

  2. « Au cœur du maintenant, rien n’a changé depuis notre venue au monde. »

    Oui, il me semble parfois que je suis toujours restée au même endroit, des choses se sont produites mais en définitive, je n’ai pas bougé. Je me « ressens » pareil qu’à quatre ans ou quinze. Le même sentiment de présence. Et la vie se déroule devant…

    Merci.

  3. Bonjour Denis,

    Vous dites en note : « Nous attendons “quelque chose” dans notre ouverture, alors que c’est l’ouverture elle-même qui est la réponse. »
    Il me semble que le « Chercheur » est toujours dans un « Faire » ; ce qui le conforte dans son illusion d’être quelqu’un. Mais là où se situe ce « Chercheur » comment pourrait-il en être autrement ? Le problème avec cette affaire d' »Éveil », de « Libération » ou que sais-je, c’est qu’il y a toujours des instructions à suivre : méditer, être dans l’instant présent, regarder le monde sans concept, s’appuyer sur l’ouverture qui est déjà là, se plonger dans le « live », ou même ne rien faire du tout, etc… En somme, quelle que soit l’instruction, on ne sort pas du « Faire », et le personnage se renforce.
    En admettant que soit correctement sentie ce que vous nommez « ouverture » (et ce n’est pas une mince affaire, car derrière un même mot, chacun met ce qui lui vient), il faut la maintenir pour finir par voir qu’elle est elle-même la réponse ; or, maintenir, c’est toujours faire, donc un « faiseur » qui s’active.
    Bref, on n’en sort pas. Que faire ? 🙂

    Laurent

  4. Bonsoir Laurent,

    Vous entrez dans un théâtre où un comédien est en train de jouer. Concrètement, qui se trouve là sur la scène, le rôle ou le comédien ? Si notre rôle cherche “vraiment”, que va-t-il trouver ? … Tant qu’il n’a rien trouvé, n’est-il pas simplement comme avant, un rôle ?

    L’illusion est illusion. Elle ne se renforce pas. Elle continue de se maintenir. Un petit reflet ou un grand reflet c’est toujours un reflet.

    “L’ouverture” n’est pas une création, mais l’absence de “jeu”. C’est “ce qui reste”, la “Nature”. N’y a-t-il pas un vide, une ouverture, entre chaque mot prononcé ? Puisque chaque mot prononcé disparaît spontanément dans le silence, ne sont-ils pas vides également ? Nous n’avons pas à “revenir”. Il s’agit d’arrêter de se donner l’illusion de “partir” et en réponse de vouloir “revenir”, afin d’admettre que nous ne « bougeons » pas, qu’il n’y a toujours eu qu’un “comédien”.

  5. Bonjour Denis, et merci d’avoir répondu.

    D’accord, il y a un vide, une ouverture, entre chaque mot prononcé. D’accord, c’est forcément toujours là car c’est précisément à partir de ça que que se déploie toute activité.

    Mais quand vous dites : « Il s’agit d’arrêter de se donner l’illusion de “partir” et en réponse de vouloir “revenir”, afin d’admettre que nous ne « bougeons » pas », le comédien se présente alors pour s’emparer de cette instruction et créer un nouveau « Faire ».

    Et qui peut admettre qu’il n’y a toujours eu qu’un « comédien » ? Il me semble que cela relève de l’intellect, donc encore du comédien. De manière générale, qu’est-ce qui reçoit toutes les textes que « Denis » écrit sur ce site ? Le comédien encore (puisque c’est lui qui veut l’Éveil).

    Or ce comédien ne pourra jamais saisir l’Ouverture, puisqu’il procède d’Elle. C’est le serpent qui se mort la queue…

    À force de chercher, on comprend que la personne n’est qu’un concept résultant de l’assemblage arbitraire d’histoires, de concepts réifiés, le tout confirmé et renforcé par l’entourage. On comprend que nous sommes en fait comme « antérieurs » à tout ça. Quant au monde, on comprend qu’au lieu de le voir directement, on commet l’erreur de plaquer dessus une multitude de concepts qui « filtrent » notre perception.

    En somme, il peut y avoir un basculement intellectuel (permis dans mon cas par le retournement du regard), mais ce basculement n’est pas qualitatif car cette compréhension s’évanouit à la moindre distraction. Elle nécessite d’être rappelée, maintenue, ce qui évidemment coupe la spontanéité du vivant et consomme de l’énergie. Bref, c’est pas encore ça ! 🙂

    Laurent.

  6. Bonjour Laurent, A une question relative une réponse relative ! Cependant, je réponds différemment au tout début : « Vous entrez dans un théâtre où un comédien est en train de jouer. Concrètement, qui se trouve là sur la scène, le rôle ou le comédien ? « 

  7. Bonsoir Denis,

    Je répondrais que, concrètement, il n’y a jamais que le comédien. Il peut jouer tous les rôles possibles, il s’agira toujours du même comédien (cf. analogie du sable et du château de sable).

    Il me semble que seul le comédien dispose du pouvoir de cesser de jouer un rôle ; le personnage du rôle, lui, ne peut rien car il n’est pas. Cela implique que si le Chercheur, le « je », n’est qu’un rôle, il ne peut pas se libérer ; toute action de sa part, toute volonté de se libérer, n’est encore que le rôle.

    C’est pourquoi une sensation d’impasse est ressentie.

    Merci.

  8. Bonjour Denis, bonjour Laurent. Pour moi l’impasse est une bénédiction, ainsi le comédien joue de plus en plus mal, peu à peu les spectateurs ont quitté le théâtre, sans spectateur et sans issue le comédien-chercheur lâche son rôle, sans rôle il n’y a plus de comédien non plus ! que reste-t-il ? L’Ouverture vivante… merci cher Denis.

  9. Bonjour à tous

    Irina, tu tombes à pic. je suis les échanges entre Denis et Laurent et je ressens aussi fortement le sentiment d’être dans l’impasse. Pour moi, le comédien joue effectivement de plus en plus mal mais les spectateurs restent dans la salle et attendent du comédien qu’il continue à jouer son rôle, ainsi je suis ramenée encore et encore vers le personnage.

    Je suis l’ouverture (merci de me le rappeler) et le personnage, par intermittence.

    Merci à vous

  10. L’idée de “moi” se trouve dans l’idée de “l’impasse” !? D’où proviennent les idées ? Quelle est leur nature ?

  11. Bonjour à tous.

    Il me semble que les idées proviennent toutes d’une idée première : « je ». « je » produit les humeurs, sentiments et idées, y compris l’idée d’Éveil, l’idée de ne pas être éveillé, ou encore l’idée d’impasse.

    Finalement, la seule chose qui reste, c’est « je »… sauf quand on va se coucher. Bref, d’où émerge ce « je » chaque matin ? D’où est-ce que nos apparaissons ? Ça semble impossible à saisir (sauf à retomber dans la production d’idées supplémentaires).

  12. Salut à tous, salut Laurent,

    En lisant tous ces échanges j’ai eu très envie de faire un copié-collé (de Denis, du mois dernier ).

    Parce que justement je me sentais coincée il n’y a pas si longtemps exactement comme toi. et Paf ! c’est tellement simple…

    Nous avons un mental, mais nous ne sommes pas celui-ci. Nous sommes “avant”. Les pensées, les émotions nous traversent, mais nous, nous ne bougeons pas. Nous sommes cette “clarté” semblable au miroir qui permet les reflets. Pourquoi chercher le miroir dans ses reflets ? 😉

    bises

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.